‘Âʿicha — qu’Allah l’agrée — déclara : « Je ne crains pour Saʿd aujourd’hui qu’une blessure aux extrémités. » Il fut alors atteint à l’artère de l’avant-bras (al-akhal).
Ibn Wahb et Ibn al-Qâsim rapportent, d’après Mâlik, que ‘Âʿicha — qu’Allah l’agrée — a dit : « Je n’ai jamais vu d’homme plus beau que Saʿd ibn Muʿâdh, à l’exception du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui. »
Blessé à l’artère de l’avant-bras, Saʿd invoqua : « Ô Allah, si la guerre contre Banû Qurayẓa est désormais terminée, fais-moi revenir à Toi ; mais s’il en reste encore quelque chose, laisse-moi en vie afin que je combatte, aux côtés de Ton Messager, Tes ennemis. » Lorsque le verdict concernant Banû Qurayẓa eut été prononcé, il rendit l’âme. Les gens se réjouirent et dirent : « Nous espérons que son invocation a été exaucée. »
Neuvièmement. Lorsque les musulmans marchèrent contre Banû Qurayẓa, le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — remit l’étendard à ʿAlî ibn Abî Tâlib et confia la garde de Médine à Ibn Umm Maktûm. ʿAlî, accompagné d’un groupe, se rendit jusqu’à leurs fortins et les assiégea. Ils entendirent alors des injures proférées contre le Messager — paix et salut sur lui.
ʿAlî retourna aussitôt auprès du Prophète et lui dit : « Ô Messager d’Allah, n’avance pas jusque-là », en lui exposant ce qu’il avait entendu. Le Prophète répondit : « Je suppose que tu les as entendus m’injurier. S’ils me voyaient, ils cesseraient. » Il partit donc vers eux ; quand ils l’aperçurent, ils se turent.
Il leur dit : « Vous avez rompu le pacte, ô frères des singes ! Qu’Allah vous avilisse et fasse descendre sur vous Sa colère ! » Ils répliquèrent : « Ô Muhammad, tu n’as jamais été ignorant ; ne deviens pas ignorant envers nous. » Alors le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — campa et les assiégea une vingtaine de nuits.
Leur chef Kaʿb leur proposa trois issues afin qu’ils en choisissent une :
- embrasser l’islam, suivre Muhammad et ainsi sauver vos biens, vos femmes et vos enfants — par Allah, vous savez qu’il est bien celui dont la mention figure dans votre Livre ;
- mettre à mort vos enfants et vos femmes, puis sortir combattre jusqu’à la mort du dernier d’entre vous ;
- attaquer les musulmans de nuit, le samedi, au moment où ils sont en sécurité, et les massacrer.
Ils répondirent : « Quant à l’islam, nous ne l’adopterons jamais ni ne délaisserons le jugement de la Torah ; quant à tuer nos enfants et nos femmes, quel crime ces malheureux auraient-ils commis pour que nous les mettions à mort ? Et nous ne transgresserons pas le sabbat. »
Ils envoyèrent alors quérir Abû Lubâba — allié des Banû ʿAmr ibn ʿAwf et des autres Aws. Quand il arriva, ils réunirent autour de lui leurs enfants, leurs femmes et leurs hommes, et lui demandèrent : « Ô Abû Lubâba, penses-tu que nous devrions nous rendre au jugement de Muhammad ? » Il répondit : « Oui », tout en portant la main à sa gorge pour signifier : « Ce sera l’égorgement si vous le faites. »
Abû Lubâba regretta aussitôt son geste ; il comprit qu’il avait trahi Allah et Son Messager, et que c’était une chose qu’Allah ne cacherait pas à Son Prophète — paix et salut sur lui.