Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Elles ne jouissaient de ces demeures qu’à titre d’habitation durant leur vie. Lorsqu’elles décédèrent, celles-ci furent annexées à la Mosquée, dont l’utilité profite à l’ensemble des musulmans, de même que les pensions qui leur étaient attribuées retournèrent, après leur disparition, dans la succession du Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – ; elles furent alors ajoutées au capital originel pour être affectées à l’intérêt général des musulmans, afin que tous puissent en tirer profit. Et Allâh est Celui qui accorde la réussite.

Parole du Très-Haut : « sans attendre qu’il cuise ».
Autrement dit : sans guetter le moment où le mets arrivera à cuisson. Le mot « ’înâhu » (إِناهُ) est à voyelle brève finale (maqṣūr). On relève plusieurs variantes : « ’inā » (إِنَى) avec kasra de la hamza.

Le poète al-Shaybânî a dit :
« Lorsque Kisrâ fut partagé par ses fils
sous les sabres, comme on partage la viande,
le Destin lui fit enfanter un jour
qui arriva à terme ; pour toute porteuse, il est un terme. »

Ibn Abî ‘Ablah a lu : « ghayri nâẓirîna ’ināhu », où « ’ināhu » est mis au génitif comme adjectif de « ṭa‘âm ». Al-Zamakhsharî dit : « Ce n’est pas correct, car on l’a fait suivre d’un mot qui ne lui appartient pas ; le pronom dont il relève doit normalement apparaître ; on dirait alors : “ghayru nâẓirîna, ’inâhu antum”, comme dans : “Hind, Zayd, c’est elle qui le frappe.” »

On rencontre également les formes ’anā (أَنَى, par l’ouverture) et ’anâ’ (أَنَاءَ, hamza ouverte et allongement). Al-Ḥuṭay’ah a dit :
« J’ai retardé le dîner jusqu’à l’apparition de Suhayl
ou de la Ši‘râ, et la longue attente m’a pesé ; »
c’est-à-dire jusqu’au lever de l’étoile Suhayl. Le terme « ’inâh » est le nom d’action de « ’anā » : la chose « anā ya’nî » lorsqu’elle est mûre, arrivée à terme ou prête.

Quatrième point – Parole du Très-Haut : « Mais lorsque vous êtes invités, alors entrez ; puis, lorsque vous vous serez restaurés, dispersez-vous. » Il réitère ainsi l’interdiction et limite le moment d’entrer au seul moment où l’autorisation est accordée, par égard au bon comportement et afin de préserver la Noble Présence d’une familiarité indésirable.

Ibn al-‘Arabî dit : « Le sens de la phrase est : lorsque vous êtes conviés ET qu’il vous est permis d’entrer, alors entrez ; autrement, la seule invitation ne constitue pas une permission suffisante. » – La particule fâ (فَ) répond ici à la particule conditionnelle « idhâ », en raison de l’idée de rétribution qu’elle renferme.

Cinquième point – Parole du Très-Haut : « Puis, lorsque vous avez pris votre repas, dispersez-vous. » Allâh – exalté soit-Il – ordonne qu’après avoir mangé, ils se séparent tous et se dispersent ; l’intention est d’obliger à quitter la demeure dès que l’objectif – manger – est atteint. La preuve en est que l’entrée était, à l’origine, interdite ; elle ne devint licite qu’en raison du repas. Une fois le repas achevé, la cause permissive disparaît et l’interdiction primitive reprend son cours.

سَكَنٌ حَيَاتَهُنَّ، فَلَمَّا تُوُفِّينَ جُعِلَ ذَلِكَ زِيَادَةً فِي الْمَسْجِدِ الَّذِي يَعُمُّ الْمُسْلِمِينَ نَفْعُهُ، كَمَا جُعِلَ ذَلِكَ الَّذِي كَانَ لَهُنَّ مِنَ النَّفَقَاتِ فِي تَرِكَةِ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمَّا مَضَيْنَ لِسَبِيلِهِنَّ، فَزِيدَ إِلَى أَصْلِ الْمَالِ فَصُرِفَ فِي مَنَافِعِ الْمُسْلِمِينَ مِمَّا يَعُمُّ جَمِيعَهُمْ نَفْعُهُ. وَاللَّهُ الْمُوَفِّقُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " غَيْرَ ناظِرِينَ إِناهُ" أَيْ غَيْرَ مُنْتَظِرِينَ وَقْتَ نُضْجِهِ. وَ " إِناهُ" مَقْصُورٌ، وَفِيهِ لُغَاتٌ: " إِنَى" بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ. قَالَ الشَّيْبَانِيُّ: وَكِسْرَى إِذْ تَقَسَّمَهُ بَنُوهُ ... بِأَسْيَافٍ كَمَا اقْتُسِمَ اللِّحَامُ تَمَخَّضَتِ الْمَنُونُ لَهُ بِيَوْمٍ ... أَنَى «١» وَلِكُلِ حَامِلَةٍ تَمَامُ وَقَرَأَ ابْنُ أَبِي عَبْلَةَ: " غَيْرِ نَاظِرِينَ إِنَاهُ" . مَجْرُورًا صِفَةً لِ "- طَعامٍ" . الزَّمَخْشَرِيُّ: وَلَيْسَ بِالْوَجْهِ، لِأَنَّهُ جَرَى عَلَى غَيْرِ مَا هُوَ لَهُ، فَمِنْ حَقِّ ضَمِيرِ مَا هُوَ لَهُ أَنْ يَبْرُزَ إِلَى اللَّفْظِ، فَيُقَالُ: غَيْرُ نَاظِرِينَ، إِنَاهُ أَنْتُمْ، كَقَوْلِكَ: هِنْدٌ زَيْدٌ ضَارِبَتُهُ هِيَ. وَأَنَى (بِفَتْحِهَا) ، وَأَنَاءَ (بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ وَالْمَدُّ) قَالَ الْحُطَيْئَةُ: وَأَخَّرْتُ الْعَشَاءَ إِلَى سُهَيْلٍ ... أَوِ الشِّعْرَى فَطَالَ بِيَ الْأَنَاءُ يَعْنِي إِلَى طُلُوعِ سُهَيْلٍ. وَإِنَاهُ مَصْدَرُ أَنَى الشَّيْءَ يَأْنِي إِذَا فَرَغَ وَحَانَ وَأَدْرَكَ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلكِنْ إِذا دُعِيتُمْ فَادْخُلُوا فَإِذا طَعِمْتُمْ فَانْتَشِرُوا) فَأَكَّدَ الْمَنْعَ، وَخَصَّ وَقْتَ الدُّخُولِ بِأَنْ يَكُونَ عِنْدَ الْإِذْنِ عَلَى جِهَةِ الْأَدَبِ، وَحِفْظِ الْحَضْرَةِ الْكَرِيمَةِ مِنَ الْمُبَاسَطَةِ الْمَكْرُوهَةِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَتَقْدِيرُ الْكَلَامِ: وَلَكِنْ إِذَا دُعِيتُمْ وَأُذِنَ لَكُمْ فِي الدُّخُولِ فَادْخُلُوا، وَإِلَّا فَنَفْسُ الدَّعْوَةِ لَا تَكُونُ إِذْنًا كَافِيًا فِي الدُّخُولِ. وَالْفَاءُ فِي جَوَابِ " إِذا" لَازِمَةٌ لِمَا فِيهَا من معنى المجازاة. الخامسة- قوله تعالى: (فَإِذا طَعِمْتُمْ فَانْتَشِرُوا) أَمَرَ تَعَالَى بَعْدَ الْإِطْعَامِ بِأَنْ يَتَفَرَّقَ جَمِيعُهُمْ وَيَنْتَشِرُوا. وَالْمُرَادُ إِلْزَامُ الْخُرُوجِ مِنَ الْمَنْزِلِ عِنْدَ انْقِضَاءِ الْمَقْصُودِ مِنَ الْأَكْلِ. وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ أَنَّ الدُّخُولَ حَرَامٌ، وَإِنَّمَا جَازَ لِأَجْلِ الْأَكْلِ، فَإِذَا انْقَضَى الْأَكْلُ زَالَ السَّبَبُ الْمُبِيحُ وَعَادَ التحريم إلى أصله.
(١). (أنى) هنا فعل ماض بمعنى أدرك وبلغ كما في اللسان وشرح القاموس.

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