« Ou bien pensiez-vous entrer au Paradis sans que ne vous soit encore venu ce qui advint à ceux qui vous ont précédés ?»
[Al-Baqarah, 2 : 214]
Lorsque les croyants virent les Coalisés le jour du Fossé, ils dirent : « Voilà bien ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis », ainsi l’a rapporté Qatâdah.
Un second propos est transmis par Kathîr b. ʿAbd Allâh b. ʿAmr al-Muzanî, d’après son père, d’après son grand-père : le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – prononça un sermon l’année où l’on mentionna les Coalisés et dit :
« Jibrîl – sur lui la paix – m’a informé que ma Communauté triomphera d’eux, c’est-à-dire des palais de al-Hîrah et des cités de Kisrâ ; réjouissez-vous donc de la victoire ! »
Les musulmans s’en réjouirent et dirent : « Louange à Allah, une promesse véridique ! Il nous a promis la victoire après le siège. »
Lorsque les Coalisés apparaissent, les croyants disent alors : « Voilà bien ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis. » Cela fut rapporté par al-Mâwardî.
L’expression « mâ waʿadanâ » : si l’on prend « mâ » au sens de « ce que », le pronom objet est sous-entendu ; si on la considère comme un nom verbal (masdar), elle n’a pas besoin de retour.
« … et cela ne fit qu’accroître leur foi et leur soumission. »
Al-Farrâ’ dit : la vue même des Coalisés ne fit qu’augmenter leur foi.
ʿAlî b. Sulaymân ajoute : le verbe « ra’â » indique la vision, et le féminin de « ru’yah » n’est pas véritablement littéral ; le sens est : cette vision ne leur accrut que foi en leur Seigneur et soumission à Son décret, ainsi l’expliqua al-Ḥasan. S’il avait été dit « mâ zâdûhum », cela eût également convenu.
Lorsque la situation devint très difficile pour les musulmans et que le séjour dans le fossé se prolongea, le Prophète – sur lui la paix – se tint, certaines nuits, sur la colline où se trouve aujourd’hui la mosquée al-Fatḥ, attendant la victoire qu’Allah lui avait promise, et dit :
« Qui ira nous rapporter leurs nouvelles ? Il aura le Paradis. »
Personne ne lui répondit. Il le répéta une deuxième, puis une troisième fois, et nul ne répondit.
Il tourna alors le regard de côté et dit :
« Qui est-là ? »
Hudhayfah répondit :
« Moi. »
Il lui dit :
« N’as-tu pas entendu mon appel durant la nuit ? »
Hudhayfah dit : « Ô Messager d’Allah, le besoin et le froid m’ont empêché de répondre. »
Le Prophète dit :
« Va, pénètre chez ces gens, écoute leurs propos et rapporte-m’en les nouvelles. Ô Allah, protège-le par devant, par derrière, à sa droite et à sa gauche, jusqu’à ce que Tu le ramènes vers moi. Va, et ne fais rien avant de revenir vers moi. »
Hudhayfah partit donc avec son armement.
Le Messager d’Allah – sur lui la paix – leva alors les mains en disant :
« Ô Toi qui secours les affligés, ô Toi qui exauces les contraints, dissipe mon souci, ma tristesse et mon angoisse ; certes, Tu vois ma situation et celle de mes compagnons. »
Jibrîl descendit et dit :
« Allah a entendu ton invocation et t’a suffi l’épouvante de ton ennemi. »
Le Messager d’Allah – sur lui la paix – tomba alors sur ses genoux, étendit les mains et laissa couler ses larmes en disant :
« Gratitude ! Gratitude ! Comme Tu m’as fait miséricorde ainsi qu’à mes compagnons. »
Jibrîl l’informa ensuite qu’Allah exalté allait déchaîner contre eux un vent ; le Prophète annonça donc cette bonne nouvelle à ses compagnons.