Parmi les polythéistes, trois hommes furent tués :
– Munabbih b. ʿUthmân b. ʿUbayd b. al-Sabbâq b. ʿAbd al-Dâr ; une flèche l’atteignit et il succomba plus tard à La Mecque.
Il fut toutefois rapporté qu’il s’agissait, en réalité, de ʿUthmân b. Umayya b. Munabbih b. ʿUbayd b. al-Sabbâq.
– Nawfal b. ʿAbd Allâh b. al-Mughîra al-Makhzûmî ; il se lança à travers le fossé, y tomba et fut tué. Les musulmans s’emparèrent de son cadavre et, d’après Az-Zuhrî, ses proches offrirent au Messager d’Allâh – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – dix mille dirhams pour le récupérer. Il répondit :
« Nous n’avons nul besoin de son corps ni de son prix », et il les laissa disposer de la dépouille.
– ʿAmr b. ʿAbd Wudd, que ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – tua lors d’un duel, ainsi qu’il a été mentionné précédemment.
Le jour de Banû Qurayẓa, un seul musulman fut martyrisé : Khallâd b. Suwayd b. Thaʿlaba b. ʿAmr, des Banûl-Hârith b. al-Khazraj. Une femme de Banû Qurayẓa avait lancé sur lui une meule qui le tua. Durant le siège, Abû Sinân b. Miḥṣan b. Ḥurthân al-Asadî, frère dʿUkkâsha b. Miḥṣan, mourut également. Le Messager d’Allâh – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – l’inhuma dans le cimetière de Banû Qurayẓa, où les musulmans résidant là-bas se font encore enterrer aujourd’hui. Aucun autre ne fut touché, et, après la bataille du Fossé, les mécréants de Quraysh ne furent plus en mesure de marcher contre les croyants.
Al-Dârimî Abû Muḥammad rapporte dans son Musnad, avec sa chaîne : Ya zîd b. Hârûn – Ibn Abî Ḏiʾb – al-Maqburî – ʿAbd ar-Raḥmân b. Abî Saʿîd al-Khuḍrî – de son père : « Le jour du Fossé, nous fûmes retenus jusqu’à ce qu’une bonne partie de la nuit se fût écoulée, puis Allâh nous dispensa (du combat). C’est à ce propos que le Très-Haut dit :
« Allâh a suffi aux croyants dans le combat ; Allâh est Fort, Tout-Puissant » (Al-Aḥzâb, 25).
Le Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – ordonna alors à Bilâl de faire l’iqâma ; il dirigea la prière du ẓuhr parfaitement, comme à son heure habituelle, puis lui ordonna de refaire l’iqâma pour la ʿaṣr qu’il accomplit, puis pour le maghrib qu’il célébra, et enfin pour la ʿishâʾ qu’il dirigea également. Tout cela eut lieu avant la révélation de la Parole du Très-Haut :
« Et si vous craignez (un danger), alors [priez] à pied ou montés » (Al-Baqarah, 239).
Ce ḥadîth est également rapporté par An-Nasâʾî. Cette question a déjà été traitée dans la sourate Ṭâ-Hâ.
Au sujet de cette expédition, nous avons évoqué de nombreux enseignements, répartis en dix questions, pour qui souhaite les méditer. Revenons maintenant au début des versets – au nombre de dix-neuf – qui englobent ce que nous avons expliqué.
Parole du Très-Haut :
« Quand des armées vinrent sur vous »
– il s’agit des Coalisés –,
« Nous envoyâmes contre elles un vent ».
Mujâhid a dit : Il s’agit du vent d’Est (aṣ-Ṣabâ) que Dieu lança contre les Coalisés le jour du Fossé ; il renversa leurs marmites et arracha leurs tentes.
Quant aux « armées », il s’agit des anges, qui ce jour-là n’eurent pas à combattre.
ʿIkrima rapporte : « Cette nuit-là, lors des Coalisés, le vent du Sud dit au vent du Nord… »