Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Yathrib » est en fait la cité de Médine, que le Messager d’Allāh – paix et bénédictions sur lui – a rebaptisée « Ṭaybah » et « Ṭābah ».

Abū ʿUbaydah rapporte : « Yathrib est le nom d’un territoire ; la “ville” (al-Madīnah) n’en est qu’une localité. »

Al-Suhaylī précise : « On l’a appelée Yathrib parce que l’un des Amalécites qui s’y installa se nommait Yathrib b. ʿUmayl b. Mah­lāʾīl b. ʿAwḍ b. ʿImlāq b. Lāwidh b. Iram – certains de ces noms connaissent d’ailleurs des variantes. Les Banū ʿUmayl s’établirent ensuite à al-Juhfah, où les crues les anéantirent ; c’est d’eux que la localité tient son nom. »

« Lā maqāma lakum » (il n’y a pas de séjour possible pour vous) – la majorité lit le terme « maqām » avec le mīm ouvert.

Hafṣ, al-Sulamī, al-Jaḥdarī et Abū Ḥaywah le lisent avec le mīm fermé ; il s’agit alors soit du masdar de « aqāma, yuqīm » signifiant « absence de résidence », soit du lieu même où l’on séjourne. Lu avec la voyelle d’ouverture, le mot devient un nom de lieu : « il n’est point d’endroit où vous puissiez demeurer ».

« Rebroussez chemin » – c’est-à-dire regagnez vos demeures. Ils leur enjoignaient de déserter le camp du Prophète – paix et bénédictions sur lui.

Ibn ʿAbbās rapporte : « Les Juifs dirent à ʿAbd Allāh b. Ubayy b. Salūl et à ses compagnons hypocrites : “Pourquoi iriez-vous vous faire tuer de la main d’Abū Sufyān et des siens ? Revenez donc à la ville ; nous sommes avec ce peuple, et vous serez en sécurité.” »

Parole du Très-Haut : « Et un groupe d’entre eux demande permission au Prophète… » pour retourner à leurs maisons de Médine ; il s’agit, selon Ibn ʿAbbās, des Banū Ḥārithah b. al-Ḥārith.

Yazīd b. Rūmān rapporte pour sa part qu’Ows b. Qay­ẓī formula ces propos au nom d’un comité de son clan.

« Ils disent : “Nos demeures sont sans défense (ʿawrah)” » : c’est-à-dire laissées à l’abandon, vulnérables, non fortifiées, situées en première ligne face à l’ennemi.

D’autres affirment : elles sont exposées aux voleurs, faute d’hommes pour les garder.

On dit d’une maison facile à pénétrer qu’elle est « muʿ­wirah » ou « dhātu ʿawrah ».

On dira encore : « ʿawira al-makān ʿawaran » – l’endroit est « ʿawr » ; « buyūtun ʿawrah » ; « aʿwra fa-huwa muʿwir ».

Selon al-Harawī, tout lieu qui n’est ni protégé ni dissimulé est qualifié de « ʿawrah ».

Ibn ʿAbbās, ʿIkrimah, Mujāhid et Abū Rajāʾ al-ʿAṭāridī lisent « ʿiwratan » (avec la wāw brisée), c’est-à-dire : murailles basses présentant des brèches.

Les Arabes disent : « La demeure d’Untel est ʿawrah » lorsqu’elle n’est pas à l’abri. De même, on dit « aʿwara al-fāris » d’un cavalier dont l’armure laisse paraître une faille aux coups et aux attaques.

Le poète a dit :
« Chaque fois que tu les rencontrerais, tu ne verrais en leur logis nulle ouverture exposée,
ni l’hôte affligé, ni le voisin réduit à la misère. »

وَ " يَثْرِبَ" هِيَ الْمَدِينَةُ، وَسَمَّاهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَيْبَةَ وَطَابَةَ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: يَثْرِبُ اسْمُ أَرْضٍ، وَالْمَدِينَةُ نَاحِيَةٌ مِنْهَا. السُّهَيْلِيُّ: وَسُمِّيَتْ يَثْرِبُ لِأَنَّ الَّذِي نَزَلَهَا مِنَ الْعَمَالِيقِ اسْمُهُ يَثْرِبُ بْنُ عُمَيْلِ بْنِ مهلائيل بن عوض بن عملاق بن لاوذ بْنِ إِرَمَ. وَفِي بَعْضِ هَذِهِ الْأَسْمَاءِ «١» اخْتِلَافٌ. وَبَنُو عُمَيْلٍ «٢» هُمُ الَّذِينَ سَكَنُوا الْجُحْفَةَ فَأَجْحَفَتْ بِهِمُ السُّيُولُ فِيهَا. وَبِهَا سُمِّيَتِ الْجُحْفَةُ. " لَا مُقَامَ لَكُمْ" بِفَتْحِ الْمِيمِ قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ. وَقَرَأَ حَفْصٌ وَالسُّلَمِيُّ وَالْجَحْدَرِيُّ وَأَبُو حَيْوَةَ: بِضَمِّ الْمِيمِ، يَكُونُ مَصْدَرًا مِنْ أَقَامَ يُقِيمُ، أَيْ لَا إِقَامَةَ، أَوْ مَوْضِعًا يُقِيمُونَ فِيهِ. وَمَنْ فَتَحَ فَهُوَ اسْمُ مَكَانٍ، أَيْ لَا مَوْضِعَ لَكُمْ تُقِيمُونَ فِيهِ. " فَارْجِعُوا" أَيْ إِلَى مَنَازِلِكُمْ. أَمَرُوهُمْ بِالْهُرُوبِ مِنْ عَسْكَرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: قَالَتِ الْيَهُودُ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ أُبَيِّ ابْنِ سَلُولَ وَأَصْحَابِهِ مِنَ الْمُنَافِقِينَ: مَا الَّذِي يَحْمِلُكُمْ عَلَى قَتْلِ أَنْفُسِكُمْ بِيَدِ أَبِي سُفْيَانَ وَأَصْحَابِهِ! فَارْجِعُوا إِلَى الْمَدِينَةِ فَإِنَّا مَعَ الْقَوْمِ فَأَنْتُمْ آمِنُونَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَيَسْتَأْذِنُ فَرِيقٌ مِنْهُمُ النَّبِيَّ) فِي الرُّجُوعِ إِلَى منازلهم بالمدينة، وهم بنو حارثة ابن الْحَارِثِ، فِي قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَقَالَ يَزِيدُ بْنُ رُومَانَ: قَالَ ذَلِكَ أَوْسُ بْنُ قَيْظِيٍّ عَنْ مَلَأٍ مِنْ قَوْمِهِ. (يَقُولُونَ إِنَّ بُيُوتَنا عَوْرَةٌ أَيْ سَائِبَةٌ ضَائِعَةٌ لَيْسَتْ بِحَصِينَةٍ، وَهِيَ مِمَّا يَلِي الْعَدُوَّ. وَقِيلَ: مُمْكِنَةٌ لِلسُّرَّاقِ لِخُلُوِّهَا مِنَ الرِّجَالِ. يُقَالُ: دَارٌ مُعْوِرَةٌ وَذَاتُ عَوْرَةٍ إِذَا كَانَ يَسْهُلُ دُخُولُهَا. يُقَالُ: عَوِرَ الْمَكَانُ عَوَرًا فَهُوَ عَوِرٌ. وَبُيُوتٌ عَوِرَةٌ. وَأَعْوَرَ فَهُوَ مُعْوِرٌ. وَقِيلَ: عَوِرَةٌ ذَاتُ عَوْرَةٍ. وَكُلُّ مَكَانٍ لَيْسَ بِمَمْنُوعٍ وَلَا مَسْتُورٍ فَهُوَ عَوْرَةٌ، قَالَهُ الْهَرَوِيُّ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَعِكْرِمَةُ وَمُجَاهِدٌ وَأَبُو رَجَاءٍ الْعُطَارِدِيُّ: " عَوِرَةٌ" بِكَسْرِ الْوَاوِ، يَعْنِي قَصِيرَةَ الْجُدْرَانِ فِيهَا خَلَلٌ. تَقُولُ الْعَرَبُ: دَارُ فُلَانٍ عَوِرَةٌ إِذَا لَمْ تَكُنْ حَصِينَةً. وَقَدْ أَعْوَرَ الْفَارِسُ إِذَا بَدَا فِيهِ خَلَلٌ لِلضَّرْبِ وَالطَّعْنِ، قَالَ الشَّاعِرُ: مَتَى تَلْقَهُمْ لَمْ تَلْقَ فِي الْبَيْتِ مُعْوِرًا ... وَلَا الضَّيْفَ مَفْجُوعًا وَلَا الْجَارَ مرملا
(١). في كتاب معجم البلدان لياقوت: (يثرب بن قانعة بن مهلائيل بن إرم عبيل بن عوض بْنِ إِرَمَ بْنِ سَامِ بْنِ نُوحٍ عَلَيْهِ السلام). (٢). في معجم البلدان: (وقال الكلبي: أن العماليق أخرجوا بني عقيل وهم إخوة عاد فنزلوا الجحفة ... ).

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