Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quinzièmement – Les savants sont unanimement d’accord pour dire que le fait, pour une femme, de « se donner elle-même » (en mariage) n’est pas licite, et que cette simple formule de donation ne saurait constituer un contrat de mariage. L’unique exception rapportée émane d’Abû Ḥanîfa et de ses deux condisciples : selon eux, si la femme se donne et que l’homme fait ensuite témoigner sur lui-même qu’il lui assigne une dot, cela est valable. Ibn ʿAṭiyya commente : dans leur propos, il n’y a en réalité que l’autorisation de l’expression et du terme « don » ; quant aux actes qu’ils exigent, ce sont précisément ceux du contrat de mariage. Cette question a déjà été traitée de façon complète dans la sourate « Al-Qaṣaṣ » ; louange à Allah.

Seizièmement – Allah – Très-Haut – a réservé à Son Messager, dans les statuts de la Sharîʿa concernant l’obligation, l’interdiction et la permission, des particularités qu’aucun membre de la communauté ne partage avec lui : un honneur qui lui fut accordé et un rang auquel il fut spécialement élevé. Ainsi, certaines choses furent rendues obligatoires pour lui et non pour les autres, certains actes lui furent interdits alors qu’ils ne le sont pas aux autres, et certaines choses lui furent permises alors qu’elles restent illicites pour eux ; à propos de ces points, certains sont objet de consensus, d’autres de divergence.

Ce qui lui fut rendu obligatoire se ramène à neuf points :

  1. Le tahajjud durant la nuit. On rapporte que la prière nocturne demeura obligatoire pour lui jusqu’à sa mort, selon la parole du Très-Haut : « Ô toi qui es enveloppé (dans ton manteau)… Lève-toi (pour prier) la nuit » (al-Muzzammil 1-2). Le texte explicite indique toutefois que cette obligation fut ensuite abrogée par la parole divine : « Et, durant une partie de la nuit, veille en prière – œuvre surérogatoire pour toi » (al-Isrâ’ 79). Cela sera détaillé plus loin.
  2. La prière du ḍuḥâ.
  3. Le sacrifice de l’ʿÎd al-Aḍḥâ.
  4. La prière du witr, incluse dans la catégorie du tahajjud.
  5. L’usage du siwâk.
  6. L’acquittement de la dette de quiconque meurt insolvable.
  7. La consultation des gens doués de raison dans les affaires étrangères à la législation révélée.
  8. Le choix laissé à ses épouses (de rester auprès de lui ou de se séparer).
  9. Lorsqu’il accomplissait un acte, il devait l’entériner et le maintenir.

D’autres ont ajouté : il lui incombait, s’il voyait un blâmable, de le réprouver ouvertement, car son silence eût signifié son approbation ; c’est ce qu’a mentionné l’auteur d’al-Bayân.

Quant à ce qui lui fut interdit, cela se résume à dix points :

  1. L’interdiction de percevoir la Zakât pour lui et pour les membres de sa famille.
  2. L’aumône surérogatoire (ṣadaqa t-taṭawwuʿ) pour lui ; concernant sa famille, les avis divergent.
  3. « La trahison du regard » : c’est le fait de montrer le contraire de ce que l’on dissimule, ou de se laisser abuser au sujet de ce qui est obligatoire.
    Il arriva que certains impies le blâmèrent lorsqu’ils demandèrent la permission d’entrer ; il leur répondit alors avec douceur.
الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ هِبَةَ الْمَرْأَةِ نَفْسَهَا غَيْرُ جَائِزٍ «١» ، وَأَنَّ هَذَا اللَّفْظَ مِنَ الْهِبَةِ لَا يَتِمُّ عَلَيْهِ نِكَاحٌ، إِلَّا مَا رُوِيَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ وَصَاحِبَيْهِ فَإِنَّهُمْ قَالُوا: إِذَا وَهَبَتْ فَأَشْهَدَ هُوَ عَلَى نَفْسِهِ بِمَهْرٍ فَذَلِكَ جَائِزٌ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: فَلَيْسَ فِي قَوْلِهِمْ إِلَّا تَجْوِيزُ الْعِبَارَةِ وَلَفْظَةِ الْهِبَةِ، وَإِلَّا فَالْأَفْعَالُ الَّتِي اشْتَرَطُوهَا هِيَ أَفْعَالُ النِّكَاحِ بِعَيْنِهِ، وَقَدْ تَقَدَّمَتْ هَذِهِ الْمَسْأَلَةُ فِي " الْقَصَصِ" مُسْتَوْفَاةً «٢» . وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- خَصَّ اللَّهُ تعالى رسوله في أحكام الشريعة بمعان لَمْ يُشَارِكْهُ فِيهَا أَحَدٌ- فِي بَابِ الْفَرْضِ وَالتَّحْرِيمِ وَالتَّحْلِيلِ- مَزِيَّةً عَلَى الْأُمَّةِ وُهِبَتْ «٣» لَهُ، وَمَرْتَبَةً خُصَّ بِهَا، فَفُرِضَتْ عَلَيْهِ أَشْيَاءُ مَا فُرِضَتْ عَلَى غَيْرِهِ، وَحُرِّمَتْ عَلَيْهِ أَفْعَالٌ لَمْ تُحَرَّمْ عَلَيْهِمْ، وَحُلِّلَتْ لَهُ أَشْيَاءُ لَمْ تُحَلَّلْ لَهُمْ، مِنْهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَمُخْتَلَفٌ فِيهِ. فَأَمَّا مَا فُرِضَ عَلَيْهِ فَتِسْعَةٌ: الْأَوَّلُ- التَّهَجُّد بِاللَّيْلِ، يُقَالُ: إِنَّ قِيَامَ اللَّيْلِ كَانَ وَاجِبًا عَلَيْهِ إِلَى أَنْ مَاتَ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " يَا أَيُّهَا الْمُزَّمِّلُ «٤» . قُمِ اللَّيْلَ" [المزمل: ٢ - ١] الْآيَةَ. وَالْمَنْصُوصُ أَنَّهُ كَانَ، وَاجِبًا عَلَيْهِ ثُمَّ نُسِخَ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ «٥» نافِلَةً لَكَ" [الاسراء: ٧٩] وسيأتي. الثاني- الضحا. الثَّالِثُ- الْأَضْحَى. الرَّابِعُ- الْوِتْرُ، وَهُوَ يَدْخُلُ فِي قِسْمِ التَّهَجُّدِ. الْخَامِسُ- السِّوَاكُ. السَّادِسُ- قَضَاءُ دَيْنِ مَنْ مَاتَ مُعْسِرًا. السَّابِعُ- مُشَاوَرَةُ ذَوِي الْأَحْلَامِ في غير الشرائع. الثامن- تخير النِّسَاءِ. التَّاسِعُ- إِذَا عَمِلَ عَمَلًا أَثْبَتَهُ. زَادَ غَيْرُهُ: وَكَانَ يَجِبُ عَلَيْهِ إِذَا رَأَى مُنْكَرًا أَنْكَرَهُ وَأَظْهَرَهُ، لِأَنَّ إِقْرَارَهُ لِغَيْرِهِ عَلَى ذَلِكَ يَدُلُّ عَلَى جَوَازِهِ، ذَكَرَهُ صَاحِبُ الْبَيَانِ. وَأَمَّا مَا حُرِّمَ عَلَيْهِ فَجُمْلَتُهُ عَشَرَةٌ: الْأَوَّلُ- تَحْرِيمُ الزَّكَاةِ عَلَيْهِ وَعَلَى آلِهِ. الثَّانِي- صَدَقَةُ التَّطَوُّعِ عَلَيْهِ، وَفِي آلِهِ تَفْصِيلٌ بِاخْتِلَافٍ. الثَّالِثُ- خَائِنَةُ «٦» الْأَعْيُنِ، وَهُوَ أَنْ يُظْهِرَ خِلَافَ مَا يُضْمِرُ، أَوْ يَنْخَدِعُ عَمَّا يَجِبُ. وَقَدْ ذَمَّ بَعْضَ الْكُفَّارِ عِنْدَ إِذْنِهِ ثُمَّ أَلَانَ لَهُ الْقَوْلَ
(١). أي أمر غير جائز. (٢). راجع ج ١٣ ص ٢٧٢. (٣). في ابن العربي: (وهيبة له). (٤). راجع ج ١٩ ص ٣٠. (٥). راجع ج ١٠ ص (٣٠٧) (٦). الخائنة بمعنى الخيانة وهي من المصادر التي جاءت على لفظ الفاعلة كالعافية فإذا كف الإنسان لسانه وأومأ بعينه فقد خان وإذا كان ظهور تلك الحالة من قبل العين سميت خائنة الأعين.

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