Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je marchais comme si je me trouvais dans un bain chaud jusqu’à ce que j’arrivai auprès d’eux. J’aperçus alors Abû Sufyân qui se chauffait le dos au feu. Je mis une flèche sur la corde, au milieu de l’arc, décidé à le viser, puis je me souvins de la parole du Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui : « Ne les alarme pas à cause de moi. » Si je l’avais tiré, je l’aurais atteint. Je revins donc, toujours en marchant comme dans un bain chaud. Lorsque je parvins au Prophète, je l’informai de l’état de l’ennemi et, une fois mon récit achevé, je me sentis réconforté. Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – me fit alors revêtir le pan d’un manteau de laine qu’il portait pour prier, et je ne cessai de dormir jusqu’au matin.

À l’aube, il me dit : « Lève-toi, ô grand dormeur ! » Quand le jour se leva et que les Coalisés s’étaient retirés, le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – revint à Médine, et les musulmans déposèrent leurs armes. C’est alors que Jibrîl – sur lui la paix – lui apparut sous la forme de Dihyah ibn Khalîfah al-Kalbî, monté sur une mule couverte d’une housse de brocart, et lui dit :
« Ô Muhammad, vous avez posé vos armes, mais les anges n’ont pas encore posé les leurs. Allah t’ordonne de marcher contre Banû Qurayzah ; je vais les précéder pour ébranler leurs forteresses. »

Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – ordonna donc à un héraut de proclamer – c’était le huitième jour – : « Que nul ne fasse la prière du ‘Aṣr qu’auprès de Banû Qurayzah. » Certains, craignant que le temps ne s’écoule, prièrent avant d’y parvenir, tandis que d’autres dirent : « Nous ne ferons le ‘Aṣr que là où le Messager d’Allah nous l’a ordonné, même si l’heure sort. » Le Prophète ne blâma aucun des deux groupes. Il y a là, en jurisprudence, une approbation de l’effort d’interprétation des savants, et cela a déjà été expliqué dans la sourate « Les Prophètes ».

Lorsque Sa‘d ibn Mu‘âdh fut atteint par la flèche, il invoqua son Seigneur en disant : « Ô Allah, si Tu as laissé subsister un combat contre Quraysh, maintiens-moi en vie pour celui-ci, car il n’est pas de gens que j’aime plus combattre qu’un peuple qui a traité Ton Messager de menteur et l’a expulsé. Ô Allah, mais si Tu as mis fin à la guerre entre nous et eux, fais de cette blessure ma cause de martyre, et ne me fais pas mourir avant que mon œil ne se réjouisse à propos de Banû Qurayzah. »

Ibn Wahb a rapporté d’après Mâlik qu’il lui était parvenu que Sa‘d ibn Mu‘âdh passa devant ‘Â’ishah – qu’Allah l’agrée – et des femmes qui se trouvaient avec elle dans le fort (al-Aṭm) de Fâri‘. Il portait une cotte de mailles raccourcie, les manches retroussées, et l’on voyait sur lui des traces de safran. Il psalmodiait ces vers :
« Attends un peu, que l’assaut s’enflamme, ô chameau !
Point de mal à la mort, lorsque l’heure est arrivée. »

أَمْشِي فِي حَمَّامٍ «١» حَتَّى أَتَيْتُهُمْ، فَرَأَيْتُ أَبَا سُفْيَانَ يَصْلِي ظَهْرَهُ بِالنَّارِ، فَوَضَعْتُ سَهْمًا فِي كَبِدِ الْقَوْسِ فَأَرَدْتُ أَنْ أَرْمِيَهُ، فَذَكَرْتُ قَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (وَلَا تَذْعَرْهُمْ عَلَيَّ) وَلَوْ رَمَيْتُهُ لَأَصَبْتُهُ: فَرَجَعْتُ وَأَنَا أَمْشِي فِي مِثْلِ الْحَمَّامِ، فَلَمَّا أَتَيْتُهُ فَأَخْبَرْتُهُ بِخَبَرِ الْقَوْمِ وَفَرَغْتُ قُرِرْتُ، فَأَلْبَسَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ فَضْلِ عَبَاءَةٍ كَانَتْ عَلَيْهِ يُصَلِّي فِيهَا، فَلَمْ أَزَلْ نَائِمًا حَتَّى أَصْبَحْتُ، فَلَمَّا أَصْبَحْتُ قَالَ: (قُمْ يَا نَوْمَانُ) . وَلَمَّا أَصْبَحَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ ذَهَبَ الْأَحْزَابُ، رَجَعَ إِلَى الْمَدِينَةِ وَوَضَعَ الْمُسْلِمُونَ سِلَاحَهُمْ، فَأَتَاهُ جِبْرِيلُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي صُورَةِ دِحْيَةَ بْنِ خَلِيفَةَ الْكَلْبِيِّ، عَلَى بَغْلَةٍ عَلَيْهَا قَطِيفَةُ دِيبَاجٍ فَقَالَ لَهُ: يَا مُحَمَّدُ، إِنْ كُنْتُمْ قَدْ وَضَعْتُمْ سِلَاحَكُمْ فَمَا وَضَعَتِ الْمَلَائِكَةُ سِلَاحَهَا. إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُكَ أَنْ تَخْرُجَ إِلَى بَنِي قُرَيْظَةَ، وَإِنِّي مُتَقَدِّمٌ إِلَيْهِمْ فَمُزَلْزِلٌ بِهِمْ حُصُونَهُمْ. فَأَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهِيَ: - الثَّامِنَةُ- مُنَادِيًا فَنَادَى: لَا يُصَلِّيَنَّ أَحَدٌ الْعَصْرَ إِلَّا فِي بَنِي قُرَيْظَةَ، فَتَخَوَّفَ نَاسٌ فَوْتَ الْوَقْتِ فَصَلُّوا دُونَ بَنِي قُرَيْظَةَ. وَقَالَ آخَرُونَ: لَا نُصَلِّي الْعَصْرَ إِلَّا حَيْثُ أَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَإِنْ فَاتَنَا الْوَقْتُ. قَالَ: فَمَا عَنَّفَ وَاحِدًا مِنَ الْفَرِيقَيْنِ. وَفِي هَذَا مِنَ الْفِقْهِ تَصْوِيبُ الْمُجْتَهِدِينَ. وَقَدْ مَضَى بَيَانُهُ فِي " الْأَنْبِيَاءِ" «٢» . وَكَانَ سَعْدُ بْنُ مُعَاذٍ إِذْ أَصَابَهُ السَّهْمُ دَعَا رَبَّهُ فَقَالَ: اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ أَبْقَيْتَ مِنْ حَرْبِ قُرَيْشٍ فَأَبْقِنِي لَهَا، فَإِنَّهُ لَا قَوْمَ أَحَبُّ أَنْ أُجَاهِدَهُمْ مِنْ قَوْمٍ كَذَّبُوا رَسُولَكَ وَأَخْرَجُوهُ. اللَّهُمَّ وَإِنْ كُنْتَ وَضَعْتَ الْحَرْبَ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُمْ فَاجْعَلْهَا لِي شَهَادَةً، وَلَا تُمِتْنِي حَتَّى تُقِرَّ عَيْنِي فِي بَنِي قُرَيْظَةَ. وَرَوَى ابْنُ وَهْبٍ عَنْ مَالِكٍ قَالَ: بَلَغَنِي أَنَّ سَعْدَ بْنَ مُعَاذٍ مَرَّ بِعَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا وَنِسَاءٍ مَعَهَا فِي الْأَطُمِ «٣» (فَارِعٍ) «٤» ، وَعَلَيْهِ دِرْعٌ مُقَلِّصَةٌ «٥» مُشَمِّرٌ الْكُمَّيْنِ، وَبِهِ أَثَرُ صُفْرَةٍ وَهُوَ يَرْتَجِزُ: لَبِّثْ قَلِيلًا يُدْرِكُ الْهَيْجَا جَمَلْ ... لَا بَأْسَ بِالْمَوْتِ إذا حان الأجل
(١). يقول: كأنما أمشى في حر لم يصبني برد ولا من تلك الريح الشديدة شي ببركة توجيه النبي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. (٢). راجع ج ١١ ص ٣١١. (٣). الأطم: حصن مبني بحجارة. (٤). في الأصول: (في الأطم الذي فارع). وفارع حصن بالمدينة يقال إنه حصن حسان بن ثابت. (٥). مقلصة: مجتمعة منضمة.

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