Sixièmement –
L’imâm Abû al-Qâsim ‘Abd ar-Raḥmân as-Suhaylî – qu’Allâh l’agrée – a dit :
On appelait Zayd « fils de Muḥammad » jusqu’à la révélation de la Parole : « Appelez-les d’après leurs pères » (Al-Aḥzâb, 5). Il déclara alors : « Je suis Zayd fils de Ḥârithah », et il lui fut interdit de dire : « Je suis Zayd fils de Muḥammad ». Lorsque cet honneur et cette fierté lui furent retirés, et qu’Allâh – qui connaissait l’affliction que cela lui causait – voulut le gratifier d’un privilège qu’Il n’accorda à aucun autre Compagnon, Il fit mention de lui nommément dans le Coran, disant : « Puis, lorsque Zayd eut tiré d’elle ce qu’il désirait » – c’est-à-dire de Zaynab. Quiconque est cité par son nom dans le Noble Rappel, et dont le nom devient ainsi Qurʾân récité dans les miḥrâb, se voit accorder la plus haute distinction. Cela constitua pour lui une consolation et une compensation à la gloire qu’il éprouvait d’être attribué comme fils à Muḥammad ﷺ. Ne vois-tu pas les paroles d’Ubayy ibn Kaʿb lorsque le Prophète ﷺ lui dit : « Allâh m’a ordonné de te réciter telle sourate », et qu’il se mit à pleurer en disant : « Ai-je donc été mentionné là-bas ? » Il pleurait de joie parce qu’Allâh – Très-Exalté – l’avait cité. Que dire alors de celui dont le nom est devenu verset coranique, récité à jamais, que les gens du bas-monde psalmodient lorsqu’ils lisent le Livre, et que les gens du Paradis réciteront éternellement ! Il demeure constamment sur les langues des croyants, tout comme il reste spécialement mentionné auprès du Seigneur des mondes, puisque le Coran est la Parole ancienne d’Allâh, impérissable. Ainsi, le nom de Zayd figure dans les « feuillets honorés, élevés et purifiés » ; les nobles scribes vertueux le citent lors de la récitation. Aucune autre personne croyante – hormis un Prophète – n’a bénéficié d’un tel privilège ; pour Zayd ibn Ḥârithah, cela fut une compensation divine pour ce qui lui avait été ôté.
De plus, le verset ajoute : « lorsque tu disais à celui qu’Allâh avait comblé de bienfaits », c’est-à-dire du bienfait de la foi, indiquant ainsi qu’il fait partie des gens du Paradis, et il l’a su avant même de mourir : voilà encore un mérite supplémentaire.
Septièmement –
Quant au terme divin « waṭaran » : le waṭar désigne tout besoin qu’une personne tient à satisfaire ; son pluriel est awṭâr. Ibn ʿAbbâs a dit : cela signifie qu’il a obtenu ce qu’il souhaitait, à savoir l’union conjugale. Il y a ici un élément sous-entendu : « lorsqu’il eut satisfait son désir d’elle et la répudia, Nous te l’avons donnée en mariage ». La lecture des Gens de la Maison est : « Je te l’ai donnée en mariage ». D’autres ont dit que le waṭar désigne le divorce même ; c’est l’avis de Qatâdah.
Huitièmement –
Certains, s’appuyant sur ce verset ainsi que sur la parole de Chuʿayb : « Je veux te marier [ma fille] » (Al-Qaṣaṣ, 27), ont déduit que, dans la formulation des dots, l’ordre approprié devrait être : « marie-la-lui », en avançant