Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le degré de l’hypocrisie paraissait à certains comme une position intermédiaire ; Allah, exalté soit-Il, l’a rejeté et a montré qu’il n’existe qu’un seul cœur. C’est dans ce sens que l’on se prévaut de ce verset chaque fois que l’on oublie ou que l’on se trompe, disant par manière d’excuse : « Allah n’a placé pour aucun homme deux cœurs dans sa poitrine. »

Quatrième point – Parole du Très-Haut :
« Et Il n’a pas fait que vos épouses auxquelles vous dites : “Tu es, pour moi, comme le dos de ma mère”, deviennent vos mères » ; c’est-à-dire la parole de l’homme à son épouse : « Tu es pour moi comme le dos de ma mère. » Cela sera exposé dans la sourate Al-Mujādalah, – s’Il plaît à Allah.

Cinquième point – Parole du Très-Haut :
« Et Il n’a pas fait que vos fils adoptifs soient vos [véritables] fils. »
Tous les exégètes s’accordent à dire que ce verset fut révélé au sujet de Zayd ibn Hârithah.
Les Maîtres du ḥadith rapportent qu’Ibn ʿUmar a dit : « Nous n’appelions jamais Zayd ibn Hârithah autrement que “Zayd ibn Muḥammad” jusqu’à ce que soit révélé : “Appelez-les d’après leurs pères ; cela est plus équitable auprès d’Allah.” » (Al-Aḥzâb, v. 5)

Selon ce qu’ont rapporté Anas ibn Mâlik et d’autres, Zayd avait été fait prisonnier au Šâm ; une cavalerie de Tihâmah l’avait capturé. Ḥakîm ibn Ḥizâm ibn Khuwaylid l’acheta, puis le donna à sa tante Khadîjah, laquelle l’offrit au Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui. Le Prophète l’affranchit et l’adopta. Zayd demeura quelque temps auprès de lui, puis son oncle et son père vinrent le réclamer pour le racheter. Le Prophète — c’était avant la mission prophétique — leur dit :
« Laissez-le choisir ; s’il vous préfère, il est à vous sans rançon. »
Zayd préféra demeurer esclave auprès du Messager d’Allah plutôt que de retrouver sa liberté et son peuple.
Le Messager d’Allah déclara alors :
« Ô gens de Qurayš, soyez témoins qu’il est mon fils ; il héritera de moi et j’hériterai de lui. »
Il faisait le tour des assemblées de Qurayš pour les en prendre à témoin, et son oncle ainsi que son père y consentirent avant de repartir.

Son père, lorsqu’il eut été capturé, parcourait le Šâm en déclamant :
« Je pleure Zayd sans savoir ce qu’il est advenu ; /
Est-il encore en vie, faut-il l’espérer ou la mort l’a-t-elle devancé ?
Par Allah ! je l’ignore, bien que je questionne ; / Le désert t’a-t-il emporté après moi ou la montagne ?
Ah ! si seulement je savais ! Le temps te ramènera-t-il ? /
Il me suffirait du monde que tu reviennes vers moi, si illustre sois-tu.
Le soleil me le rappelle lorsqu’il se lève, / Et son souvenir se présente quand son couchant décline.
Lorsque se lèvent les vents, ils ravivent sa mémoire ; / Que mon chagrin pour lui est long, que ma frayeur est grande !
J’épuiserai la monture la plus vaillante à travers la terre avec ardeur, / Et je ne me lasserai pas de sillonner les contrées, à moins que les chameaux ne se lassent.
Ma vie durant, ou jusqu’à ce que ma mort me surprenne ; / Tout homme est voué à périr, même si l’espoir l’abuse. »

دَرَجَةَ النِّفَاقِ كَأَنَّهَا مُتَوَسِّطَةٌ، فَنَفَاهَا اللَّهُ تَعَالَى وَبَيَّنَ أَنَّهُ قَلْبٌ وَاحِدٌ. وَعَلَى هَذَا النَّحْوِ يَسْتَشْهِدُ الْإِنْسَانُ بِهَذِهِ الْآيَةِ، مَتَى نَسِيَ شَيْئًا أَوْ وَهِمَ. يَقُولُ عَلَى جِهَةِ الِاعْتِذَارِ: مَا جَعَلَ اللَّهُ لِرَجُلٍ مِنْ قَلْبَيْنِ فِي جَوْفِهِ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما جَعَلَ أَزْواجَكُمُ اللَّائِي تُظاهِرُونَ مِنْهُنَّ أُمَّهاتِكُمْ) يَعْنِي قَوْلَ الرَّجُلِ لِامْرَأَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي. وَذَلِكَ مَذْكُورٌ فِي سُورَةِ " الْمُجَادَلَةِ" «١» عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما جَعَلَ أَدْعِياءَكُمْ أَبْناءَكُمْ) أَجْمَعَ أَهْلُ التَّفْسِيرِ عَلَى أَنَّ هَذَا نَزَلَ فِي زَيْدِ بْنِ حَارِثَةَ. وَرَوَى الْأَئِمَّةُ أَنَّ ابْنَ عُمَرَ قَالَ: مَا كُنَّا نَدْعُو زَيْدَ بْنَ حَارِثَةَ إِلَّا زَيْدَ ابن مُحَمَّدٍ حَتَّى نَزَلَتْ: " ادْعُوهُمْ لِآبائِهِمْ هُوَ أَقْسَطُ عِنْدَ اللَّهِ" [الأحزاب: ٥] وكان زيد فيما روي عن أنس ابن مَالِكٍ وَغَيْرِهِ مَسْبِيًّا مِنَ الشَّأْمِ، سَبَتْهُ خَيْلٌ مِنْ تِهَامَةَ، فَابْتَاعَهُ حَكِيمُ بْنُ حِزَامِ بْنِ خُوَيْلِدٍ، فَوَهَبَهُ لِعَمَّتِهِ خَدِيجَةَ فَوَهَبَتْهُ خَدِيجَةُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَعْتَقَهُ وَتَبَنَّاهُ، فَأَقَامَ عِنْدَهُ مُدَّةً، ثُمَّ جَاءَ عَمُّهُ وَأَبُوهُ يَرْغَبَانِ فِي فِدَائِهِ، فَقَالَ لَهُمَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَذَلِكَ قَبْلَ الْبَعْثِ: (خَيِّرَاهُ فَإِنِ اخْتَارَكُمَا فَهُوَ لَكُمَا دُونَ فِدَاءٍ) . فَاخْتَارَ الرِّقَّ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى حُرِّيَّتِهِ وَقَوْمِهِ، فَقَالَ مُحَمَّدٍ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِنْدَ ذَلِكَ: (يَا مَعْشَرَ قُرَيْشٍ اشْهَدُوا أَنَّهُ ابْنِي يَرِثُنِي وَأَرِثُهُ) وَكَانَ يَطُوفُ عَلَى حِلَقِ قُرَيْشٍ يُشْهِدُهُمْ عَلَى ذَلِكَ، فَرَضِيَ ذَلِكَ عَمُّهُ وَأَبُوهُ وَانْصَرَفَا. وَكَانَ أَبُوهُ لَمَّا سُبِيَ يَدُورُ الشَّأْمَ وَيَقُولُ: بَكَيْتُ عَلَى زَيْدٍ وَلَمْ أَدْرِ مَا فَعَلَ ... أَحَيٌّ فَيُرْجَى أَمْ أَتَى دُونَهُ الْأَجَلْ فَوَاللَّهِ لَا أَدْرِي وَإِنِّي لَسَائِلٌ ... أَغَالَكَ بَعْدِي السَّهْلُ أَمْ غَالَكَ الْجَبَلْ فَيَا لَيْتَ شِعْرِي! هَلْ لَكَ الدَّهْرَ أَوْبَةٌ ... فَحَسْبِي مِنَ الدُّنْيَا رُجُوعُكَ لِي بَجَلْ «٢» تُذَكِّرُنِيهِ الشَّمْسُ عِنْدَ طُلُوعِهَا ... وَتَعْرِضُ ذِكْرَاهُ إِذَا غَرْبُهَا أَفَلْ وَإِنْ هَبَّتِ الْأَرْيَاحُ هَيَّجْنَ ذِكْرَهُ ... فَيَا طُولَ مَا حُزْنِي عَلَيْهِ وَمَا وَجَلْ سَأُعْمِلُ نَصَّ الْعِيسِ فِي الْأَرْضِ جَاهِدًا ... وَلَا أَسْأَمُ التَّطْوَافَ أَوْ تَسْأَمُ الْإِبِلْ حَيَاتِيَ أَوْ تَأْتِي عَلَيَّ مَنِيَّتِي ... فَكُلُّ امْرِئٍ فَانٍ وإن غره الأمل
(١). راجع ج ١٧ ص ٢٧٩ فما بعد. [ ..... ] (٢). بجل: كنعم زنة ومعنى. وأبجله الشيء: كفاه.

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