« vers la steppe » (al-bâdiya). On dit également al-bidâwa et al-badâwa, avec kasra ou fatha ; le terme vient de al-badw qui signifie « l’apparition, le fait de se montrer au grand jour ».
« Ils demandent… »
Ya‘qoub, dans la transmission de Rouways, a lu : « yatasâ’alûna ‘an anbâ’ikum » – « ils s’enquièrent de vos nouvelles », c’est-à-dire des nouvelles du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui.
Ils commentent ainsi : « Muhammad et ses compagnons ne seraient-ils pas anéantis ? Abou Soufyân et ses coalisés ne l’auraient-ils pas emporté ? » Autrement dit, ils aimeraient se tenir au désert, se contentant de poser des questions sur vos nouvelles sans assister au combat, tant leur lâcheté est extrême.
Il a été dit encore : Par pure couardise, ils ne cessent d’interroger au sujet des croyants et de savoir s’ils ont subi des pertes.
Il a aussi été rapporté que certains d’entre eux, postés aux confins de Médine et n’ayant pas participé au creusement du fossé, se mettaient à s’informer de votre situation tout en souhaitant la défaite des musulmans.
« Et s’ils étaient avec vous, ils ne combattraient que bien peu », c’est-à-dire en lançant seulement quelques flèches ou quelques pierres, par ostentation et recherche de renommée ; si leur action était vraiment pour Allâh, ce « peu » eût été compté comme beaucoup.
[Sourate al-Ahzâb 33 : 21]
« En effet, vous avez dans le Messager d’Allâh un excellent modèle, pour quiconque espère Allâh et le Jour dernier et invoque Allâh abondamment. »
Ce verset comporte deux points.
Premier point – la Parole du Très-Haut : « Vous avez dans le Messager d’Allâh un excellent modèle. » Il s’agit d’un blâme adressé à ceux qui se sont dispensés du combat ; vous aviez pourtant dans le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui – un exemple lorsqu’il s’est livré lui-même pour soutenir la religion d’Allâh en se rendant à la tranchée. Al-uswa signifie « l’exemple » ou « le modèle ».
‘Âsim a lu « uswatun » avec la hamza dammée (u), les autres lecteurs la prononcent avec kasra (i) ; les deux formes appartiennent à la langue arabe, et, selon al-Farrâ’, leur pluriel est identique. Il explique que le damme, chez ceux qui emploient la kasra pour le singulier, vise à distinguer les mots à voyelle originelle wâw des mots à voyelle originelle yâ’, comme on dit kiswa/kusâ et lihya/luḥâ.
Al-Jawharî dit : uswa et iswa, avec damme ou kasra, sont deux variantes ; leur pluriel est usan ou isan.
‘Uqba b. Ḥassân al-Hajarî rapporte de Mâlik b. Anas, d’après Nâfi‘, d’après Ibn ‘Umar, à propos du verset : « Vous avez dans le Messager d’Allâh un excellent modèle », qu’il concerne la faim endurée par le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui. Abou Bakr al-Khatîb le mentionne et précise : « ‘Uqba b. Ḥassân est le seul à l’avoir rapporté de Mâlik, et je n’en connais la chaîne que sous cette forme. »
Deuxième point – la répétition du terme « uswa ». Al-uswa est l’exemple à suivre ; c’est aussi ce par quoi on se réconforte. On l’imite donc dans l’ensemble de ses actes et l’on se console par son attitude dans toutes les circonstances : son visage fut meurtri, son incisive cassée