Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quatrième point – Dâwûd – ainsi que ceux qui partagent son avis – s’appuie sur ce verset pour dire que, lorsqu’une femme répudiée par divorce révocable est reprise par son mari avant l’expiration de son ‘idda, puis qu’il la sépare de nouveau avant de l’avoir touchée, elle n’a ni à compléter le délai entamé, ni à observer un nouveau délai, car elle est alors assimilée à une femme répudiée avant la consommation.

ʿAṭâʾ b. Abî Rabâḥ et d’autres savants affirment quant à eux qu’elle poursuit le premier délai – c’est l’un des deux avis rapportés de l’imâm al-Shâfiʿî –, car la seconde répudiation, lorsqu’aucun rapport n’est intervenu, a le même statut que celle d’un homme qui répudierait son épouse pendant son ‘idda avant de la reprendre ; or, celui qui répudie son épouse une fois à chaque période de pureté «construit» (banat) son ‘idda et n’en recommence pas une nouvelle.

L’imâm Mâlik dit : s’il la sépare avant de l’avoir touchée, elle ne se fonde pas sur la partie déjà accomplie de son délai ; dès le jour où il la répudie, elle entame un nouveau ‘idda complet. Son mari s’est ainsi fait tort et a fauté en la reprenant alors qu’il n’en avait plus besoin. Tel est l’avis de la majorité des gens de science, parce que cette femme, quant à l’entretien, au logement, etc., a le même statut qu’une épouse avec laquelle le mariage a été consommé ; pour cette raison, elle recommence un délai à partir du jour de la répudiation. C’est l’opinion de la plupart des juristes de Baṣra, Kūfa, La Mecque, Médine et de Syrie.

Al-Thawrî ajoute : «Les juristes, chez nous, sont unanimes sur ce point.»

Cinquième point – Si la femme avait été séparée par un divorce bâ’in non définitif, que son ex-mari l’épouse durant son délai de viduité, puis la répudie avant consommation, les avis divergent également.
– Mâlik, al-Shâfiʿî, Zufar et ʿUthmân al-Battî disent : elle a droit à la moitié de la dot et elle achève le reste du premier délai. C’est aussi l’avis d’al-Ḥasan, ʿAṭâʾ, ʿIkrima et Ibn Shihâb.
– Abû Ḥanîfa, Abû Yûsuf, al-Thawrî et al-Awzâʿî soutiennent qu’elle reçoit la dot complète pour ce second mariage et qu’elle observe un nouveau délai, la considérant comme une femme avec laquelle les rapports ont eu lieu, dans la mesure où elle doit compter un délai pour sa semence.
– Dâwûd opine qu’elle touche la moitié de la dot, sans qu’il lui reste du premier délai ni qu’elle doive en entamer un nouveau.
L’avis le plus juste est celui de Mâlik et d’al-Shâfiʿî – et Allah est plus savant.

Sixième point – Le présent verset constitue une exception aux paroles du Très-Haut : «Les femmes répudiées doivent attendre trois menstrues» (al-Baqarah, 2 : 228) et : «Celles d’entre vos femmes qui ont cessé d’avoir leurs règles, si vous avez un doute, leur délai est de trois mois» (at-Ṭalâq, 65 : 4). L’exposé détaillé en a été donné dans la sourate al-Baqarah, de même que la question de la gratification (al-mutʿah), il est donc inutile d’y revenir ici.

«Et renvoyez-les d’un beau renvoi» comporte deux interprétations : la première est qu’il s’agit de verser la gratification selon la situation de richesse ou de gêne, ainsi qu’il a été dit

الرَّابِعَةُ- اسْتَدَلَّ دَاوُدُ- وَمَنْ قَالَ بِقَوْلِهِ- إِنَّ الْمُطَلَّقَةَ الرَّجْعِيَّةَ إِذَا رَاجَعَهَا زَوْجُهَا قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا ثُمَّ فَارَقَهَا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا، أَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهَا أَنْ تُتِمَّ عِدَّتَهَا وَلَا عِدَّةً مُسْتَقْبَلَةً، لِأَنَّهَا مُطَلَّقَةٌ قَبْلَ الدُّخُولِ بِهَا. وَقَالَ عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ وَفِرْقَةٌ: تَمْضِي فِي عِدَّتِهَا مِنْ طَلَاقِهَا الْأَوَّلِ- وَهُوَ أَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ-، لِأَنَّ طَلَاقَهُ لَهَا إِذَا لَمْ يَمَسَّهَا فِي حُكْمِ مَنْ طَلَّقَهَا فِي عِدَّتِهَا قَبْلَ أَنْ يُرَاجِعَهَا. وَمَنْ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ فِي كُلِّ طُهْرٍ مَرَّةً بَنَتْ وَلَمْ تَسْتَأْنِفْ. وَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا فَارَقَهَا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا إِنَّهَا لَا تَبْنِي عَلَى مَا مَضَى مِنْ عِدَّتِهَا، وَإِنَّهَا تُنْشِئُ مِنْ يَوْمِ طَلَّقَهَا عِدَّةً مُسْتَقْبَلَةً. وَقَدْ ظَلَمَ زَوْجُهَا نَفْسَهُ وَأَخْطَأَ إِنْ كَانَ ارْتَجَعَهَا وَلَا حَاجَةَ لَهُ بِهَا. وَعَلَى هَذَا أَكْثَرُ أَهْلِ الْعِلْمِ، لِأَنَّهَا فِي حُكْمِ الزَّوْجَاتِ الْمَدْخُولِ بِهِنَّ فِي النَّفَقَةِ وَالسُّكْنَى وَغَيْرِ ذَلِكَ، وَلِذَلِكَ تَسْتَأْنِفُ الْعِدَّةَ مِنْ يَوْمِ طَلُقَتْ، وَهُوَ قَوْلُ جُمْهُورِ فُقَهَاءَ الْبَصْرَةِ وَالْكُوفَةِ وَمَكَّةَ وَالْمَدِينَةِ وَالشَّامِ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ: أَجْمَعَ الْفُقَهَاءُ عِنْدَنَا عَلَى ذَلِكَ. الْخَامِسَةُ- فَلَوْ كَانَتْ بَائِنَةً غَيْرَ مَبْتُوتَةٍ فَتَزَوَّجَهَا فِي الْعِدَّةِ ثُمَّ طَلَّقَهَا قَبْلَ الدُّخُولِ فَقَدِ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ أَيْضًا، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَزُفَرُ وَعُثْمَانُ الْبَتِّيُّ: لَهَا نِصْفُ الصَّدَاقِ وَتُتِمُّ بَقِيَّةَ الْعِدَّةِ الْأُولَى. وَهُوَ قَوْلُ الْحَسَنِ وَعَطَاءٍ وَعِكْرِمَةَ وَابْنِ شِهَابٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَبُو يُوسُفَ وَالثَّوْرِيُّ وَالْأَوْزَاعِيُّ،: لَهَا مَهْرٌ كَامِلٌ لِلنِّكَاحِ الثَّانِي وَعِدَّةٌ مُسْتَقْبَلَةٌ. جَعَلُوهَا فِي حُكْمِ الْمَدْخُولِ بِهَا لِاعْتِدَادِهَا مِنْ مَائِهِ. وَقَالَ دَاوُدُ: لَهَا نِصْفُ الصَّدَاقِ، وَلَيْسَ عَلَيْهَا بَقِيَّةُ الْعِدَّةِ الْأُولَى وَلَا عِدَّةٌ مُسْتَقْبَلَةٌ. وَالْأَوْلَى مَا قَالَهُ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّادِسَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ مُخَصِّصَةٌ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَالْمُطَلَّقاتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنْفُسِهِنَّ ثَلاثَةَ قُرُوءٍ" [البقرة: ٢٢٨] ، وَلِقَوْلِهِ: " وَاللَّائِي يَئِسْنَ مِنَ الْمَحِيضِ مِنْ نِسائِكُمْ إِنِ ارْتَبْتُمْ فَعِدَّتُهُنَّ ثَلاثَةُ أَشْهُرٍ" «١» [الطلاق: ٤] . وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" «٢» ، وَمَضَى فِيهَا الْكَلَامُ فِي الْمُتْعَةِ «٣» ، فَأَغْنَى عَنِ الْإِعَادَةِ هُنَا. " وَسَرِّحُوهُنَّ سَراحاً جَمِيلًا" فِيهِ وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا: أَنَّهُ دَفْعُ المتعة بحسب الميسرة والعسرة، قاله
(١). راجع ج ١٨ ص (١٦٢) (٢). راجع ج ٣ ص ١١٢ فما بعد، وص ٢٠٠ فما بعد. (٣). راجع ج ٣ ص ١١٢ فما بعد، وص ٢٠٠ فما بعد.

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