Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

At-Ṭabarī rapporte de lui qu’« il serait ajouté à son châtiment deux peines semblables, ce qui porterait le total à trois châtiments ». At-Ṭabarī a jugé ce propos faible, et, de fait, il n’est pas exact – même si, sur le plan purement lexical, un tel sens reste envisageable. Le fait que la récompense soit, elle, accordée deux fois suffit à invalider cette opinion, car le châtiment infligé pour l’indécence correspond à la récompense accordée pour l’obéissance, ainsi que l’a noté Ibn ʿAṭiyya.

An-Naḥḥās rapporte qu’Abū ʿAmr a distingué entre les deux formes verbales « yuḍāʿafu » et « yuḍaʿʿafu ». Selon lui, « yuḍāʿafu » renvoie à une multiplicité de fois, alors que « yuḍaʿʿafu » signifie deux fois, et il lisait ici « yuḍaʿʿafu » pour cette raison.
Abū ʿUbayda a dit, à propos de l’expression : « yuḍāʿaf lahā l-ʿadhābu » : « le châtiment lui sera porté à trois peines ».
An-Naḥḥās rétorque : « La distinction avancée par Abū ʿAmr et Abū ʿUbayda n’est connue d’aucun linguiste – pour autant que je sache –, et le sens des deux formes “yuḍāʿafu” et “yuḍaʿʿafu” est identique : le châtiment est porté au double. Ainsi dit-on : “Si tu me donnes un dirham, je t’en rends le double”, c’est-à-dire l’équivalent, deux dirhams.

La parole divine : « Nous lui accorderons sa récompense deux fois » prouve cela, et le châtiment ne saurait être plus grand que la récompense. Ailleurs, Il dit : « Inflige-leur un châtiment doublé » (Al-Aḥzāb, 68), c’est-à-dire deux fois. Maʿmar a rapporté de Qatāda, à propos de « yuḍāʿaf lahā l-ʿadhābu ḍiʿfayni » : « il s’agit du châtiment d’ici-bas et du châtiment de l’au-delà ».
Al-Qušayrī Abū Naṣr estime, quant à lui, que le terme « ḍiʿfayn » signifie simplement « deux fois », puisque Allah dit : « Nous lui accorderons sa récompense deux fois ».

S’agissant des dispositions testamentaires : si quelqu’un lègue à une personne « ḍiʿfay » la part de son propre enfant, cela revient, dans l’usage courant, à lui attribuer trois fois cette part, car les testaments suivent les conventions des gens. Or la parole d’Allah doit être expliquée selon la langue des Arabes ; or, dans cette langue, « ḍiʿf » désigne « l’équivalent ou plus » et n’est pas limité au simple double. On dit : « Ceci est le ḍiʿf de cela », c’est-à-dire son équivalent ; ou : « Ceci en est les deux ḍiʿf », c’est-à-dire deux fois son équivalent. Le terme « ḍiʿf » implique donc, à l’origine, une augmentation non déterminée. Allah – Très-Haut – dit : « Ceux-là auront la rétribution du ḍiʿf » (Sabaʾ, 37), sans vouloir dire un multiple précis. Telle est l’explication d’Al-Azhari.
Il a déjà été question, dans la sourate « An-Nūr », de la divergence concernant la peine encourue par quiconque accuserait l’une d’entre elles sans preuve – louange à Allah.

Troisièmement : Abū Rāfiʿ rapporte : « ʿUmar – qu’Allah l’agrée – lisait fréquemment les sourates Yūsuf et Al-Aḥzāb dans la prière de l’aube, et lorsqu’il arrivait au verset : “Ô femmes du Prophète”, il haussait la voix. On l’interrogea à ce sujet et il répondit : “Je leur rappelle ainsi le pacte”. »
La majorité des lecteurs récitent « man yaʾti » avec le yāʾ (3ᵉ personne), et de même « man yaqnut », conformément à la forme verbale.

حَكَى الطَّبَرِيُّ عَنْهُ، فَيُضَافُ إِلَيْهِ عَذَابَانِ مِثْلُهُ فَيَكُونُ ثَلَاثَةَ أَعْذِبَةٍ. وَضَعَّفَهُ الطَّبَرِيُّ. وَكَذَلِكَ هُوَ غَيْرُ صَحِيحٍ وَإِنْ كَانَ، لَهُ بِاللَّفْظِ تَعَلُّقُ الِاحْتِمَالِ. وَكَوْنُ الْأَجْرِ مَرَّتَيْنِ مِمَّا يُفْسِدُ هَذَا الْقَوْلَ، لِأَنَّ الْعَذَابَ فِي الْفَاحِشَةِ بِإِزَاءِ الْأَجْرِ في الطاعة، قاله ابْنُ عَطِيَّةَ. وَقَالَ النَّحَّاسُ: فَرَّقَ أَبُو عَمْرٍو بَيْنَ " يُضَاعَفُ وَيُضَعَّفُ" قَالَ: " يُضَاعَفُ" لِلْمِرَارِ الْكَثِيرَةِ. وَ " يُضَعَّفُ" مَرَّتَيْنِ. وَقَرَأَ " يُضَعَّفُ" لِهَذَا. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: " يُضاعَفْ لَهَا الْعَذابُ" يُجْعَلُ ثَلَاثَةَ أَعْذِبَةٍ. قَالَ النَّحَّاسُ: التَّفْرِيقُ الَّذِي جَاءَ بِهِ أَبُو عَمْرٍو وَأَبُو عُبَيْدَةَ لَا يَعْرِفُهُ أَحَدٌ مِنْ أَهْلِ اللُّغَةِ عَلِمْتُهُ، وَالْمَعْنَى فِي " يُضَاعَفُ وَيُضَعَّفُ" وَاحِدٌ، أَيْ يُجْعَلُ ضِعْفَيْنِ، كَمَا تَقُولُ: إِنْ دَفَعْتَ إِلَيَّ دِرْهَمًا دَفَعْتُ إِلَيْكَ ضِعْفَيْهِ، أَيْ مِثْلَيْهِ، يَعْنِي دِرْهَمَيْنِ. وَيَدُلُّ عَلَى هَذَا " نُؤْتِها أَجْرَها مَرَّتَيْنِ" وَلَا يَكُونُ الْعَذَابُ أَكْثَرَ مِنَ الْأَجْرِ. وَقَالَ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ " آتِهِمْ ضِعْفَيْنِ مِنَ الْعَذابِ" «١» [الأحزاب: ٦٨] أَيْ مِثْلَيْنِ. وَرَوَى مَعْمَرٌ عَنْ قَتَادَةَ " يُضاعَفْ لَهَا الْعَذابُ ضِعْفَيْنِ" قَالَ: عَذَابُ الدُّنْيَا وَعَذَابُ الْآخِرَةِ. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ: الظَّاهِرُ أَنَّهُ أَرَادَ بِالضِّعْفَيْنِ الْمِثْلَيْنِ، لِأَنَّهُ قَالَ: " نُؤْتِها أَجْرَها مَرَّتَيْنِ،" . فَأَمَّا فِي الْوَصَايَا، لَوْ أَوْصَى لِإِنْسَانٍ بِضِعْفَيْ نَصِيبِ وَلَدِهِ فَهُوَ وَصِيَّةٌ بِأَنْ يُعْطَى مِثْلَ نَصِيبِهِ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ، فَإِنَّ الْوَصَايَا تَجْرِي عَلَى الْعُرْفِ فِيمَا بَيْنَ النَّاسِ، وَكَلَامُ اللَّهِ يُرَدُّ تَفْسِيرُهُ إِلَى كَلَامِ الْعَرَبِ، وَالضِّعْفُ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ الْمِثْلُ إِلَى مَا زَادَ، وَلَيْسَ بِمَقْصُورٍ عَلَى مِثْلَيْنِ. يُقَالُ: هَذَا ضِعْفُ هَذَا، أَيْ مِثْلُهُ. وَهَذَا ضِعْفَاهُ، أَيْ مِثْلَاهُ، فَالضِّعْفُ فِي الْأَصْلِ زِيَادَةٌ غَيْرُ مَحْصُورَةٍ، قَالَ اللَّهُ تعالى: " فَأُولئِكَ لَهُمْ جَزاءُ الضِّعْفِ" «٢» [سبأ: ٣٧] وَلَمْ يُرِدْ مِثْلًا وَلَا مِثْلَيْنِ. كُلُّ هَذَا قَوْلُ الْأَزْهَرِيِّ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " النُّورِ" الِاخْتِلَافُ فِي حَدِّ مَنْ قَذَفَ وَاحِدَةً مِنْهُنَّ «٣» ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. الثَّالِثَةُ: قَالَ أَبُو رَافِعٍ: كَانَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ كَثِيرًا مَا يَقْرَأُ سُورَةَ يُوسُفَ وَسُورَةَ الْأَحْزَابِ فِي الصُّبْحِ، وَكَانَ إِذَا بَلَغَ " يَا نِساءَ النَّبِيِّ" رَفَعَ بِهَا صَوْتَهُ، فَقِيلَ لَهُ فِي ذَلِكَ فَقَالَ: (أُذَكِّرهُنَّ الْعَهْدَ) . قَرَأَ الْجُمْهُورُ: " مَنْ يَأْتِ" بِالْيَاءِ. وَكَذَلِكَ " مَنْ يَقْنُتْ" حملا على لفظ
(١). راجع ص ٢٥٠ من هذا الجزء. (٢). راجع ص ٣٠٦ من هذا الجزء. (٣). راجع ج ١٢ ص ١٧٦.

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