Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — nous maria à un autre que lui ; c’est pour cette raison que le verset fut révélé. Ils finirent alors par accepter le mariage avec Zayd, a rapporté Ibn Zayd.

Al-Ḥasan a dit : « Il n’appartient ni à un croyant ni à une croyante, lorsque Allah – le Très-Puissant, le Très-Glorieux – et Son Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue — ordonnent une chose, de leur désobéir. »

Deuxièmement : les expressions « مَا كَانَ (“il ne convient pas”) » et « مَا يَنْبَغِي (“il ne sied pas”) », et ce qui leur ressemble, expriment l’interdiction et la prohibition. Elles servent à proscrire une chose et à juger qu’elle n’existe pas ou ne doit pas exister, comme c’est le cas dans ce verset. Il se peut que l’impossibilité évoquée soit rationnelle, comme dans la parole du Très-Haut : « Il ne vous appartient pas de faire pousser son arbre » (Les Fourmis, 60). Elle peut aussi être connue comme impossible légalement, tel que : « Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui donne le Livre, la sagesse et la prophétie… » ou encore : « Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui parle sinon par révélation ou de derrière un voile » (La Consultation, 51). Cette tournure peut également s’employer pour ce qui est recommandé, comme lorsque l’on dit : « Il ne convient pas, untel, de délaisser les prières surérogatoires », et semblables formules.

Troisièmement : ce verset constitue une preuve – mieux, un texte explicite – que la notion de « compatibilité » (kafāʾa) en mariage ne se considère pas selon la noblesse des lignées mais selon la religion, à l’encontre de l’avis de Mâlik, d’aš-Šâfiʿî, d’al-Mughīra et de Saḥnûn. En effet, des affranchis (mawālī) épousèrent des femmes quraychites : Zayd épousa Zaynab bint Jaḥsh ; al-Miqdād b. al-Aswad épousa Ḍubāʿa bint az-Zubayr ; Abū Ḥudhayfa maria Sâlim à Fâṭima bint al-Walīd b. ʿUtba ; et Bilâl épousa la sœur de ʿAbd ar-Raḥmân b. ʿAwf. Cette signification a déjà été exposée en d’autres passages.

Quatrièmement : dans la parole du Très-Haut « … qu’ils aient encore le choix dans leur affaire » (an yakūna lahumu al-khiyara min amrihim), les koufiens lisent « an yakūna » avec le yâʾ (ي), lecture qu’a préférée Abū ʿUbayd, car elle sépare le féminin du verbe. Les autres la lisent avec le tâʾ (ت) parce que le mot « الخِيَرَةُ » est féminin et que féminiser le verbe lui convient. Le masculin se justifie si l’on considère « الخِيَرَةُ » au sens de « التخيير » (le fait de choisir), ce qui en fait un nom verbal (maṣdar). Ibn as-Ṣamayqaʿ l’a lue « الخِيرَةَ » en faisant laḫn avec soukûn du yâʾ.

Ce verset s’inscrit dans la parole du Très-Haut : « Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’eux-mêmes » (Les Coalisés, 6). Puis Allah — exalté soit-Il — menace et informe que quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s’égare bel et bien.

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَزَوَّجَنَا غَيْرَهُ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ بِسَبَبِ ذَلِكَ، فَأَجَابَا إِلَى تَزْوِيجِ زَيْدٍ، قَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ. وَقَالَ الْحَسَنُ: لَيْسَ لِمُؤْمِنٍ وَلَا مُؤْمِنَةٍ إِذَا أَمَرَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ وَرَسُولُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِأَمْرٍ أَنْ يَعْصِيَاهُ. الثَّانِيَةُ: لَفْظَةُ " مَا كَانَ، وَمَا يَنْبَغِي" وَنَحْوِهِمَا، مَعْنَاهَا الْحَظْرُ وَالْمَنْعُ. فَتَجِيءُ لِحَظْرِ الشَّيْءِ وَالْحُكْمِ بِأَنَّهُ لَا يَكُونُ، كَمَا فِي هَذِهِ الْآيَةِ. وَرُبَّمَا كَانَ امْتِنَاعُ ذَلِكَ الشَّيْءِ عَقْلًا كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " مَا كانَ لَكُمْ أَنْ تُنْبِتُوا شَجَرَها" «١» [النمل: ٦٠] . وَرُبَّمَا كَانَ الْعِلْمُ بِامْتِنَاعِهِ شَرْعًا كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " مَا كانَ لِبَشَرٍ أَنْ يُؤْتِيَهُ اللَّهُ الْكِتابَ وَالْحُكْمَ وَالنُّبُوَّةَ" «٢» ، وَقَوْلِهِ تَعَالَى: (وَما كانَ لِبَشَرٍ أَنْ يُكَلِّمَهُ اللَّهُ إِلَّا وَحْياً أَوْ مِنْ وَراءِ حِجابٍ) «٣» [الشورى: ٥١] . وَرُبَّمَا كَانَ فِي الْمَنْدُوبَاتِ، كَمَا تَقُولُ: مَا كَانَ لَكَ يَا فُلَانُ أَنْ تَتْرُكَ النَّوَافِلَ، وَنَحْوَ هَذَا. الثَّالِثَةُ- فِي هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ بَلْ نَصٌّ فِي أَنَّ الْكَفَاءَةَ لَا تُعْتَبَرُ فِي الْأَحْسَابِ وَإِنَّمَا تُعْتَبَرُ فِي الْأَدْيَانِ، خِلَافًا لِمَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَالْمُغِيرَةِ وَسَحْنُونٍ. وَذَلِكَ أَنَّ الْمَوَالِيَ تَزَوَّجَتْ فِي قُرَيْشٍ، تَزَوَّجَ زَيْدٌ زَيْنَبَ بِنْتَ جَحْشٍ. وَتَزَوَّجَ الْمِقْدَادُ بْنُ الْأَسْوَدِ ضُبَاعَةَ بِنْتَ الزُّبَيْرٍ. وَزَوَّجَ أَبُو حُذَيْفَةَ سَالِمًا مِنْ فَاطِمَةَ «٤» بِنْتِ الْوَلِيدِ بْنِ عُتْبَةَ. وَتَزَوَّجَ بِلَالٌ أُخْتَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا الْمَعْنَى فِي غَيْرِ «٥» مَوْضِعٍ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَنْ يَكُونَ لَهُمُ الْخِيَرَةُ مِنْ أَمْرِهِمْ" قَرَأَ الْكُوفِيُّونَ: " أَنْ يَكُونَ" بِالْيَاءِ. وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ، لِأَنَّهُ قَدْ فَرَّقَ بَيْنَ الْمُؤَنَّثِ وَبَيْنَ فِعْلِهِ. الْبَاقُونَ بِالتَّاءِ، لِأَنَّ اللَّفْظَ مُؤَنَّثٌ [فَتَأْنِيثُ] فِعْلِهِ حَسَنٌ. وَالتَّذْكِيرُ عَلَى أَنَّ الْخِيَرَةَ بِمَعْنَى التَّخْيِيرِ، فَالْخِيَرَةُ مَصْدَرٌ بِمَعْنَى الِاخْتِيَارِ. وَقَرَأَ ابْنُ السَّمَيْقَعِ " الْخِيرَةَ" بِإِسْكَانِ الْيَاءِ. وَهَذِهِ الْآيَةُ فِي ضِمْنِ قَوْلِهِ تَعَالَى: " النَّبِيُّ أَوْلى بِالْمُؤْمِنِينَ مِنْ أَنْفُسِهِمْ" «٦» [الأحزاب: ٦] . ثم توعد تعالى وأخبر أن من يعصى الله ورسوله فقد ضل.
(١). راجع ج ١٣ ص ٢٢١. (٢). راجع ج ٤ ص ١٢١. (٣). راجع ج ١٦ ص ٥٣. (٤). في الأصول وابن العربي: (هند) والتصويب عن كتب الصحابة. (٥). راجع ج ٣ ص ٦٩ وج ١٣ ص ٢٧٨. (٦). راجع ص ١٢١ من هذا الجزء.

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