Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il avait une dette.

Lorsque Allah lui accorda la victoire et les conquêtes, il déclara :

« Je suis plus proche des croyants qu’eux-mêmes ; quiconque parmi eux meurt en laissant une dette, c’est à moi qu’en incombe le règlement, et quiconque laisse un bien, il revient à ses héritiers. » (Hadith rapporté par les deux Ṣaḥīḥ.)

Les deux Ṣaḥīḥ rapportent également :
« Si l’un de vous laisse une dette ou des personnes à charge sans soutien, c’est moi qui suis son protecteur (mawlâ). »

Ibn al-‘Arabî dit : « La situation s’est aujourd’hui inversée à cause des péchés ; s’ils laissent un bien, les agnats en sont restreints, et s’ils laissent des enfants sans soutien, on les abandonne à leur sort. Ainsi s’éclaire, par l’explication et la mise en garde du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui —, la walâya mentionnée dans ce verset ; “et point de parfum après la mariée” (proverbe signifiant : l’explication du Prophète suffit, nul besoin d’autre chose). »

Ibn ‘Atiyya rapporte : « Certains ulémas connaisseurs ont dit : il est plus proche d’eux que leurs propres personnes, car leurs âmes les appellent à la perdition tandis que lui les appelle au salut. »

Ibn ‘Atiyya ajoute : cela est conforté par la parole du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui : « Je vous tiens par les ceintures pour vous éloigner du Feu, alors que vous vous y jetez comme les papillons. »

Je (l’auteur) dis : voilà une belle explication du verset et de son sens. Le ḥadith cité est rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ d’après Abû Hurayra ; le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :

« Mon exemple et celui de ma communauté est celui d’un homme qui a allumé un feu ; les bêtes et les papillons se mettent à y tomber. Je vous retiens par les ceintures tandis que vous vous y précipitez. »

Un récit analogue est rapporté d’après Jâbir, avec ces mots : « …alors que vous échappez à mes mains. »

Les savants expliquent que la ḥujza est la partie de la taille où s’attachent les braies et le ma‘qid le nœud du pagne ; lorsqu’un homme veut retenir quelqu’un qu’il craint de voir tomber, il le saisit à cet endroit. Cette image illustre l’effort de notre Prophète — paix et salut sur lui — pour assurer notre salut et son empressement à nous délivrer des causes de perdition qui nous guettent. Il est donc plus digne de nous que nous-mêmes ; mais, du fait de notre ignorance de son rang, de la domination de nos passions et de l’emprise de notre ennemi maudit, nous sommes plus misérables et plus humbles que les papillons. Il n’est de puissance ni de force qu’en Allah, le Très-Haut, l’Immense !

On a encore dit : « Plus proche d’eux » signifie que, lorsqu’il ordonne une chose et que l’âme incline vers autre chose, l’ordre du Prophète — paix et salut sur lui — prime. On a également dit : il est plus en droit de juger les croyants ; son jugement s’exécute donc sur eux, même s’il contredit celui qu’ils auraient porté pour eux-mêmes.

Deuxième point : certains gens de science ont affirmé qu’il incombe à l’imâm d’acquitter, sur le Bayt al-Mâl, la dette des pauvres, suivant l’exemple du Prophète — paix et salut sur lui —, car il a clairement déclaré que cela lui était obligatoire en disant : « C’est à moi qu’en incombe le règlement. »

Quant au terme ḍayâ‘ (avec la ḍād fatha), c’est le nom d’action de ḍâ‘a (« être perdu »), puis il en est venu à désigner tout ce qui est exposé à la perte.

عَلَيْهِ دَيْنٌ، فَلَمَّا فَتَحَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْفُتُوحَ قَالَ: (أَنَا أَوْلَى بِالْمُؤْمِنِينَ مِنْ أَنْفُسِهِمْ فَمَنْ تُوُفِّيَ وَعَلَيْهِ دَيْنٌ فَعَلَيَّ قَضَاؤُهُ وَمَنْ تَرَكَ مَالًا فَلِوَرَثَتِهِ) أَخْرَجَهُ الصَّحِيحَانِ. وَفِيهِمَا أَيْضًا (فَأَيُّكُمْ تَرَكَ دَيْنًا أَوْ ضَيَاعًا فَأَنَا مَوْلَاهُ) . قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: فَانْقَلَبَتِ الْآنَ الْحَالُ بِالذُّنُوبِ، فَإِنْ تَرَكُوا مَالًا ضُويِقَ الْعَصَبَةُ فِيهِ، وَإِنْ تَرَكُوا ضَيَاعًا أُسْلِمُوا إِلَيْهِ، فَهَذَا تَفْسِيرُ الْوَلَايَةِ الْمَذْكُورَةِ فِي هَذِهِ الْآيَةِ بِتَفْسِيرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَتَنْبِيهِهِ، (وَلَا عِطْرَ بَعْدَ عَرُوسٍ) . قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَقَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الْعَارِفِينَ هُوَ أَوْلَى بِهِمْ مِنْ أَنْفُسِهِمْ، لِأَنَّ أَنْفُسَهُمْ تَدْعُوهُمْ إِلَى الْهَلَاكِ، وَهُوَ يَدْعُوهُمْ إِلَى النَّجَاةِ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَيُؤَيِّدُ هَذَا قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (أَنَا آخِذٌ بِحُجَزِكُمْ عَنِ النَّارِ وَأَنْتُمْ تَقْتَحِمُونَ فِيهَا تَقَحُّمَ الْفَرَاشِ) . قُلْتُ: هَذَا قَوْلٌ حَسَنٌ فِي مَعْنَى الْآيَةِ وَتَفْسِيرِهَا، وَالْحَدِيثُ الَّذِي ذُكِرَ أَخْرَجَهُ مُسْلِمٌ فِي صَحِيحِهِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّمَا مَثَلِي وَمَثَلُ أُمَّتِي كَمَثَلِ رَجُلٍ اسْتَوْقَدَ نَارًا فَجَعَلَتِ الدَّوَابُّ وَالْفَرَاشُ يَقَعْنَ فِيهِ «١» وَأَنَا آخِذٌ بِحُجَزِكُمْ وَأَنْتُمْ تَقَحَّمُونَ فِيهِ) . وَعَنْ جَابِرٍ مِثْلُهُ، وَقَالَ: (وَأَنْتُمْ تُفْلِتُونَ مِنْ يَدَيَّ) . قَالَ الْعُلَمَاءُ الْحُجْزَةُ لِلسَّرَاوِيلِ، وَالْمَعْقِدُ لِلْإِزَارِ، فَإِذَا أَرَادَ الرَّجُلُ إِمْسَاكَ مَنْ يَخَافُ سُقُوطَهَ أَخَذَ بِذَلِكَ الْمَوْضِعِ مِنْهُ. وَهَذَا مَثَلٌ لِاجْتِهَادِ نَبِيِّنَا عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ فِي نَجَاتِنَا، وَحِرْصِهِ عَلَى تَخَلُّصِنَا مِنَ الْهَلَكَاتِ الَّتِي بَيْنَ أَيْدِينَا، فَهُوَ أَوْلَى بِنَا مِنْ أَنْفُسِنَا، وَلِجَهْلِنَا بِقَدْرِ ذَلِكَ وَغَلَبَةِ شَهَوَاتِنَا عَلَيْنَا وَظَفَرِ عَدُوِّنَا اللعين بناصرنا أَحْقَرَ مِنَ الْفِرَاشِ وَأَذَلَّ مِنَ الْفَرَاشِ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ الْعَلِيِّ الْعَظِيمِ! وَقِيلَ: أَوْلَى بِهِمْ أَيْ أَنَّهُ إِذَا أَمَرَ بِشَيْءٍ وَدَعَتِ النَّفْسُ إِلَى غَيْرِهِ كَانَ أَمْرُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْلَى. وَقِيلَ أَوْلَى بِهِمْ أَيْ هُوَ أَوْلَى بِأَنْ يَحْكُمَ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ فَيُنَفَّذُ حُكْمُهُ فِي أَنْفُسِهِمْ، أَيْ فِيمَا يَحْكُمُونَ بِهِ لِأَنْفُسِهِمْ مِمَّا يُخَالِفُ حُكْمَهُ. الثَّانِيَةُ- قَالَ بَعْضُ أَهْلِ الْعِلْمِ: يَجِبُ عَلَى الْإِمَامِ أَنْ يَقْضِيَ مِنْ بَيْتِ الْمَالِ دَيْنَ الْفُقَرَاءِ اقْتِدَاءً بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَإِنَّهُ قَدْ صَرَّحَ بِوُجُوبِ ذَلِكَ عَلَيْهِ حَيْثُ قَالَ: (فَعَلَيَّ قَضَاؤُهُ) . وَالضَّيَاعُ (بِفَتْحِ الضَّادِ) مَصْدَرُ ضَاعَ، ثُمَّ جُعِلَ اسْمًا لِكُلِ مَا هُوَ بصدد أن يضيع
(١). مرجع الضمير في هذه الرواية المستوقد المفهوم من الكلام.

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