Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Lorsque Ḥuyayy ibn ʾAkhṭab – qu’Allâh maudisse – fut amené devant le Messager d’Allâh – que les bénédictions et le salut d’Allâh soient sur lui –, les mains liées à son cou par une corde, il déclara :
« Par Allâh ! Je ne me reproche point l’hostilité que je t’ai vouée. Mais quiconque Allâh abandonne est bel et bien abandonné. »
Puis il ajouta :
« Ô gens ! Il n’y a aucun mal dans ce qu’Allâh a décrété : un Livre, un destin et une grande hécatombe avaient été inscrits contre les Fils d’Israël. »
Il s’assit alors, et l’on trancha son cou.

Parmi leurs femmes, une seule fut exécutée : Banānah, l’épouse de al-Ḥakam al-Qurayẓī, celle qui avait jeté la meule sur Khallād ibn Suwayd et l’avait tué.

Le Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – ordonna de mettre à mort tous ceux d’entre eux qui avaient déjà poussé le poil pubien et d’épargner ceux qui ne l’avaient pas encore. ‑ ʿAṭiyyah al-Qurayẓī faisait partie de ceux qui n’avaient pas encore atteint la puberté ; le Prophète l’épargna, et il est compté parmi les Compagnons.

Le Prophète – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – fit don à Thābit ibn Qays ibn Shamās des enfants de az-Zubayr ibn Bāṭā et les laissa la vie sauve ; parmi eux se trouvait ʿAbd ar-Raḥmān ibn az-Zubayr, qui embrassa l’Islam et devint Compagnon.

Il accorda également Rifāʿah ibn Samawʾal al-Qurayẓī à Umm al-Munḏir Salmā bint Qays, sœur de Sulayṭ ibn Qays des Banū an-Najjār ; elle avait prié aussi bien en direction des deux Qiblah. Rifāʿah embrassa l’Islam, devint Compagnon et transmit des récits.

Ibn Wahb et Ibn al-Qāsim rapportent d’après Mālik :
Thābit ibn Qays ibn Shamās vint trouver Ibn Bāṭā – à qui il était redevable – et lui dit :
« Je t’ai obtenu de la part du Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – en considération de la faveur que tu m’avais accordée. »
Il répondit :
« C’est ainsi que l’homme généreux agit envers l’homme généreux. »
Puis il ajouta :
« Comment donc vivrait un homme qui n’a ni enfant ni famille ? »
Thābit alla alors voir le Prophète – paix et salut sur lui – et l’en informa ; le Prophète lui donna sa famille et ses enfants.
Il revint donc lui annoncer la nouvelle, et l’homme dit :
« Comment vivrait un homme sans fortune ? »
Thābit retourna auprès du Prophète – paix et salut sur lui –, demanda pour lui des biens, et le Prophète les lui accorda. Il revint le lui faire savoir.
L’homme demanda alors :
« Qu’est devenu Ibn Abī l-Ḥuqayq, dont le visage ressemblait à un miroir de Chine ? »
Il lui fut répondu : « Il a été tué. »
– « Et qu’en est-il des deux assemblées ? (c’est-à-dire Banū Kaʿb ibn Qurayẓah et Banū ʿAmr ibn Qurayẓah) »
– « Ils ont été tués. »
– « Et les deux factions ? »
– « Elles ont été tuées. »
Il conclut :
« Ta responsabilité à mon égard est désormais levée ; jamais plus je ne verserai un seau d’eau pour ces palmiers. Joins-moi à eux ! » Thābit refusa de l’exécuter ; un autre homme le fit alors.

La faveur qu’Ibn Bāṭā devait à Thābit remontait au jour de Buʿāth : Thābit l’avait capturé, lui avait rasé le devant de la tête puis l’avait relâché.

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ أُتِيَ بِهِ وَيَدَاهُ مَجْمُوعَتَانِ إِلَى عُنُقِهِ بِحَبْلٍ قَالَ: أَمَا وَاللَّهِ مَا لُمْتُ نَفْسِي فِي عَدَاوَتِكَ. وَلَكِنَّهُ مَنْ يَخْذُلُ اللَّهُ يُخْذَلُ ثُمَّ قَالَ: يَا أَيُّهَا النَّاسُ، لَا بَأْسَ بِأَمْرِ اللَّهِ كِتَابٍ وَقَدَرٍ وَمَلْحَمَةٍ «١» كُتِبَتْ عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ، ثُمَّ جَلَسَ فَضُرِبَتْ عُنُقُهُ. وَقُتِلَ مِنْ نِسَائِهِمُ امْرَأَةٌ، وَهِيَ بُنَانَةُ امْرَأَةُ الْحَكَمِ الْقُرَظِيِّ الَّتِي طَرَحَتِ الرحى على خلاد ابن سُوَيْدٍ فَقَتَلَتْهُ. وَأَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِقَتْلِ كُلِّ مَنْ أَنْبَتَ مِنْهُمْ وَتَرَكَ مَنْ لَمْ يُنْبِتْ. وَكَانَ عَطِيَّةُ الْقُرَظِيُّ مِمَّنْ لَمْ يُنْبِتْ، فَاسْتَحْيَاهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَهُوَ مَذْكُورٌ فِي الصَّحَابَةِ. وَوَهَبَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لثابت ابن قَيْسِ بْنِ شَمَّاسٍ وَلَدَ الزُّبَيْرِ بْنِ بَاطَا فَاسْتَحْيَاهُمْ، مِنْهُمْ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ الزُّبَيْرِ أَسْلَمَ وَلَهُ صُحْبَةٌ. وَوَهَبَ أَيْضًا عَلَيْهِ السَّلَامُ رِفَاعَةَ بْنَ سَمَوْأَلِ الْقُرَظِيَّ لِأُمِّ الْمُنْذِرِ سَلْمَى بِنْتِ قيس، أخت سليط ابن قَيْسٍ مِنْ بَنِي النَّجَّارِ، وَكَانَتْ قَدْ صَلَّتْ إِلَى الْقِبْلَتَيْنِ، فَأَسْلَمَ رِفَاعَةُ وَلَهُ صُحْبَةٌ وَرِوَايَةٌ. وَرَوَى ابْنُ وَهْبٍ وَابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ قَالَ: أَتَى ثَابِتُ بْنُ قَيْسِ بْنِ شَمَّاسٍ إِلَى ابْنِ بَاطَا- وَكَانَتْ لَهُ عِنْدَهُ يَدٌ- وَقَالَ: قَدِ اسْتَوْهَبْتُكَ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِيَدِكَ الَّتِي لَكَ عِنْدِي، قَالَ: ذَلِكَ يَفْعَلُ الْكَرِيمُ بِالْكَرِيمِ، ثُمَّ قَالَ: وَكَيْفَ يَعِيشُ رَجُلٌ لَا وَلَدَ لَهُ وَلَا أَهْلَ؟ قَالَ: فَأَتَى ثَابِتٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَ ذَلِكَ لَهُ، فَأَعْطَاهُ أَهْلَهُ وَوَلَدَهُ، فَأَتَى فَأَعْلَمَهُ فَقَالَ: كَيْفَ يَعِيشُ رَجُلٌ لَا مَالَ لَهُ؟ فَأَتَى ثَابِتٌ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَطَلَبَهُ فَأَعْطَاهُ مَالَهُ، فَرَجَعَ إِلَيْهِ فَأَخْبَرَهُ، قَالَ: مَا فَعَلَ ابْنُ أَبِي الْحُقَيْقِ الَّذِي كَأَنَّ وَجْهَهُ مِرْآةٌ صِينِيَّةٌ؟ قَالَ: قُتِلَ. قَالَ: فَمَا فَعَلَ الْمَجْلِسَانِ، يَعْنِي بَنِي كَعْبِ بْنِ قُرَيْظَةَ وَبَنِي عَمْرِو ابن قُرَيْظَةَ؟ قَالَ: قُتِلُوا. قَالَ: فَمَا فَعَلَتِ الْفِئَتَانِ؟ قَالَ: قُتِلَتَا. قَالَ: بَرِئَتْ ذِمَّتُكَ، وَلَنْ أَصُبَّ فِيهَا دَلْوًا أَبَدًا، يَعْنِي النَّخْلَ، فَأَلْحِقْنِي بِهِمْ، فَأَبَى أَنْ يَقْتُلَهُ فَقَتَلَهُ غَيْرُهُ. وَالْيَدُ الَّتِي كَانَتْ لِابْنِ بَاطَا عِنْدَ ثَابِتٍ أَنَّهُ أَسَرَهُ يوم بعاث فجز ناصيته وأطلقه.
(١). الملحمة: الوقعة العظيمة القتل.

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