Si tu les exclus de la répartition des nuits puis que tu les rappelles auprès de toi, il n’y a pour toi aucune faute en cela. Il en est de même pour la règle du report (al-irjâ’), l’un de ces deux cas renvoyant nécessairement à l’autre.
Cinquième point
Parole du Très-Haut :
« Il ne t’incombe aucun péché »
C’est-à-dire : aucun penchant coupable. On dit : « la nef a penché (janahat) vers la rive », c’est-à-dire qu’elle s’est inclinée. Autrement dit, il ne pèse sur toi aucun reproche ni blâme.
Sixième point
Parole du Très-Haut :
« Cela est plus à même de réjouir leurs yeux »
Qatâda et d’autres ont dit : ce choix que Nous t’avons accordé quant à la fréquentation de tes épouses est plus proche de leur satisfaction puisqu’il vient de Notre part. En effet, lorsqu’elles savent que l’affaire provient d’Allah, leurs yeux s’en trouvent apaisés et elles s’en contentent ; car, lorsque l’homme sait qu’il n’a aucun droit sur une chose, il accepte volontiers ce qu’on lui en donne, fût-ce en petite quantité. Mais s’il estime y avoir droit, ce qu’on lui en accorde ne le satisfait pas ; sa jalousie s’enflamme et son avidité s’accroît. Ainsi, le fait qu’Allah ait remis l’affaire à Son Messager à propos de l’organisation de la vie de ses épouses est plus apte à les rendre satisfaites de sa compagnie et à fixer leurs regards sur ce qu’il consent à leur octroyer, sans que leurs cœurs ne s’attachent à davantage.
On a récité :
« tuqarru aʿyunuhunna » – avec la lettre tâ damma et le mot « aʿyuna » à l’accusatif ;
et « wa-tuqarru aʿyunuhunna » – à la forme passive.
Malgré cela, le Prophète — paix et salut sur lui — se montrait extrêmement scrupuleux quant à l’égalité entre elles, afin de réjouir leurs cœurs, ainsi que nous l’avons mentionné, et il disait :
« Ô Allah ! Telle est ma capacité dans ce que je maîtrise ; ne me blâme donc pas pour ce que Tu maîtrises et que je ne maîtrise pas »,
visant par là son cœur, du fait de la préférence qu’il avait pour ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — sans que cela apparaisse en quoi que ce soit dans ses actes.
Durant la maladie qui entraîna sa mort, on le transportait porté autour des maisons de ses épouses, jusqu’à ce qu’il leur demandât la permission de demeurer dans la demeure d’ʿÂʾisha.
ʿÂʾisha rapporte : « La première fois que le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — ressentit son mal, il se trouvait dans la maison de Maymûna ; il demanda alors à ses épouses de pouvoir être soigné dans ma maison — c’est-à-dire chez ʿÂʾisha — et elles le lui accordèrent… » – hadith rapporté dans le Ṣaḥîḥ.
Et il est également rapporté dans le Ṣaḥîḥ, d’après ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — qu’elle dit : « Il arrivait bel et bien que le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — inspecte… »