Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le pronom qui renvoie à l’époux est employé dans les deux versets précités. Il en est de même dans la parole du Prophète – paix et salut sur lui – adressée à l’homme portant le manteau : « Va, je t’ai marié à elle pour ce que tu connais du Coran. »

Ibn ʿAṭiyya dit : « Cela n’est pas obligatoire ; en effet, dans le verset, c’est l’époux qui est interpellé, il convenait donc de le mentionner en premier. Quant à la question de la dot, les deux époux sont à égalité ; mets donc en avant celui que tu veux. Il ne subsiste de préférence que par le degré accordé aux hommes, car ils sont les responsables (al-qawwāmūn). »

Neuvième question – La parole du Très-Haut : « Nous te l’avons donnée en mariage » constitue une preuve de l’existence du walī (tuteur légal) dans le nikāḥ, quoiqu’on ait exposé auparavant la divergence à ce sujet.

On rapporte que ʿÂʾisha et Zaynab se sont enorgueillies l’une devant l’autre. ʿÂʾisha déclara : « C’est moi que l’ange amena au Prophète – paix et salut sur lui – enveloppée dans une pièce de soie en disant : “Celle-ci est ton épouse.” » Ce récit se trouve dans le Ṣaḥīḥ. Zaynab rétorqua : « Et moi, c’est Allah qui m’a mariée à toi depuis au-dessus des sept cieux. »

Al-Shaʿbī rapporte que Zaynab disait au Messager d’Allah – paix et salut sur lui : « Je me prévaux auprès de toi de trois privilèges qu’aucune de tes autres épouses ne peut revendiquer : ton grand-père et le mien sont un seul et même homme ; Allah t’a marié à moi depuis le ciel ; et l’intermédiaire fut Jibrîl. »

On rapporte encore de Zaynab qu’elle affirma : « Lorsque je fus entrée dans le cœur du Messager d’Allah – paix et salut sur lui –, Zayd ne put plus avoir d’emprise sur moi ; je ne me refusais à lui que dans la mesure où Allah le Très-Haut m’en empêchait ; il n’avait donc aucun pouvoir sur moi. »

Coran, sourate al-Ahzâb (33), versets 38-39 :
« Il n’incombe pas au Prophète d’éprouver quelque gêne au sujet de ce qu’Allah a prescrit pour lui. Telle est la Sunnah d’Allah envers ceux qui ont vécu auparavant ; et l’ordre d’Allah est un décret irrévocable.
Ceux qui transmettent les messages d’Allah, Le craignent et ne redoutent nul autre qu’Allah ; Allah suffit comme Comptable. »

Parole du Très-Haut : « Sunnah d’Allah envers ceux qui ont vécu auparavant ». Il s’agit d’une adresse divine à l’ensemble de la communauté ; Il leur fait savoir que ceci – et tout ce qui y ressemble – relève des coutumes anciennes concernant les prophètes : ils jouissaient de ce qu’Allah leur avait rendu licite. Autrement dit, il a été institué pour Muḥammad – paix et salut sur lui – un élargissement dans le domaine du mariage, conformément à la Sunnah des prophètes antérieurs, tels Dâwud et Sulaymân. Dâwud eut cent épouses et trois cents concubines, et Sulaymân trois cents épouses et sept cents concubines. Al-Thaʿlabî a rapporté de Muqâtil et Ibn al-Kalbî que l’allusion vise Dâwud – sur lui la paix –, lorsque Dieu réunit entre lui et la femme à propos de laquelle il fut éprouvé.

ضَمِيرُ الزَّوْجِ كَمَا فِي الْآيَتَيْنِ. وَكَذَلِكَ قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ لِصَاحِبِ الرِّدَاءِ (اذْهَبْ فَقَدْ أَنْكَحْتُكَهَا بِمَا مَعَكَ مِنَ الْقُرْآنِ) . قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَهَذَا غَيْرُ لَازِمٍ، لِأَنَّ الزَّوْجَ فِي الْآيَةِ مُخَاطَبٌ فَحَسُنَ تَقْدِيمُهُ، وَفِي الْمُهُورِ الزَّوْجَانِ [سَوَاءٌ] ، فَقَدِّمْ مَنْ شِئْتَ، وَلَمْ يَبْقَ تَرْجِيحٌ إِلَّا بِدَرَجَةِ الرِّجَالِ، وَأَنَّهُمُ الْقَوَّامُونَ. التَّاسِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " زَوَّجْناكَها" دَلِيلٌ عَلَى ثُبُوتِ الْوَلِيِّ فِي النِّكَاحِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ الْخِلَافُ فِي ذَلِكَ «١» . رُوِيَ أَنَّ عَائِشَةَ وَزَيْنَبَ تَفَاخَرَتَا، فَقَالَتْ عَائِشَةُ: أَنَا الَّتِي جَاءَ بِي الْمَلَكَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سَرَقَةٍ «٢» مِنْ حَرِيرٍ فَيَقُولُ: (هَذِهِ امْرَأَتُكَ) خَرَّجَهُ الصَّحِيحُ. وَقَالَتْ زَيْنَبُ: أَنَا التي زوجني الله من فوق سبع سموات. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: كَانَتْ زَيْنَبُ تَقُولُ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي لَأَدِلُّ عَلَيْكَ بِثَلَاثٍ، مَا مِنْ نِسَائِكَ امْرَأَةٌ تَدِلُّ بِهِنَّ: إِنَّ جَدِّي وَجَدَّكَ وَاحِدٌ، وَإِنَّ اللَّهَ أَنْكَحَكَ إِيَّايَ مِنَ السَّمَاءِ، وَإِنَّ السَّفِيرَ فِي ذَلِكَ جِبْرِيلُ. وَرُوِيَ عَنْ زَيْنَبَ أَنَّهَا قَالَتْ: لَمَّا وَقَعْتُ فِي قَلْبَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمْ يَسْتَطِعْنِي زَيْدٌ، وَمَا أَمْتَنِعُ مِنْهُ غَيْرَ مَا يَمْنَعُهُ اللَّهُ تَعَالَى مِنِّي فلا يقدر علي. [سورة الأحزاب (٣٣) : الآيات ٣٨ الى ٣٩] مَا كانَ عَلَى النَّبِيِّ مِنْ حَرَجٍ فِيما فَرَضَ اللَّهُ لَهُ سُنَّةَ اللَّهِ فِي الَّذِينَ خَلَوْا مِنْ قَبْلُ وَكانَ أَمْرُ اللَّهِ قَدَراً مَقْدُوراً (٣٨) الَّذِينَ يُبَلِّغُونَ رِسالاتِ اللَّهِ وَيَخْشَوْنَهُ وَلا يَخْشَوْنَ أَحَداً إِلاَّ اللَّهَ وَكَفى بِاللَّهِ حَسِيباً (٣٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (سُنَّةَ اللَّهِ فِي الَّذِينَ خَلَوْا مِنْ قَبْلُ) هَذِهِ مُخَاطَبَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى لِجَمِيعِ الْأُمَّةِ. أَعْلَمَهُمْ أَنَّ هَذَا وَنَحْوَهُ هُوَ السُّنَنُ الْأَقْدَمُ فِي الْأَنْبِيَاءِ أَنْ يَنَالُوا مَا أَحَلَّهُ لَهُمْ، أَيْ سُنَّ لِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ التَّوْسِعَةُ عَلَيْهِ فِي النِّكَاحِ سُنَّةَ الْأَنْبِيَاءِ الْمَاضِيَةِ، كَدَاوُدَ وَسُلَيْمَانَ. فَكَانَ لِدَاوُدَ مِائَةُ امْرَأَةٍ وَثَلَاثُمِائَةِ سُرِّيَّةٍ، وَلِسُلَيْمَانَ ثَلَاثُمِائَةِ امْرَأَةٍ وَسَبْعُمِائَةِ سُرِّيَّةٍ. وَذَكَرَ الثَّعْلَبِيُّ عَنْ مُقَاتِلٍ وَابْنِ الْكَلْبِيِّ أَنَّ الْإِشَارَةَ إِلَى دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، حَيْثُ جَمَعَ اللَّهُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ مَنْ فُتِنَ بِهَا.
(١). راجع ج ٣ ص ٧٢ فما بعدها. (٢). السرق (بفتحتين): شقق الحرير الأبيض.

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