La sixième – Ce verset constitue une preuve que l’invité se sustente au titre du droit de propriété de l’hôte et non au sien, car Allah – Exalté soit-Il – a dit : « Lorsque vous avez mangé, dispersez-vous. » Il ne lui a donc accordé que l’acte de manger sans rien lui attribuer d’autre ; la propriété demeure ainsi sur son assise première.
La septième – Sa parole, Exalté soit-Il : « et sans chercher à prolonger la conversation » se coordonne à : « sans attendre (que le repas soit prêt) ». Le terme « ghayr » y est à l’accusatif comme complément circonstanciel des pronoms « vous » contenus dans « lakum », c’est-à-dire : « sans attendre ni vous attarder à converser ». Le sens voulu est : ne demeurez pas à l’aise à bavarder, comme le firent certains Compagnons lors du banquet de noces de Zaynab. « Cela importunait le Prophète qui éprouvait de la gêne à votre égard, tandis qu’Allah ne se gêne pas de la vérité », c’est-à-dire qu’Il ne Se retient pas de l’exposer. Puisque ce comportement découle chez les humains de la pudeur, Allah – Très-haut – a nié pour Lui-même la cause qui le produit chez les créatures.
Dans le Ṣaḥīḥ, on rapporte d’Umm Salama que Umm Sulaym vint dire au Prophète – paix et salut sur lui : « Ô Messager d’Allah, Allah ne rougit pas de la vérité ; la femme doit-elle accomplir le ghusl lorsqu’elle fait un rêve érotique ? » Il répondit : « Oui, si elle voit le liquide. »
La huitième – Sa parole, Exalté soit-Il : « Et lorsque vous leur demandez quelque objet… » Abu Dâwûd at-Ṭayâlisî rapporte d’Anas ibn Mâlik que ‘Umar dit : « Je suis tombé d’accord avec mon Seigneur en quatre occasions… », et parmi elles : « J’ai dit : Ô Messager d’Allah, si tu imposais le voile à tes épouses ; des gens vertueux comme des pervers entrent chez elles ; alors Allah – Puissant et Majestueux – fit descendre : “Lorsque vous leur demandez quelque objet, demandez-le-leur derrière un voile.” »
Les exégètes ont divergé concernant le terme « matâ‘ » : certains y voient ce dont on jouit parmi les objets prêtés ; d’autres, la demande d’une fatwa ; d’autres encore, les feuillets du Coran. L’avis correct est qu’il s’agit d’un terme général englobant tout ce qu’il est possible de solliciter : ustensiles ou autres commodités utiles pour la religion ou la vie d’ici-bas.
La neuvième – Ce verset atteste qu’Allah – Très-haut – a permis qu’on s’adresse à elles derrière un voile lorsqu’une nécessité se présente ou pour une question sur laquelle on requiert leur avis. Par extension, cela concerne toutes les femmes, conformément aux principes de la Sharî‘ah voulant que la femme tout entière soit ‘awrah, tant son corps que sa voix, ainsi qu’il a été mentionné. Il n’est donc permis de découvrir cela que par nécessité : témoignage portant sur elle, traitement d’un mal affectant son corps, ou encore question qu’elle seule peut éclaircir lorsqu’elle se présente et devient incontournable.