Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La dixième – Certains savants ont déduit du fait que l’on interrogeait les épouses du Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – d’au-delà d’un voile, la licéité du témoignage de l’aveugle, ainsi que le fait que l’aveugle puisse avoir des rapports avec son épouse en la reconnaissant à sa voix. La plupart des jurisconsultes admettent la validité de son témoignage, tandis qu’Abû Ḥanîfa, ash-Shâfiʿî et d’autres ne l’ont pas agréée. Abû Ḥanîfa a dit : « Elle est recevable dans les questions de filiation ». Ash-Shâfiʿî a dit : « Elle n’est recevable que pour ce qu’il a vu avant la perte de sa vue. »

La onzième – Parole du Très-Haut : « Cela est plus pur pour vos cœurs et pour leurs cœurs. » Il s’agit des pensées qui traversent les hommes à propos des femmes et les femmes à propos des hommes ; autrement dit, cela est plus propre à dissiper le doute, à éloigner le soupçon et à renforcer la protection. Cela montre qu’il ne convient à personne de se fier à lui-même lorsqu’il se trouve en tête-à-tête avec une personne qui ne lui est pas licite ; éviter une telle situation est meilleur pour sa condition, plus sûr pour son âme et plus parfait pour préserver sa chasteté.

La douzième – Parole du Très-Haut : « Il ne vous appartient pas de nuire au Messager d’Allâh… » (le verset). Il s’agit d’une répétition de la cause et d’une confirmation de son jugement ; or la confirmation des causes confère plus de force aux prescriptions.

La treizième – Parole du Très-Haut : « … ni d’épouser jamais ses épouses après lui. »
Ismâʿîl ibn Isḥâq rapporte : Muḥammad ibn ʿUbayd nous a raconté, d’après Muḥammad ibn Thawr, selon Maʿmar, d’après Qatâdah, qu’un homme déclara : « Si le Messager d’Allâh ﷺ venait à être rappelé [à Allâh], j’épouserais ʿÂʾishah. » Allâh – Très-Haut – fit alors descendre : « Il ne vous appartient pas de nuire au Messager d’Allâh… » et fit aussi descendre : « Ses épouses sont leurs mères » (Al-Aḥzâb, 6).

Al-Qushayrî Abû Naṣr ʿAbd ar-Raḥmân rapporte qu’Ibn ʿAbbâs a dit : Un homme parmi les notables de Quraysh, l’un des dix compagnons qui étaient avec le Messager d’Allâh ﷺ sur le mont Ḥirâʾ, se dit en lui-même : « Si le Messager d’Allâh ﷺ venait à décéder, j’épouserais ʿÂʾishah, qui est la fille de mon oncle paternel. »
Muqâtil a précisé qu’il s’agissait de Ṭalḥah ibn ʿUbaydillâh.
Ibn ʿAbbâs ajoute : Cet homme regretta ce qu’il avait conçu dans son for intérieur ; il partit alors à pied jusqu’à La Mecque, fit don de dix chevaux dans le sentier d’Allâh, affranchit des esclaves, et Allâh effaça sa faute.

Ibn ʿAṭiyyah dit : On rapporte que ce verset fut révélé parce qu’un compagnon avait déclaré : « Si le Messager d’Allâh ﷺ mourait, j’épouserais ʿÂʾishah ». Cette parole parvint au Messager d’Allâh ﷺ, qui en fut affecté. Ainsi, Ibn ʿAbbâs se référa à lui par l’expression « l’un des compagnons ».
Makkî rapporte de Maʿmar qu’il a dit : « Il s’agit de Ṭalḥah ibn ʿUbaydillâh. »

الْعَاشِرَةُ- اسْتَدَلَّ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِأَخْذِ النَّاسِ عَنْ أَزْوَاجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ وَرَاءِ حِجَابٍ عَلَى جَوَازِ شَهَادَةِ الْأَعْمَى، وَبِأَنَّ الْأَعْمَى يَطَأُ زَوْجَتَهُ بِمَعْرِفَتِهِ بِكَلَامِهَا. وَعَلَى إِجَازَة شَهَادَتِهِ أَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ، وَلَمْ يُجِزْهَا أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ وَغَيْرُهُمَا. قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: تَجُوزُ فِي الْأَنْسَابِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا تَجُوزُ إِلَّا فِيمَا رَآهُ قَبْلَ ذَهَابِ بَصَرِهِ. الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (ذلِكُمْ أَطْهَرُ لِقُلُوبِكُمْ وَقُلُوبِهِنَّ) يُرِيدُ مِنَ الْخَوَاطِرِ الَّتِي تَعْرِضُ لِلرِّجَالِ فِي أَمْرِ النِّسَاءِ، وَلِلنِّسَاءِ فِي أَمْرِ الرِّجَالِ، أَيْ ذَلِكَ أَنْفَى لِلرِّيبَةِ وَأَبْعَدُ لِلتُّهْمَةِ وَأَقْوَى فِي الْحِمَايَةِ. وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ لَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ أَنْ يَثِقَ بِنَفْسِهِ فِي الْخَلْوَةِ مَعَ مَنْ لَا تَحِلُّ لَهُ فَإِنَّ مُجَانَبَةَ ذَلِكَ أَحْسَنُ لِحَالِهِ وأحصن لنفسه وأتم لعصمته. الثانية عشرة- قوله تَعَالَى: (وَما كانَ لَكُمْ أَنْ تُؤْذُوا رَسُولَ اللَّهِ) الْآيَةَ. هَذَا تَكْرَارٌ لِلْعِلَّةِ وَتَأْكِيدٌ لِحُكْمِهَا، وَتَأْكِيدُ الْعِلَلِ أَقْوَى فِي الْأَحْكَامِ. الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا أَنْ تَنْكِحُوا أَزْواجَهُ مِنْ بَعْدِهِ أَبَداً) روى إسماعيل ابن إِسْحَاقَ قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عُبَيْدٍ قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ ثَوْرٍ عَنْ مَعْمَرٍ عَنْ قَتَادَةَ أَنَّ رَجُلًا قَالَ: لَوْ قُبِضَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَزَوَّجْتُ عَائِشَةَ، فَأَنْزَلَ، اللَّهُ تَعَالَى: " وَما كانَ لَكُمْ أَنْ تُؤْذُوا رَسُولَ اللَّهِ" الْآيَةَ. وَنَزَلَتْ: " وَأَزْواجُهُ أُمَّهاتُهُمْ" [الأحزاب ٦] . وَقَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ عَبْدُ الرَّحْمَنِ: قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ قَالَ رَجُلٌ مِنْ سَادَاتِ قُرَيْشٍ مِنَ الْعَشَرَةِ الَّذِينَ كَانُوا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى حِرَاءٍ- فِي نَفْسِهِ- لَوْ تُوُفِّيَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَتَزَوَّجْتُ عَائِشَةَ، وَهِيَ بِنْتُ عَمِّي. قَالَ مُقَاتِلٌ: هُوَ طَلْحَةُ بْنُ عُبَيْدِ اللَّهِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: وَنَدِمَ هَذَا الرَّجُلُ عَلَى مَا حَدَّثَ بِهِ فِي نَفْسِهِ، فَمَشَى إِلَى مَكَّةَ عَلَى رِجْلَيْهِ وَحَمَلَ عَلَى عَشَرَةِ أَفْرَاسٍ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَأَعْتَقَ رَقِيقًا فَكَفَّرَ اللَّهُ عَنْهُ. وَقَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: رُوِيَ أَنَّهَا نَزَلَتْ بِسَبَبِ أَنَّ بَعْضَ الصَّحَابَةِ قَالَ: لَوْ مَاتَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَتَزَوَّجْتُ عَائِشَةَ، فَبَلَغَ ذَلِكَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَتَأَذَّى بِهِ، هَكَذَا كَنَّى عَنْهُ ابْنُ عَبَّاسٍ بِبَعْضِ الصَّحَابَةِ. وَحَكَى مَكِّيٌّ عَنْ مَعْمَرٍ أَنَّهُ قَالَ: هُوَ طَلْحَةُ بْنُ عُبَيْدِ الله.

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