[Sourate al-Ahzâb (33), verset 35]
« En vérité, les hommes musulmans et les femmes musulmanes, les hommes croyants et les femmes croyantes, les hommes dévoués et les femmes dévouées, les hommes véridiques et les femmes véridiques, les hommes patients et les femmes patientes, les hommes humbles et les femmes humbles, les hommes charitables et les femmes charitables, les hommes jeûneurs et les femmes jeûneuses, les hommes qui préservent leur chasteté et les femmes qui la préservent, les hommes qui se rappellent Allah abondamment et les femmes qui se rappellent (Allah), Allah leur a préparé un pardon et une immense récompense. »
Il y a dans ce passage deux questions :
Premièrement : At-Tirmidhî rapporte, d’après Umm ‘Umârah al-Ansâriyya, qu’elle se présenta au Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – et lui dit : « Je ne vois que tout est (mentionné) pour les hommes, tandis que je ne vois pas les femmes rappelées en quoi que ce soit ! » Alors ce verset fut révélé : « En vérité, les hommes musulmans et les femmes musulmanes… » – jusqu’à la fin. Ce hadith est jugé bon et singulier (ḥasan gharîb).
« Al-muslimîn » est le nom de la particule « inna ». « Al-muslimât » lui est coordonné. Les grammairiens de Baṣra permettent aussi que ces termes soient au nominatif, tandis qu’al-Farrâ’ ne l’admet que lorsqu’aucune marque d’i‘râb ne se distingue.
Deuxièmement : Dans ce verset, le Très-Haut commence par l’Islam, qui englobe la foi et les actes des membres, puis Il mentionne la foi de façon particulière pour souligner qu’elle constitue l’essence et le pilier de l’Islam.
• Al-qânit : le serviteur adorateur et obéissant.
• As-ṣâdiq : celui qui reste véridique et fidèle à ce qu’il s’est engagé à accomplir.
• As-ṣâbir : celui qui patiente vis-à-vis des passions et persévère dans l’obéissance, aussi bien dans la contrainte que dans l’aisance(1).
• Al-khâshi‘ : celui qui craint Allah avec humilité.
• Al-mutasaddiq : celui qui fait l’aumône obligatoire et surérogatoire – certains ne l’appliquent qu’à l’aumône obligatoire, mais la première interprétation est plus élogieuse. Il en est de même pour « le jeûneur ».
« Les hommes qui préservent leur chasteté et les femmes qui la préservent » : c’est-à-dire de tout ce qui est illicite, comme la fornication et autres.
Dans l’expression « wal-ḥâfiẓât », il y a une ellipse sous-entendue par ce qui précède, à savoir : « et les femmes qui la préservent » ; on s’est contenté du complément déjà mentionné. Il en est de même pour « wal-dhâkirât ».
Comparable est la parole du poète :
(1) Al-mukrah (avec la mîm ouverte) : ce qui est déplaisant ; al-manshaṭ : ce pour quoi l’on est disposé, que l’on accomplit avec entrain ; c’est un substantif verbal signifiant « élan, activité ».