Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement –
Si quelqu’un rattache un homme à un père par adoption et que cela se fasse par inadvertance – c’est-à-dire que sa langue le prononce sans intention délibérée –, il n’y a ni péché ni sanction, conformément à la parole du Très-Haut : « Il n’y a pas de faute pour vous dans ce que vous commettez par erreur, mais (vous êtes responsables de) ce que vos cœurs préméditent. » De même, si tu appelles un homme par un autre que son père en pensant qu’il s’agit réellement de son père, il ne t’en sera imputé aucune faute, ainsi l’a dit Qatâda.

Cette dispense ne s’étend pas aux cas où le nom issu de l’adoption s’est imposé et a prévalu, comme pour al-Miqdâd ibn ʿAmr : son identité d’adoption l’emportait au point qu’on ne le connaissait pratiquement que sous le nom de « al-Miqdâd ibn al-Aswad », car al-Aswad ibn ʿAbd-Yaghûth l’avait adopté à l’époque de la Jâhiliyyah et il fut renommé par ce nom. Lorsque le verset fut révélé, al-Miqdâd déclara : « Je suis le fils de ʿAmr » ; néanmoins, l’usage continua à l’appeler ainsi, et l’on ne rapporte d’aucun prédécesseur qu’il ait été réprouvé pour avoir continué, même sciemment, à user de cette appellation.

Il en va de même pour Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfah, que l’on appelait « Sâlim (fils) d’Abû Hudhayfah », ainsi que pour d’autres personnes adoptées, associées à un autre que leur père, dont cette appellation devint célèbre et dominante.

La situation diffère, en revanche, pour Zayd ibn Hâritha : il n’est pas permis de dire à son propos « Zayd ibn Muhammad » ; quiconque le ferait en pleine connaissance de cause commettrait une désobéissance, conformément à la parole du Très-Haut : « … mais (vous êtes responsables de) ce que vos cœurs préméditent », c’est-à-dire qu’en cela réside la faute. – Allah est plus savant. – C’est pourquoi Il dit immédiatement après : « Et Allah est Pardonneur, Miséricordieux », c’est-à-dire Pardonneur pour ce qui est fait sciemment, Miséricordieux en levant la faute commise par erreur.

Troisièmement –
On a soutenu que la parole divine : « Il n’y a pas de faute pour vous dans ce que vous commettez par erreur » doit être prise dans un sens général : aucune faute ne vous incombe pour quoi que ce soit que vous commettiez par erreur. Telle fut la fatwâ d’ʿAtâ’ et de nombreux savants. Ainsi, si un homme jure de ne pas quitter son débiteur avant d’avoir recouvré sa créance, puis qu’il accepte de lui des dinars qu’il juge authentiques, avant de s’apercevoir qu’ils sont faux, il n’encourt aucune responsabilité. De même, s’il jure de ne pas saluer un tel, puis le salue sans le reconnaître, il ne rompt pas son serment, car il n’a pas agi volontairement.

Le mot « mâ » est, dans ce verset, à l’état de complément, renvoyant au « mâ » qui accompagne « akh­taʾtum » ; il est également permis de l’analyser comme sujet sous-entendu, avec le sens : « Mais ce dont vous êtes tenus responsables, c’est ce que vos cœurs préméditent. »

Qatâda et d’autres ont dit : quiconque rattache un homme à un autre que son père en pensant, par erreur, que c’est bien son père relève de ce pour quoi Allah a levé la faute. On a aussi dit : cela consiste, lors d’une interpellation, à lui dire « ô mon fils » sans qu’il y ait adoption.

Quatrièmement – La parole du Très-Haut : « Cela est votre parole de vos bouches » ; l’expression « de vos bouches » renforce l’inanité de cette parole : il ne s’agit que d’un propos sans réalité, un simple énoncé de langue, tout comme lorsque tu dis : « Je marche…»

الثَّانِيَةُ- لَوْ نَسَبَهُ إِنْسَانٌ إِلَى أَبِيهِ مِنَ التَّبَنِّي فَإِنْ كَانَ عَلَى جِهَةِ الْخَطَأِ وَهُوَ أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ إِلَى ذَلِكَ مِنْ غَيْرِ قَصْدٍ فَلَا إِثْمَ وَلَا مُؤَاخَذَةَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: (وَلَيْسَ عَلَيْكُمْ جُناحٌ فِيما أَخْطَأْتُمْ بِهِ وَلكِنْ مَا تَعَمَّدَتْ قُلُوبُكُمْ) . وَكَذَلِكَ لَوْ دَعَوْتَ رَجُلًا إِلَى غَيْرِ أَبِيهِ وَأَنْتَ تَرَى أَنَّهُ أَبُوهُ فَلَيْسَ عَلَيْكَ بَأْسٌ قَالَهُ قَتَادَةُ. وَلَا يَجْرِي هَذَا الْمَجْرَى مَا غَلَبَ عَلَيْهِ اسْمُ التَّبَنِّي كَالْحَالِ فِي الْمِقْدَادِ بْنِ عَمْرٍو فَإِنَّهُ كَانَ غَلَبَ عَلَيْهِ نَسَبُ التَّبَنِّي فَلَا يَكَادُ يُعْرَفُ إِلَّا بِالْمِقْدَادِ بْنِ الْأَسْوَدِ فَإِنَّ الْأَسْوَدَ بْنَ عَبْدِ يَغُوثٍ كَانَ قَدْ تَبَنَّاهُ فِي الْجَاهِلِيَّةِ وَعُرِفَ بِهِ. فَلَمَّا نَزَلَتِ الْآيَةُ قَالَ الْمِقْدَادُ: أَنَا ابْنُ عَمْرٍو وَمَعَ ذَلِكَ فَبَقِيَ الْإِطْلَاقُ عَلَيْهِ. وَلَمْ يُسْمَعْ فِيمَنْ مَضَى مَنْ عَصَى مُطْلِقَ ذَلِكَ عَلَيْهِ وَإِنْ كَانَ مُتَعَمِّدًا. وَكَذَلِكَ سَالِمٌ مَوْلَى أَبِي حُذَيْفَةَ كَانَ يُدْعَى لِأَبِي حُذَيْفَةَ. وَغَيْرُ هَؤُلَاءِ مِمَّنْ تُبُنِّيَ وَانْتُسِبَ لِغَيْرِ أَبِيهِ وَشُهِرَ بِذَلِكَ وَغُلِبَ عَلَيْهِ. وَذَلِكَ بِخِلَافِ الْحَالِ فِي زَيْدِ بْنِ حَارِثَةَ فَإِنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ فِيهِ زَيْدُ بْنُ مُحَمَّدٍ فَإِنْ قَالَهُ أَحَدٌ مُتَعَمِّدًا عَصَى لِقَوْلِهِ تَعَالَى: (وَلكِنْ مَا تَعَمَّدَتْ قُلُوبُكُمْ) أَيْ فَعَلَيْكُمُ الْجُنَاحُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَلِذَلِكَ قَالَ بَعْدَهُ: (وَكانَ اللَّهُ غَفُوراً رَحِيماً) أي (غَفُوراً) للعمد و (رَحِيماً) بِرَفْعِ إِثْمِ الْخَطَأِ. الثَّالِثَةُ- وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ قَوْلَ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: (وَلَيْسَ عَلَيْكُمْ جُناحٌ فِيما أَخْطَأْتُمْ) مُجْمَلٌ أَيْ وَلَيْسَ عَلَيْكُمْ جُنَاحٌ في شي أَخْطَأْتُمْ وَكَانَتْ فُتْيَا عَطَاءٍ وَكَثِيرٍ مِنَ الْعُلَمَاءِ. عَلَى هَذَا إِذَا حَلَفَ رَجُلٌ أَلَّا يُفَارِقَ غَرِيمَهُ حَتَّى يَسْتَوْفِيَ مِنْهُ حَقَّهُ فَأَخَذَ مِنْهُ مَا يَرَى أَنَّهُ جَيِّدٌ مِنْ دَنَانِيرَ فَوَجَدَهَا زيوفا أنه لا شي عَلَيْهِ. وَكَذَلِكَ عِنْدَهُ إِذَا حَلَفَ أَلَّا يُسَلِّمَ عَلَى فُلَانٍ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ وَهُوَ لَا يَعْرِفُهُ أَنَّهُ لَا يَحْنَثُ لِأَنَّهُ لَمْ يَتَعَمَّدْ ذَلِكَ. وَ (مَا) فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ رَدًّا عَلَى (مَا) الَّتِي مَعَ (أَخْطَأْتُمْ) . وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَأٍ وَالتَّقْدِيرُ: وَلَكِنَّ الَّذِي تُؤَاخَذُونَ بِهِ مَا تَعَمَّدَتْ قُلُوبُكُمْ. قَالَ قَتَادَةُ وَغَيْرُهُ: مَنْ نَسَبَ رَجُلًا إِلَى غَيْرِ أَبِيهِ وَهُوَ يَرَى أَنَّهُ أَبُوهُ خَطَأً «١» فَذَلِكَ مِنَ الَّذِي رَفَعَ اللَّهُ فِيهِ الْجُنَاحَ. وَقِيلَ: هُوَ أَنْ يَقُولَ لَهُ فِي الْمُخَاطَبَةِ: يا بني على غير تبن. الرابعة- قَوْلُهُ «٢» تَعَالَى: (ذلِكُمْ قَوْلُكُمْ بِأَفْواهِكُمْ) " بِأَفْواهِكُمْ" تَأْكِيدٌ لِبُطْلَانِ الْقَوْلِ، أَيْ أَنَّهُ قَوْلٌ لَا حَقِيقَةَ لَهُ فِي الْوُجُودِ، إِنَّمَا هُوَ قَوْلٌ لِسَانِيٌّ فقط. وهذا كما تقول: أنا أمشى
(١). في ش: (خطأ من الخطأ الذي .. ). (٢). هذه المسألة هكذا وردت في جميع نسخ الأصل. ويلاحظ أنها مقحمة هنا وموضعها الآية السابقة.

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