Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxième point – Le terme « nikâh » en son sens propre désigne l’union charnelle. Le contrat matrimonial est appelé « nikâh » du fait de la relation qui l’unit à cette union, puisqu’il en constitue la voie d’accès. De même, le vin a été nommé « ithm » (péché) parce qu’il est une cause menant au péché. Dans le Livre d’Allâh, le mot « nikâh » n’apparaît qu’avec le sens de contrat, parce qu’il implique l’union charnelle. Parmi les marques de bienséance du Qur’ân figure l’emploi d’euphémismes pour le désigner : « toucher », « contact », « approche », « recouvrir » ou « venir à ».

Troisième point – Certains savants se sont appuyés sur la Parole du Très-Haut : « puis vous les avez répudiées », ainsi que sur la valeur temporelle de « thumma » (puis), pour affirmer que la répudiation ne peut intervenir qu’après le nikâh. Par conséquent, celui qui répudie une femme avant de l’avoir épousée – même si elle est précisément désignée – n’est pas lié par cette répudiation. Plus de trente Compagnons, Successeurs et Imâms l’ont soutenu ; al-Bukhârî en a cité vingt-deux. Il est rapporté du Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – : « Il n’y a pas de répudiation avant mariage », c’est-à-dire que la répudiation ne prend effet qu’une fois le mariage contracté.

Ḥabîb b. Abî Thâbit rapporte que ‘Alî b. al-Ḥusayn – qu’Allâh les agrée – fut interrogé au sujet d’un homme ayant dit à une femme : « Si je t’épouse, tu es répudiée. » Il répondit : « Cela n’a aucune portée ; Allâh, exalté soit-Il, a mentionné le mariage avant la répudiation. »

Un autre groupe de gens de science a toutefois estimé que la répudiation visant une personne déterminée, un clan ou une ville est valable même avant le mariage ; parmi eux Mâlik, l’ensemble de ses disciples et un grand nombre de savants de la Ummah. Nous avons déjà exposé, dans la sourate At-Tawbah, l’argumentation des deux camps ; louange à Allâh.

Ainsi, s’il dit : « Toute femme que j’épouserai est répudiée » ou « Tout esclave que j’achèterai est affranchi », rien ne lui incombe. Mais s’il déclare : « Toute femme que j’épouserai jusqu’à vingt ans » ou « Si j’épouse quelqu’un de telle ville ou des fils d’Untel, elle est répudiée », la répudiation devient effective, à moins qu’il ne craigne pour lui-même la contrainte charnelle durant ces longues années, ou que, de manière habituelle, son âge ne puisse atteindre ce terme ; dans ce cas il lui est permis de se marier. La répudiation ne lui est pas imposée lorsqu’il s’exprime de façon générale, car il se serait alors fermé toute possibilité de mariage ; l’en empêcher entraînerait pour lui gêne extrême et l’on craindrait qu’il ne tombe dans la contrainte.

Quelques-uns de nos condisciples ont avancé que, s’il trouve de quoi satisfaire son désir par une concubine, il ne doit pas se marier ; cet avis n’a pas de fondement, car les situations de nécessité et les excuses lèvent les prescriptions. Dès lors, par nécessité, son cas est assimilé à celui de celui qui n’a pas prêté serment. C’est l’opinion d’Ibn Khuwaiyz Mindâd.

الثانية- النكاح حقيقة في الوطي، وَتَسْمِيَةُ الْعَقْدِ نِكَاحًا لِمُلَابَسَتِهِ لَهُ مِنْ حَيْثُ إِنَّهُ طَرِيقٌ إِلَيْهِ. وَنَظِيرُهُ تَسْمِيَتُهُمُ الْخَمْرَ إِثْمًا «١» لِأَنَّهُ سَبَبٌ فِي اقْتِرَافِ الْإِثْمِ. وَلَمْ يَرِدْ لَفْظُ النِّكَاحِ فِي كِتَابِ اللَّهِ إِلَّا فِي معنى العقد، لأنه في معنى الوطي، وَهُوَ مِنْ آدَابِ الْقُرْآنِ، الْكِنَايَةُ عَنْهُ بِلَفْظِ: الْمُلَامَسَةِ وَالْمُمَاسَّةِ وَالْقُرْبَانِ وَالتَّغَشِّي وَالْإِتْيَانِ. الثَّالِثَةُ- اسْتَدَلَّ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " ثُمَّ طَلَّقْتُمُوهُنَّ" وَبِمُهْلَةِ " ثُمَّ" عَلَى أَنَّ الطَّلَاقَ لَا يَكُونُ إِلَّا بَعْدَ نِكَاحٍ وَأَنَّ مَنْ طَلَّقَ الْمَرْأَةَ قَبْلَ نِكَاحِهَا وَإِنْ عَيَّنَهَا، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَلْزَمُهُ. وَقَالَ هَذَا نَيِّفٌ عَلَى ثَلَاثِينَ مِنْ صَاحِبٍ وَتَابِعٍ وَإِمَامٍ. سَمَّى الْبُخَارِيُّ مِنْهُمُ اثْنَيْنِ «٢» وَعِشْرِينَ. وَقَدْ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (لَا طَلَاقَ قَبْلَ نِكَاحٍ) وَمَعْنَاهُ: أَنَّ الطَّلَاقَ لَا يَقَعُ حَتَّى يَحْصُلَ النِّكَاحُ. قَالَ حَبِيبُ بْنُ أَبِي ثَابِتٍ: سُئِلَ عَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنْ رَجُلٍ قَالَ لِامْرَأَةٍ: إِنْ تَزَوَّجْتُكِ فَأَنْتِ طَالِقٌ؟ فَقَالَ: لَيْسَ بِشَيْءٍ، ذَكَرَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ النِّكَاحَ قَبْلَ الطَّلَاقِ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ: إِنَّ طَلَاقَ الْمُعَيَّنَةِ الشَّخْصِ أَوِ الْقَبِيلَةِ أَوِ الْبَلَدِ لَازِمٌ قَبْلَ النِّكَاحِ، مِنْهُمْ مَالِكٌ وَجَمِيعُ أَصْحَابِهِ، وَجَمْعٌ عَظِيمٌ مِنْ عُلَمَاءِ الْأُمَّةِ. وَقَدْ مَضَى فِي " بَرَاءَةٌ" «٣» الْكَلَامُ فِيهَا وَدَلِيلُ الْفَرِيقَيْنِ. وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. فَإِذَا قَالَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَتَزَوَّجُهَا [طَالِقٌ] وكل عبد أشتريه حر، لم يلزمه شي. وَإِنْ قَالَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَتَزَوَّجُهَا إِلَى عِشْرِينَ سَنَةٍ، أَوْ إِنْ تَزَوَّجْتُ مِنْ بَلَدِ فُلَانٍ أَوْ مِنْ بَنِي فُلَانٍ فَهِيَ طَالِقٌ، لَزِمَهُ الطَّلَاقُ مَا لَمْ يَخَفِ الْعَنَتَ عَلَى نَفْسِهِ فِي طُولِ السِّنِينَ، أَوْ يَكُونُ عُمُرُهُ فِي الْغَالِبِ لَا يَبْلُغُ ذَلِكَ، فَلَهُ أَنْ يَتَزَوَّجَ. وَإِنَّمَا لَمْ يَلْزَمْهُ الطَّلَاقُ إِذَا عَمَّمَ لِأَنَّهُ ضَيَّقَ عَلَى نَفْسِهِ الْمَنَاكِحَ، فَلَوْ مَنَعْنَاهُ أَلَّا يَتَزَوَّجَ لَحَرِجَ وَخِيفَ «٤» عَلَيْهِ الْعَنَتُ. وَقَدْ قَالَ بَعْضُ أَصْحَابِنَا: إِنَّهُ إِنْ وَجَدَ مَا يَتَسَرَّرُ بِهِ لَمْ يَنْكِحْ، وَلَيْسَ بِشَيْءٍ وَذَلِكَ أَنَّ الضَّرُورَاتِ وَالْأَعْذَارَ تَرْفَعُ الْأَحْكَامَ، فَيَصِيرُ هَذَا مِنْ حَيْثُ الضَّرُورَةِ كَمَنْ لَمْ يَحْلِفْ، قَالَهُ ابْنُ خويز منداد.
(١). الخمر: تؤنث وتذكر والتأنيث أكثر. (٢). الذي سماهم البخاري في (باب لا طلاق قبل النكاح) أربعة وعشرون. (٣). راجع ج ٨ ص (٢١١) (٤). حرج: أثم.

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