Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les savants vérificateurs parmi les exégètes et les ulémas fermement établis dans la science – tels que az-Zuhrî, le Qâdî Bakr b. al-‘Alâ’ al-Qushayrî, le Qâdî Abû Bakr b. al-‘Arabî et d’autres encore – se sont prononcés à ce sujet.

Quant à la parole du Très-Haut : « … et tu redoutais les gens », elle vise uniquement l’agitation que les hypocrites allaient propager, à savoir : « Il a interdit d’épouser les femmes des fils et voilà qu’il épouse l’épouse de son fils. »

S’agissant de ce qui a été rapporté selon lequel le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – aurait éprouvé de l’inclination pour Zaynab, l’épouse de Zayd, et que certains libertins ont même employé le terme « tomba amoureux », cela ne provient que d’un ignorant de l’infaillibilité du Prophète – paix et salut sur lui – à l’égard de tout semblable propos, ou d’une personne qui manque de vénération à son égard.

At-Tirmidhî al-Hakîm, dans ses Nawâdir al-Uṣûl, rapporte avec chaîne de transmission la parole de ‘Alî b. al-Ḥusayn : celui-ci fit paraître de son trésor de science une perle parmi les perles, un joyau parmi les joyaux : en vérité Allâh ne lui adressa un reproche qu’en ceci : Il l’avait informé que cette femme ferait partie de ses épouses. Comment donc, après cela, a-t-il pu dire à Zayd : « Garde pour toi ton épouse », alors que la crainte des gens t’avait étreint, de peur qu’ils ne disent : « Il a épousé la femme de son fils » ? Or Allâh est plus digne que tu Le craignes.

An-Naḥḥâs rapporte l’avis de certains savants : il ne s’agit nullement là d’une faute du Prophète – paix et salut sur lui –, ne vois-tu pas qu’il ne reçut aucun ordre de se repentir ni de demander pardon ? Il peut arriver qu’un acte ne soit pas fautif, mais qu’un autre lui soit préférable ; il cacha donc l’affaire en lui-même, redoutant que les gens ne soient troublés.

Deuxièmement, Ibn al-‘Arabî dit : si l’on demande : « Pour quelle raison lui a-t-il dit : “Garde ton épouse” alors que Dieu l’avait informé qu’elle deviendrait sa propre épouse ? » – nous répondons : le Prophète voulait éprouver chez Zayd ce qu’Allâh ne lui avait pas révélé : son désir de la conserver ou au contraire de s’en détourner. Zayd manifesta alors une aversion et une répugnance à son égard que le Prophète n’avait pas perçue auparavant.

Si l’on objecte encore : « Comment lui ordonne-t-il de la maintenir alors qu’il sait que la séparation est inéluctable ? N’y a-t-il pas là contradiction ? » – nous rétorquons : au contraire, la démarche est saine, car elle poursuit de nobles desseins : établir la preuve et dévoiler l’issue. Ne vois-tu pas qu’Allâh ordonne au serviteur d’embrasser la foi alors qu’Il sait qu’il ne croira pas ? La divergence entre l’objet de l’injonction et l’objet de la science ne fait donc, ni en raison ni en droit, obstacle à l’ordre divin.

Ceci relève d’un savoir précieux ; assurez-vous de le comprendre et de l’accueillir. Quant à Sa parole : « … et crains Allâh », elle signifie : crains-Le dans le fait de la répudier ; ne la répudie donc pas. Il s’agit d’une interdiction de recommandation (tanzîh), non d’interdiction catégorique (taḥrîm), car il est préférable de ne pas divorcer. D’autres ont dit : « Crains Allâh », c’est-à-dire : ne la dénigre pas en évoquant son lignage.

عَلَيْهِ أَهْلُ التَّحْقِيقِ مِنَ الْمُفَسِّرِينَ وَالْعُلَمَاءِ الرَّاسِخِينَ، كَالزُّهْرِيِّ وَالْقَاضِي بَكْرِ بْنِ الْعَلَاءِ «١» الْقُشَيْرِيِّ، وَالْقَاضِي أبي بكر بن الْعَرَبِيِّ وَغَيْرِهِمْ. وَالْمُرَادُ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَتَخْشَى النَّاسَ" إِنَّمَا هُوَ إِرْجَافُ الْمُنَافِقِينَ بِأَنَّهُ نَهَى عَنْ تَزْوِيجِ نِسَاءِ الْأَبْنَاءِ وَتَزَوَّجَ بِزَوْجَةِ ابْنِهِ. فَأَمَّا مَا رُوِيَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَوِيَ زَيْنَبَ امْرَأَةَ زَيْدٍ وَرُبَّمَا أَطْلَقَ بَعْضُ الْمُجَّانِ لَفْظَ عَشِقَ فَهَذَا إِنَّمَا يَصْدُرُ عَنْ جَاهِلٍ بِعِصْمَةِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ مِثْلِ هَذَا، أَوْ مُسْتَخِفٍّ بِحُرْمَتِهِ. قَالَ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ فِي نَوَادِرَ الْأُصُولِ، وَأَسْنَدَ إِلَى عَلِيِّ بْنِ الْحُسَيْنِ قَوْلَهُ: فَعَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ جَاءَ بِهَذَا مِنْ خِزَانَةِ الْعِلْمِ جَوْهَرًا مِنَ الْجَوَاهِرِ، وَدُرًّا مِنَ الدُّرَرِ، أَنَّهُ إِنَّمَا عَتَبَ اللَّهُ عَلَيْهِ فِي أَنَّهُ قَدْ أَعْلَمَهُ أَنْ سَتَكُونُ هَذِهِ مِنْ أَزْوَاجِكَ، فَكَيْفَ قَالَ بَعْدَ ذَلِكَ لِزَيْدٍ: (أَمْسِكْ عَلَيْكَ زَوْجَكَ) وَأَخَذَتْكَ خَشْيَةُ النَّاسِ أَنْ يَقُولُوا: تَزَوَّجَ امْرَأَةَ ابْنِهِ، وَاللَّهُ أَحَقُّ أَنْ تَخْشَاهُ. وَقَالَ النَّحَّاسُ: قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: لَيْسَ هَذَا مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَطِيئَةً، أَلَا تَرَى أَنَّهُ لَمْ يُؤْمَرْ بِالتَّوْبَةِ وَلَا بِالِاسْتِغْفَارِ مِنْهُ. وَقَدْ يَكُونُ الشَّيْءُ لَيْسَ بِخَطِيئَةٍ إِلَّا أَنَّ غَيْرَهُ أَحْسَنُ مِنْهُ، وَأَخْفَى ذَلِكَ فِي نَفْسِهِ خَشْيَةَ أَنْ يُفْتَتَنَ النَّاسُ. الثَّانِيَةُ: قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: فَإِنْ قِيلَ لِأَيِّ مَعْنًى قَالَ لَهُ: (أَمْسِكْ، عَلَيْكَ زَوْجَكَ) وَقَدْ أَخْبَرَهُ اللَّهُ أَنَّهَا زَوْجُهُ. قُلْنَا: أَرَادَ أَنْ يَخْتَبِرَ مِنْهُ مَا لَمْ يُعْلِمْهُ اللَّهُ مِنْ رَغْبَتِهِ فِيهَا أَوْ رَغْبَتِهِ عَنْهَا، فَأَبْدَى لَهُ زَيْدٌ مِنَ النُّفْرَةِ عَنْهَا وَالْكَرَاهَةِ فِيهَا مَا لَمْ يَكُنْ عَلِمَهُ مِنْهُ فِي أَمْرِهَا. فَإِنْ قِيلَ: كَيْفَ، يَأْمُرُهُ بِالتَّمَسُّكِ بِهَا وَقَدْ عَلِمَ أَنَّ الْفِرَاقَ لَا بُدَّ مِنْهُ؟ وَهَذَا تَنَاقُضٌ. قُلْنَا: بَلْ هُوَ صَحِيحٌ لِلْمَقَاصِدِ الصَّحِيحَةِ، لِإِقَامَةِ الْحُجَّةِ وَمَعْرِفَةِ الْعَاقِبَةِ، أَلَا تَرَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَأْمُرُ الْعَبْدَ بِالْإِيمَانِ وَقَدْ عَلِمَ أَنَّهُ لَا يُؤْمِنُ، فَلَيْسَ فِي مُخَالَفَةِ مُتَعَلَّقِ الْأَمْرِ لِمُتَعَلَّقِ الْعِلْمِ مَا يَمْنَعُ مِنَ الْأَمْرِ بِهِ عَقْلًا وَحُكْمًا. وَهَذَا مِنْ نَفِيسِ الْعِلْمِ فَتَيَقَّنُوهُ وَتَقَبَّلُوهُ وَقَوْلُهُ: " وَاتَّقِ اللَّهَ" أَيْ فِي طَلَاقِهَا، فَلَا تُطَلِّقْهَا. وَأَرَادَ نَهْيَ تَنْزِيهٍ لَا نَهْيَ تَحْرِيمٍ، لِأَنَّ الْأَوْلَى أَلَّا يُطَلِّقَ. وَقِيلَ: " اتَّقِ اللَّهَ" فَلَا تَذُمَّهَا بِالنِّسْبَةِ
(١). هو القاضي بكر بن محمد بن العلاء القشيري الفقيه المالكي ولي قضاء العراق. له كتاب في الأحكام والرد على المزني والأشربة ورد فيه على الطحاوي وكتاب في الأصول والرد على القدرية والرد على الشافعي. توفى سنة ٣٤٣ هـ (الوافي بالوفيات للصفدي).

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