Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parmi les jurisconsultes, l’avis le plus répandu dans l’école de Mâlik établit une distinction entre la mise en possession (at-tamlîk) et l’offre de choix (at-takhyîr).

En effet, le tamlîk, selon Mâlik, consiste pour l’époux à dire à sa femme : « Je t’ai mis en possession », c’est-à-dire : « Je t’ai cédé la portion du droit de répudiation qu’Allâh m’a conférée : une, deux ou trois répudiations. » Dès lors qu’il lui est permis de ne lui transférer qu’une partie de ce droit sans en céder la totalité, et qu’il le prétend, sa parole est retenue, sous serment, lorsqu’un différend surgit entre eux.

Un groupe de Méditerranéens a soutenu que le mari peut contester tant dans le tamlîk que dans le takhyîr, lorsqu’il s’agit d’une épouse dont le mariage a déjà été consommé. Le premier avis demeure toutefois celui de Mâlik dans la version la plus connue. Ibn Ḫuwayz Mindâd rapporte de Mâlik que le mari peut contester l’épouse mise en choix pour ce qui est des « trois » ; il ne sera alors compté qu’un seul divorce irrévocable, comme l’a jugé Abû Ḥanîfa, opinion partagée par Abû l-Jahm. Saḥnûn dit : « C’est l’avis adopté par la majorité de nos condisciples. »

La synthèse de la doctrine mâlikite est la suivante : si l’épouse mise en choix opte pour elle-même alors que le mariage est consommé, cela équivaut à l’ensemble des divorces (les trois). Même si son mari le renie, son reniement n’est pas recevable. Si elle ne choisit qu’une seule répudiation, rien n’en découle, car le choix porte nécessairement sur la rupture définitive : soit elle l’accepte intégralement, soit elle y renonce. Le takhyîr signifie en effet la libération (tasrîḥ).

Le Très-Haut dit, dans le verset du choix :
« Venez, je vous accorderai une compensation et je vous libérerai d’un renvoi honorable. »
[Sourate al-Aḥzâb, 33 : 28]
Le terme « tasrîḥ » désigne la rupture définitive.

Le Très-Haut dit encore :
« Le divorce est à deux reprises ; ensuite, reprise convenable ou renvoi avec bienfaisance. »
[Sourate al-Baqarah, 2 : 229]
Or le « renvoi avec bienfaisance » correspond à la troisième répudiation, ainsi qu’il en a été rapporté du Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui.

Au regard du sens, les paroles « Choisis-moi » ou « Choisis-toi » impliquent que, si elle se choisit elle-même, il n’a plus prise sur elle et ne détient plus aucun droit, puisqu’il l’a investie du pouvoir de se libérer totalement ou de se maintenir auprès de lui si elle le souhaite. Si donc elle ne prend qu’une partie du divorce, elle n’a pas agi selon la teneur de la formule ; elle se trouve alors semblable à celui à qui l’on propose de choisir entre deux choses et qui en choisit une troisième.

Quant à l’épouse dont le mariage n’a pas été consommé, le mari peut la contester, dans le takhyîr comme dans le tamlîk, si elle réclame plus d’une répudiation, car dans son cas la séparation se produit aussitôt.

Huitièmement – Les récits divergent chez Mâlik quant à la durée pendant laquelle l’épouse conserve ce choix.

Il a dit une première fois : elle garde le choix tant qu’elle demeure dans l’assemblée, avant de se lever ou de se livrer à une activité manifestant son désintérêt. Si elle ne se prononce pas jusqu’à ce qu’ils se séparent, la faculté qui lui avait été accordée devient caduque. C’est l’avis privilégié par la majorité des juristes.

Il a dit, une autre fois : elle conserve indéfiniment le choix tant qu’il n’est pas établi qu’elle y a renoncé, et l’on considère qu’elle y renonce lorsqu’elle se rend disponible pour son époux, par l’acte charnel ou par des attouchements. Dès lors, si elle se refuse à lui et ne choisit rien, il lui est loisible de la saisir devant le juge afin qu’elle prononce ou qu’elle renonce ; et si elle persiste à refuser… (le texte se poursuit).

الْفُقَهَاءِ. وَالْمَشْهُورُ مِنْ مَذْهَبِ مَالِكٍ الْفَرْقُ بَيْنَهُمَا، وذلك أن التمليك عند مالك هو قَوْلُ الرَّجُلِ لِامْرَأَتِهِ: قَدْ مَلَّكْتُكِ، أَيْ قَدْ مَلَّكْتُكِ مَا جَعَلَ اللَّهُ لِي مِنَ الطَّلَاقِ وَاحِدَةً أَوِ اثْنَتَيْنِ أَوْ ثَلَاثًا، فَلَمَّا جَازَ أَنْ يُمَلِّكَهَا بَعْضَ ذَلِكَ دُونَ بَعْضٍ وَادَّعَى ذَلِكَ، كَانَ الْقَوْلُ قَوْلَهَ مَعَ يَمِينِهِ إِذَا نَاكَرَهَا. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ مِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ: لَهُ الْمُنَاكَرَةُ فِي التَّمْلِيكِ وَفِي التَّخْيِيرِ سَوَاءٌ فِي الْمَدْخُولِ بِهَا. وَالْأَوَّلُ قَوْلُ مَالِكٍ فِي الْمَشْهُورِ. وَرَوَى ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادَ. عَنْ مَالِكٍ أَنَّ لِلزَّوْجِ أَنْ يُنَاكِرَ الْمُخَيَّرَةَ فِي الثَّلَاثِ، وَتَكُونَ طَلْقَةً بَائِنَةً كَمَا قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ. وَبِهِ قَالَ أَبُو الْجَهْمِ. قَالَ سَحْنُونٌ: وَعَلَيْهِ أَكْثَرُ أَصْحَابِنَا. وَتَحْصِيلُ مَذْهَبِ مَالِكٍ: أَنَّ الْمُخَيَّرَةَ إِذَا اخْتَارَتْ نَفْسَهَا وَهِيَ مَدْخُولٌ بِهَا فَهُوَ الطَّلَاقُ كُلُّهُ، وَإِنْ أَنْكَرَ زَوْجُهَا فَلَا نُكْرَةَ لَهُ. وَإِنِ اخْتَارَتْ وَاحِدَةً فَلَيْسَ بِشَيْءٍ، وَإِنَّمَا الْخِيَارُ الْبَتَاتُ، إِمَّا أَخَذَتْهُ وَإِمَّا تَرَكَتْهُ، لِأَنَّ مَعْنَى التَّخْيِيرِ التَّسْرِيحُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى فِي آيَةِ التَّخْيِيرِ: " فَتَعالَيْنَ أُمَتِّعْكُنَّ وَأُسَرِّحْكُنَّ سَراحاً جَمِيلًا" «١» فَمَعْنَى التَّسْرِيحِ الْبَتَاتُ، قَالَ اللَّهِ تَعَالَى: " الطَّلاقُ مَرَّتانِ فَإِمْساكٌ بِمَعْرُوفٍ أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسانٍ" [البقرة: ٢٢٩] . وَالتَّسْرِيحُ بِإِحْسَانٍ هُوَ الطَّلْقَةُ الثَّالِثَةُ، رُوِيَ ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَمَا تَقَدَّمَ. وَمِنْ جِهَةِ الْمَعْنَى أَنَّ قَوْلَهُ: اخْتَارِينِي أَوِ اخْتَارِي نَفْسَكِ يَقْتَضِي أَلَّا يَكُونَ لَهُ عَلَيْهَا سَبِيلٌ إِذَا اخْتَارَتْ نَفْسَهَا، وَلَا يَمْلِكُ مِنْهَا شَيْئًا، إِذْ قَدْ جَعَلَ إِلَيْهَا أَنْ تُخْرِجَ مَا يَمْلِكُهُ مِنْهَا أَوْ تُقِيمَ مَعَهُ إِذَا اخْتَارَتْهُ، فَإِذَا اخْتَارَتِ الْبَعْضَ مِنَ الطَّلَاقِ لم تعمل بمقتضى اللفظ، وكانت به بمنزل مَنْ خُيِّرَ بَيْنَ شَيْئَيْنِ فَاخْتَارَ غَيْرَهُمَا. وَأَمَّا الَّتِي لَمْ يُدْخَلْ بِهَا فَلَهُ مُنَاكَرَتُهَا فِي التَّخْيِيرِ وَالتَّمْلِيكِ إِذَا زَادَتْ عَلَى وَاحِدَةٍ، لِأَنَّهَا تبين في الحال. الثامنة- اختلفت الرِّوَايَةُ عَنْ مَالِكٍ مَتَى يَكُونُ لَهَا الْخِيَارُ، فَقَالَ مَرَّةً: لَهَا الْخِيَارُ مَا دَامَتْ فِي الْمَجْلِسِ قَبْلَ الْقِيَامِ أَوِ الِاشْتِغَالِ بِمَا يَدُلُّ عَلَى الْإِعْرَاضِ. فَإِنْ لَمْ تَخْتَرْ وَلَمْ تَقْضِ شَيْئًا حَتَّى افْتَرَقَا مِنْ مَجْلِسِهِمَا بَطَلَ مَا كَانَ مِنْ ذَلِكَ إِلَيْهَا، وَعَلَى هَذَا أَكْثَرُ الْفُقَهَاءِ. وَقَالَ مَرَّةً: لَهَا الْخِيَارُ أَبَدًا مَا لَمْ يُعْلَمْ أَنَّهَا تَرَكَتْ، وَذَلِكَ يُعْلَمُ بِأَنْ تمكنه من نفسها بوطي أَوْ مُبَاشَرَةٍ، فَعَلَى هَذَا إِنْ مَنَعَتْ نَفْسَهَا ولم تختر شيئا كان له رفعها إلى الْحَاكِمِ لِتُوقِعَ أَوْ تُسْقِطَ، فَإِنْ أَبَتْ أَسْقَطَ
(١). راجع ج ٣ ص ١٢٥

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