Muqâtil a dit : Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — donna Zaynab bint Jahsh en mariage à Zayd, et elle demeura auprès de lui quelque temps. Un jour, le Prophète vint chercher Zayd ; il aperçut alors Zaynab debout : elle était d’un teint clair, d’une grande beauté, bien faite, comptant parmi les plus accomplies des femmes de Quraych. Il fut touché par sa grâce et s’exclama :
« Gloire à Allah, Lui qui retourne les cœurs ! »
Zaynab entendit cette glorification et en fit part à Zayd. Celui-ci comprit alors et dit : « Ô Messager d’Allah, permets-moi de la répudier, car elle fait preuve d’orgueil ; elle se montre supérieure à moi et me blesse par ses paroles. » Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — lui répondit :
« Garde pour toi ton épouse et crains Allah. »
On raconte également qu’Allah envoya un vent qui souleva le rideau ; Zaynab, vêtue de ses habits domestiques, se trouvait chez elle. Le Prophète la vit, et elle s’imprima dans son cœur ; de son côté, Zaynab comprit qu’elle avait trouvé place dans le cœur du Prophète lorsqu’il était venu chercher Zayd. Elle en informa donc ce dernier, et il conçut alors l’idée de la divorcer.
Ibn ʿAbbâs a dit au sujet du verset : « Et tu cachais en toi… » : il s’agit de l’amour que tu lui portais. Quant à « …et tu redoutais les gens », c’est-à-dire que tu éprouvais de la gêne devant eux — et l’on a dit aussi : tu craignais le blâme des musulmans si tu lui avais dit : « Répudie-la », et qu’ils disaient ensuite : « Il a ordonné à un homme de divorcer de son épouse, puis il l’a épousée après qu’il l’eut répudiée. »
« Mais Allah est plus digne que tu Le craignes » en toute circonstance.
Il a encore été dit : Allah est plus digne que tu aies honte devant Lui ; ne commande donc pas à Zayd de garder son épouse alors qu’Allah t’a informé qu’elle serait la tienne. Ainsi Allah le réprimanda pour tout cela.
On rapporte d’al-Ḥusayn ibn ʿAlî que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — avait reçu la révélation qu’un jour Zayd divorcerait de Zaynab et qu’il l’épouserait, lui, par le décret même d’Allah. Lorsque Zayd vint se plaindre au Prophète du comportement de Zaynab, de sa désobéissance, et l’informa de son intention de la répudier, le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — lui dit, par politesse et par conseil :
« Crains Allah dans tes propos et garde pour toi ton épouse. »
Le Prophète savait pourtant qu’ils se sépareraient et qu’il l’épouserait ; c’est cela qu’il dissimulait en lui-même. Il ne voulut pas ordonner explicitement la répudiation sachant qu’il l’épouserait par la suite, et il redouta le qu’en-dira-t-on, à savoir qu’il épouse Zaynab après Zayd — son affranchi — alors même qu’il lui aurait ordonné de la répudier. Allah, exalté soit-Il, le réprimanda pour cette crainte des gens, concernant une chose qu’Allah lui avait pourtant rendue licite, lorsqu’il lui dit : « Garde [ton épouse] », bien qu’il sût qu’elle serait divorcée. Il lui fit savoir qu’Allah est plus digne d’être craint, en toute situation.
Nos savants — qu’Allah leur fasse miséricorde — ont dit : tel est le meilleur avis qui ait été avancé pour l’interprétation de ce verset, et c’est celui qui