Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

contrairement au verset qui la précède :
« Et ceux d’entre vous qui décèdent en laissant des épouses, celles-ci observent par-devers elles un délai d’attente de quatre mois et dix jours » (al-Baqarah, 2 : 234).

Troisièmement : le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – se vit interdire d’épouser d’autres femmes en plus de celles qu’il avait déjà, parce qu’elles avaient choisi Allah, Son Messager et l’Au-delà. C’est l’avis de al-Ḥasan, Ibn Sîrîn et Abû Bakr ibn ʿAbd-ar-Raḥmân ibn al-Ḥârith ibn Hishâm.
An-Naḥḥâs dit : « Cet avis peut être exact, puis il a été abrogé. »

Quatrièmement : lorsque les Mères des Croyants ont été frappées de l’interdiction de se remarier après lui, il lui fut également interdit d’épouser d’autres femmes qu’elles. C’est l’opinion rapportée d’Abû Umâmah ibn Sahl ibn Ḥunayf.

Cinquièmement : « Il ne t’est plus permis désormais (d’épouser) d’autres femmes » signifie : après les catégories précédemment énumérées. C’est l’avis de Ubayy ibn Kaʿb, ʿIkrimah et Abû Razîn, et c’est l’option retenue par Muḥammad ibn Jarîr (aṭ-Ṭabarî).

Ceux qui estiment que la permission lui était, au départ, absolue, expliquent ici le verset « Il ne t’est plus permis (d’épouser d’autres femmes) » par : « Il ne t’est pas permis d’épouser des Juives ni des Chrétiennes. » Cette interprétation est lointaine. Elle est néanmoins rapportée de Mujâhid, Saʿîd ibn Jubayr et d’ʿIkrimah également ; c’est donc la sixième opinion.
Mujâhid a dit : « Afin qu’aucune mécréante ne devienne Mère des Croyants. » Cette opinion paraît faible, car elle suppose l’expression : « après les musulmanes », or il n’a pas été fait mention des musulmanes, et de même on comprendrait « ni que tu les échanges » c’est-à-dire : ne divorce pas d’une musulmane pour la remplacer par une femme du Livre.

Septièmement : le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – avait, au départ, la permission d’épouser qui il voulait, puis cette permission fut abrogée. Il dit : « Ainsi en était-il également des prophètes avant lui », parole rapportée de Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓî.

Deuxième question : Sa parole – Exalté soit-Il –
« Et qu’il ne t’est pas permis de les échanger contre d’autres épouses »
Ibn Zayd dit : Cela désigne une pratique que les Arabes avaient : l’un disait à l’autre : « Prends mon épouse et donne-moi la tienne. »
Ad-Dâraqutnî rapporte, d’après Abû Hurayrah : « L’échange (al-badal) était usité à l’époque de la Jâhiliyyah : un homme disait à un autre : “Cède-moi ta femme, je te cède la mienne et je t’ajouterai quelque chose.” Alors Allah – Majesté et Pureté à Lui – fit descendre : “Et qu’il ne t’est pas permis de les échanger contre d’autres épouses, quand bien même leur beauté te plairait.” »
Il rapporta encore : « ʿUyaynah ibn Ḥiṣn al-Fazârî entra alors auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – alors qu’il se trouvait auprès de lui…»

خِلَافًا- بِالْآيَةِ الَّتِي قَبْلَهَا " وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنْكُمْ وَيَذَرُونَ أَزْواجاً يَتَرَبَّصْنَ بِأَنْفُسِهِنَّ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْراً" «١» [البقرة: ٢٣٤] : الثَّالِثُ- أَنَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حُظِرَ عَلَيْهِ أَنْ يَتَزَوَّجَ عَلَى نِسَائِهِ، لِأَنَّهُنَّ اخْتَرْنَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَالدَّارَ الْآخِرَةَ، هَذَا قَوْلُ الْحَسَنِ وَابْنِ سِيرِينَ وَأَبِي بَكْرِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بن الحارث ابن هِشَامٍ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا الْقَوْلُ يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ هَكَذَا ثُمَّ نُسِخَ. الرَّابِعُ- أَنَّهُ لَمَّا حُرِّمَ عَلَيْهِنَّ أَنْ يَتَزَوَّجْنَ بَعْدَهُ حُرِّمَ عَلَيْهِ أَنْ يَتَزَوَّجَ غَيْرَهُنَّ، قَالَهُ أَبُو أُمَامَةَ بْنُ سَهْلِ بْنِ حُنَيْفٍ. الْخَامِسُ- " لَا يَحِلُّ لَكَ النِّساءُ مِنْ بَعْدُ" أَيْ مِنْ بَعْدِ الْأَصْنَافِ الَّتِي سُمِّيَتْ، قَالَهُ أُبَيُّ بْنُ كَعْبٍ وَعِكْرِمَةُ وَأَبُو رَزِينٍ، وَهُوَ اخْتِيَارُ مُحَمَّدِ بْنِ جَرِيرٍ. وَمَنْ قَالَ إِنَّ الْإِبَاحَةَ كَانَتْ لَهُ مُطْلَقَةً قَالَ هُنَا: " لَا يَحِلُّ لَكَ النِّساءُ" مَعْنَاهُ لَا تَحِلُّ لَكَ الْيَهُودِيَّاتُ وَلَا النَّصْرَانِيَّاتُ. وَهَذَا تَأْوِيلٌ فِيهِ بُعْدٌ. وَرُوِيَ عَنْ مُجَاهِدٍ وَسَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ وَعِكْرِمَةَ أَيْضًا. وَهُوَ الْقَوْلُ السَّادِسُ. قَالَ مُجَاهِدٌ: لِئَلَّا تَكُونَ كَافِرَةٌ أُمًّا لِلْمُؤْمِنِينَ. وَهَذَا الْقَوْلُ يَبْعُدُ، لِأَنَّهُ يُقَدِّرُهُ: مِنْ بَعْدِ الْمُسْلِمَاتِ، وَلَمْ يَجْرِ لِلْمُسْلِمَاتِ ذِكْرٌ. وَكَذَلِكَ قُدِّرَ " وَلا أَنْ تَبَدَّلَ بِهِنَّ" أَيْ وَلَا أَنْ تُطَلِّقَ مُسْلِمَةً لِتَسْتَبْدِلَ بِهَا كِتَابِيَّةً. السَّابِعُ- أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ لَهُ حَلَالٌ أَنْ يَتَزَوَّجَ مَنْ شَاءَ ثُمَّ نُسِخَ ذَلِكَ. قَالَ: وَكَذَلِكَ كَانَتِ الْأَنْبِيَاءُ قَبْلَهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَهُ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ الْقُرَظِيُّ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا أَنْ تَبَدَّلَ بِهِنَّ مِنْ أَزْواجٍ) قَالَ ابْنُ زَيْدٍ: هَذَا شي كَانَتِ الْعَرَبُ تَفْعَلُهُ، يَقُولُ أَحَدُهُمْ: خُذْ زَوْجَتِي وَأَعْطِنِي زَوْجَتَكَ، رَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: كَانَ الْبَدَلُ فِي الْجَاهِلِيَّةِ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: انْزِلْ لِي عَنِ امْرَأَتِكَ وَأَنْزِلُ لَكَ عَنِ امْرَأَتِي وَأَزِيدُكَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ " وَلا أَنْ تَبَدَّلَ بِهِنَّ مِنْ أَزْواجٍ وَلَوْ أَعْجَبَكَ حُسْنُهُنَّ" قَالَ: فَدَخَلَ عُيَيْنَةُ بْنُ حِصْنٍ الْفَزَارِيُّ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وعنده
(١). راجع ج ٣ ص ١٧٤، ٢٢٦

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