Ils leur envoyèrent donc des émissaires et leur dirent : « Par Allah, jamais nous ne vous remettrons des otages ; sortez avec nous si vous le souhaitez, sinon il n’y a plus de pacte entre nous et vous. »
Les Banû Qurayzah déclarèrent alors : « Par Allah, Nuʿaym ibn Masʿûd a certes dit vrai. » Allah sema la discorde entre eux, leurs propos se heurtèrent, et Allah envoya sur eux un vent violent durant des nuits d’un froid intense ; le vent renversait leurs récipients et faisait chavirer leurs marmites.
Septième point : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — fut informé de leur désunion, il dépêcha Ḥudhayfah ibn al-Yamân afin qu’il lui rapporte leurs nouvelles. Ḥudhayfah se rendit jusqu’à eux et se dissimula au milieu de leurs rangs.
Il entendit alors Abû Sufyân dire : « Ô gens de Quraysh, que chacun reconnaisse celui qui est assis à ses côtés. » Ḥudhayfah raconte : « Je saisis la main de mon voisin et lui demandai : “Et toi, qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis un tel.” »
Puis Abû Sufyân s’écria : « Malheur à vous, gens de Quraysh ! Par Allah, vous n’êtes pas dans un lieu où l’on puisse demeurer. Nos montures équines et camelines ont péri, les Banû Qurayzah nous ont tourné le dos, et nous subissons de ce vent ce que vous voyez : aucune construction ne tient, aucune marmite ne reste en place, aucun feu ne demeure allumé. Levez le camp, car moi, je pars. » Il bondit alors sur son chameau ; à peine en avait-il détaché la courroie que la bête se dressa.
Ḥudhayfah dit : « N’eût été le pacte que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — prit avec moi lorsqu’il m’envoya, en me disant : “Rends-toi auprès du peuple, informe-toi de leur état et ne fais rien d’autre”, je l’aurais abattu d’une flèche. Je retournai ensuite auprès du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — au moment même où ils levaient le camp ; je le trouvai debout en prière, drapé d’une mante appartenant à l’une de ses épouses, ornée de motifs ‘marâjil’. »
Ibn Hishâm précise : « Al-marâjil est un type de brocart yéménite. » Ḥudhayfah poursuit : « Je l’informai, et il loua Allah. »
L’auteur ajoute : « Ce récit de Ḥudhayfah est rapporté dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, et il renferme de grands signes. Il a été transmis par Jarîr d’après al-Aʿmash, d’après Ibrâhîm al-Taymî, d’après son père, qui dit :
“Nous étions chez Ḥudhayfah lorsqu’un homme déclara : ‘Si j’avais vécu à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, j’aurais combattu à ses côtés et me serais distingué.’ Ḥudhayfah répliqua : ‘Toi ! Tu aurais fait cela ? Par Allah, je me rappelle la nuit des Coalisés avec le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue : un vent violent et un froid glacial nous frappèrent.’
Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit alors :
“Ne se trouvera-t-il pas un homme pour me rapporter les nouvelles de l’ennemi ? Allah fera de lui mon compagnon au Jour de la Résurrection.”
Nous gardâmes le silence, aucun de nous ne répondit. Puis il répéta :
“Ne se trouvera-t-il pas un homme pour me rapporter les nouvelles de l’ennemi ? Allah fera de lui mon compagnon au Jour de la Résurrection.”
Nous demeurâmes silencieux, personne ne répondit.
Il dit alors :
“Lève-toi, ô Ḥudhayfah, et apporte-nous les nouvelles du peuple.”
Et parce qu’il m’avait appelé par mon nom, je n’eus d’autre choix que de me lever.
Il me dit :
“Va, rapporte-moi les nouvelles du peuple, et ne les effraie pas au sujet de moi.”
Lorsque je m’éloignai de lui, c’était comme si…”