Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

S’agissant de ces trois mots, on les a transcrits dans le Muṣḥaf avec une alif, parce que l’alif qui figure dans « أطعنا » ainsi que celle qui entre au début de « الرسولا، والظنونا، والسبيلا » suffit pour remplacer l’alif finale, extrême et postposée, tout comme l’alif de « أبي جاد » a tenu lieu de l’alif de « هوّاز ».

Il existe, à ce propos, un autre argument : l’alif a été considérée comme la fatḥa – et comme tout signe ajouté pour soutenir le mouvement vocalique qui la précède – tout en étant, par intention, destinée à disparaître. De la sorte, l’alif et la fatḥa deviennent comme une seule chose ; l’arrêt requiert alors leur omission, et l’on procède en tenant pour acquis que la graphie de l’alif n’implique pas nécessairement un emplacement dans la prononciation. Elle est comparable à l’alif de « سحرانِ », de « فطرَ السماواتِ والأرضَ », de « واعدْنا موسى » et de leurs semblables, où l’alif est retranchée de l’écriture tout en demeurant présente dans la diction, bien qu’elle soit supprimée du tracé.

Un troisième argument veut que ces mots aient été écrits selon la langue de celui qui dit : « لقيتُ الرجلا ». De même, on lit d’après la langue de celui qui prononce : « لقيتُ الرجلَ » sans alif. Aḥmad ibn Yaḥyā nous a rapporté, de la part d’un groupe de linguistes, qu’ils tenaient des Arabes l’usage suivant : « قامَ الرجلُو » avec un wāw, « مررتُ بالرجلِي » avec un yāʾ, aussi bien en liaison qu’en pause, et « لقيتُ الرجلا » avec une alif dans les deux situations.

Le poète a dit :
« Interroge-t-on ʿUmayra au sujet de son père ?
Au milieu de l’armée les montures confessent (son mérite)… »
Il a maintenu l’alif dans « الرِّكابَا » conformément à ce dialecte.

Un autre a dit :
« Lorsque la constellation des Gémeaux suit celle des Pléiades,
J’ai prêté aux gens de Fāṭima toutes sortes de suppositions… »
C’est sur cette même langue que Nāfiʿ et d’autres se sont appuyés. Ibn Kathīr, Ibn Muḥayṣin et al-Kisāʾī, quant à eux, la maintiennent à la pause et la retranchent en liaison.

Ibn al-Anbārī dit : Celui qui lit sans alif en liaison et s’arrête avec alif peut arguer que l’alif devient nécessaire au moment du silence afin de préserver la fatḥa ; l’alif la soutient et la renforce.

[Coran, sourate al-Aḥzāb, 33 : 11]
« Là, les croyants furent éprouvés et ébranlés d’un violent ébranlement. »

Le terme « هنا » est employé pour ce qui est proche, « هنالك » pour ce qui est lointain, et « هناك » pour ce qui est intermédiaire. On peut également les utiliser pour désigner un moment ; ainsi, à ce moment-là, les croyants furent mis à l’épreuve afin que soient distingués le sincère de l’hypocrite. Cette épreuve prit la forme de la crainte, du combat, de la faim, du siège et de l’affrontement.

« … et ils furent secoués d’une forte secousse » : c’est-à-dire qu’ils furent vivement remués.

فِي الْحُرُوفِ الثَّلَاثَةِ، وَخَطَّهُنَّ فِي الْمُصْحَفِ بِأَلِفٍ لِأَنَّ الْأَلِفَ الَّتِي فِي " أَطَعْنَا" وَالدَّاخِلَةَ فِي أَوَّلِ " الرَّسُولَ. وَالظُّنُونَ. وَالسَّبِيلَ" كَفَى مِنَ الْأَلِفِ الْمُتَطَرِّفَةِ الْمُتَأَخِّرَةِ كَمَا كَفَتْ أَلِفُ أَبِي جَادٍ مِنْ أَلِفِ هَوَّازٍ. وَفِيهِ حُجَّةٌ أُخْرَى: أَنَّ الْأَلِفَ أُنْزِلَتْ مَنْزِلَةَ الْفَتْحَةِ وَمَا يُلْحَقُ دِعَامَةً لِلْحَرَكَةِ الَّتِي تَسْبِقُ وَالنِّيَّةُ فِيهِ السُّقُوطُ، فَلَمَّا عُمِلَ عَلَى هَذَا كَانَتِ الْأَلِفُ مَعَ الْفَتْحَةِ كَالشَّيْءِ الْوَاحِدِ يُوجِبُ الْوَقْفُ سُقُوطَهُمَا وَيُعْمَلُ عَلَى أَنَّ صُورَةَ الْأَلِفِ فِي الْخَطِّ لَا تُوجِبُ مَوْضِعًا فِي اللَّفْظِ، وَأَنَّهَا كَالْأَلِفِ فِي " سِحْرانِ" وَفِي " فَطَرَ السَّماواتِ وَالْأَرْضَ" وَفِي " واعَدْنا مُوسى " وَمَا يُشْبِهُهُنَّ مِمَّا يُحْذَفُ مِنَ الْخَطِّ وَهُوَ مَوْجُودٌ فِي اللَّفْظِ «١» ، وَهُوَ مُسْقَطٌ مِنَ الْخَطِّ. وَفِيهِ حُجَّةٌ ثَالِثَةٌ هِيَ أَنَّهُ كُتِبَ عَلَى لغة من يقول لقيت الرجلا. وقرى عَلَى لُغَةِ مَنْ يَقُولُ: لَقِيتُ الرَّجُلَ، بِغَيْرِ أَلِفٍ. أَخْبَرَنَا أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى عَنْ جَمَاعَةٍ مِنْ أَهْلِ اللُّغَةِ أَنَّهُمْ رَوَوْا عَنِ الْعَرَبِ قَامَ الرَّجُلُو، بِوَاوٍ، وَمَرَرْتُ بِالرَّجُلِي، بِيَاءٍ، فِي الْوَصْلِ وَالْوَقْفِ. وَلَقِيتُ الرَّجُلَا، بِأَلِفٍ فِي الْحَالَتَيْنِ كلتيهما. قال الشاعر: أَسَائِلَةٌ عُمَيْرَةُ عَنْ أَبِيهَا ... خِلَالَ الْجَيْشِ تَعْتَرِفُ الرِّكَابَا «٢» فَأَثْبَتَ الْأَلِفَ فِي " الرِّكَابَ" بِنَاءً عَلَى هَذِهِ اللُّغَةِ. وَقَالَ الْآخَرُ: إِذَا الْجَوْزَاءُ أَرْدَفَتِ الثُّرَيَّا ... ظَنَنْتُ بِآلِ فَاطِمَةَ الظُّنُونَا وَعَلَى هَذِهِ اللُّغَةِ بَنَى نَافِعٌ وَغَيْرُهُ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَالْكِسَائِيُّ بِإِثْبَاتِهَا فِي الْوَقْفِ وَحَذْفِهَا فِي الْوَصْلِ. قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: وَمَنْ وَصَلَ بِغَيْرِ أَلِفٍ وَوَقَفَ بِأَلِفٍ فَجَائِزٌ أَنْ يَحْتَجَّ بِأَنَّ الْأَلِفَ احْتَاجَ إِلَيْهَا عِنْدَ السَّكْتِ حِرْصًا عَلَى بَقَاءِ الْفَتْحَةِ، وَأَنَّ الْأَلِفَ تَدْعَمُهَا وَتُقَوِّيهَا. [[سورة الأحزاب (٣٣) : آية ١١]] هُنالِكَ ابْتُلِيَ الْمُؤْمِنُونَ وَزُلْزِلُوا زِلْزالاً شَدِيداً (١١) " هُنَا" لِلْقَرِيبِ مِنَ الْمَكَانِ. وَ " هُنَالِكَ" لِلْبَعِيدِ. وَ " هُنَاكَ" لِلْوَسَطِ. وَيُشَارُ بِهِ إِلَى الْوَقْتِ، أَيْ عِنْدَ ذَلِكَ اخْتُبِرَ الْمُؤْمِنُونَ لِيَتَبَيَّنَ الْمُخْلِصُ مِنَ الْمُنَافِقِ. وَكَانَ هَذَا الِابْتِلَاءُ بِالْخَوْفِ وَالْقِتَالِ وَالْجُوعِ وَالْحَصْرِ وَالنِّزَالِ. (وَزُلْزِلُوا زِلْزالًا شَدِيداً) أَيْ حُرِّكُوا تحريكا.
(١). في الأصول: (وهو موجود في اللفظ ويثبت في اللفظ وهو ... ). (٢). البيت لبشر بن أبي خازم. واعترف القوم: سألهم.

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