Et le mot « Sunna » est à l’accusatif en tant que nom verbal : Allāh lui a donc institué une Sunna – une règle – ample. Quant à l’expression « ceux qui ont précédé », il s’agit des prophètes, comme l’indique la description qui suit : « ceux qui transmettent les messages d’Allāh ».
[Surate al-Ahzâb (33), verset 40]
« Muḥammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais il est le Messager d’Allāh et le Sceau des prophètes ; et Allāh est Savant de toute chose. »
Ce verset comporte trois questions :
Premièrement – Lorsque le Prophète épousa Zaynab, les gens dirent : « Il a pris pour épouse la femme de son fils. » Alors ce verset fut révélé : il n’est pas son fils pour que son épouse lui soit interdite ; il est plutôt le père de sa communauté quant à l’honorification et la vénération, et ses épouses sont interdites aux autres. Par ce verset, Allāh fit disparaître ce qui s’était insinué dans les âmes des hypocrites et d’autres, et Il informa que Muḥammad n’avait, en réalité, été le père d’aucun des hommes qui lui étaient contemporains. Le verset ne signifie pas que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – n’eut pas d’enfants : il eut des garçons – Ibrâhîm, al-Qāsim, aṭ-Ṭayyib et al-Muṭahhar –, mais aucun ne vécut jusqu’à l’âge d’homme. Quant à al-Ḥasan et al-Ḥusayn, ils étaient enfants et non deux hommes contemporains de lui.
Deuxièmement – Sa parole, exalté soit-Il : « mais [il est] le Messager d’Allāh ». Al-Akhfash et al-Farrāʾ ont dit : c’est-à-dire : « mais il était le Messager d’Allāh ». Ils ont également jugé recevable la lecture : « walākin Rasūlu llāhi wa khātamu… » au nominatif. De même, Ibn Abī ʿAbla et certains lecteurs ont lu « walākin Rasūlu llāh » au nominatif, au sens de : « il est le Messager d’Allāh et le Sceau des prophètes ». Un autre groupe a lu « walākinna » avec redoublement du nūn, et l’accusatif « Rasūla llāh », en considérant ce syntagme comme le nom de « lākinn(a) » dont le prédicat est sous-entendu. Quant à « khātam », ʿĀṣim seul l’a lu avec la voyelle fatḥa sur le tāʾ – khâṭam – signifiant qu’ils furent scellés par lui, de la même manière que le sceau marque les choses. La majorité l’a lu avec kasra – khâtim – signifiant qu’il les a scellés, c’est-à-dire qu’il est venu en dernier. On a dit : khâtem et khâtim sont deux dialectes, comme ṭābiʿ/ṭābeʿ, dānaq/dānig, ou ṭābaq (tranche de viande)/ṭābeq.
Troisièmement – Ibn ʿAṭiyya a dit : ces formulations, recueillies par l’ensemble des savants de la communauté – anciens et postérieurs – sont entendues dans toute leur généralité et impliquent explicitement qu’il n’y aura pas de prophète après lui, paix et bénédictions sur lui. Ce qu’a évoqué le Qâḍī Abū Ṭayyib dans son livre intitulé « al-Hidāya », à savoir la possibilité d’une autre interprétation des termes de ce verset, est faible. Il en est de même de ce qu’a cité al-Ghazālī