Deuxième point – Parole du Très-Haut :
« Dis à tes épouses… »
Le Prophète — paix et salut sur lui — eut plusieurs épouses : certaines avec lesquelles il consomma l’union, d’autres dont il n’avait conclu que le contrat sans encore cohabiter, et d’autres enfin qu’il avait simplement demandées en mariage sans que l’union fût menée à terme.
La première d’entre elles fut Khadîdja, fille de Khuwaylid Ibn Asad Ibn ʿAbd al-ʿUzzâ Ibn Quṣayy Ibn Kilâb. Avant d’être son épouse, elle avait été mariée à Abû Hâlah — de son vrai nom Zurâra Ibn an-Nabbâsh al-Asadî —, et auparavant à ʿAtîq Ibn ʿÂʾidh, dont elle eut un fils nommé ʿAbd Manâf. De son union avec Abû Hâlah elle mit au monde Hind Ibn Abî Hâlah, lequel vécut jusqu’à l’époque de la peste et y mourut. On rapporte toutefois que celui qui vécut jusqu’à la peste serait Hind fils de Hind ; sa pleureuse fut entendue, le jour de sa mort, dire : « Ô Hind, fils de Hind ! Ô fils adoptif du Messager d’Allâh ! »
Le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — ne prit aucune autre épouse durant la vie de Khadîdja, jusqu’à son décès. Lorsqu’il l’épousa, elle avait quarante ans. Elle mourut sept années après le début de la Révélation — selon d’autres dix ans —, ou bien alors âgée de soixante-cinq ans. Elle fut la première femme à croire en lui. Tous ses enfants, à l’exception d’Ibrâhîm, naquirent d’elle.
H akîm Ibn Ḥizâm rapporte : « À la mort de Khadîdja, nous la sortîmes de sa demeure et l’ensevelîmes au cimetière d’al-Ḥajûn. Le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — descendit lui-même dans sa fosse, et, à cette époque, il n’existait pas encore de prière funéraire prescrite. »
Parmi ses épouses figure également Sawda, fille de Zamʿa Ibn Qays Ibn ʿAbd Shams al-ʿÂmiriyya. Elle embrassa l’islam très tôt, prêta serment d’allégeance et vivait alors auprès d’un cousin appelé as-Sukrân Ibn ʿAmr, qui s’était lui aussi converti. Tous deux émigrèrent en Abyssinie lors de la seconde hijra. À leur retour à La Mecque, son mari mourut — d’autres disent qu’il décéda en Abyssinie. Une fois son délai de viduité achevé, le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — la demanda et l’épousa, consommant le mariage à La Mecque puis l’emmenant à Médine. Lorsque, plus tard, elle devint âgée, il pensa à la répudier ; elle le supplia de ne pas le faire et de la laisser au nombre de ses épouses, cédant en contrepartie sa nuit à ʿÂʾisha, ainsi qu’il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ. Il la garda donc auprès de lui. Elle mourut à Médine, en Shawwâl de l’an cinquante-quatre de l’Hégire.
Il y eut aussi ʿÂʾisha, fille d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq. Elle avait d’abord été promise à Jubayr Ibn Muṭʿim. Le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — la demanda en mariage ; Abû Bakr dit alors : « Ô Messager d’Allâh, laisse-moi d’abord la retirer de Jubayr en toute délicatesse. » Le Prophète l’épousa ensuite à La Mecque, deux ans avant la Hijra — certains disent trois —, et il consomma l’union avec elle à Médine.