Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ne leur a-t-il donc pas été accordé la guidance ? »

Abou ‘Abd ar-Raḥmân as-Sulamî, Qatâda et Abou Zayd d’après Ya‘qoub ont lu : « nahdî lahum » – avec le nûn initial –, lecture parfaitement explicite.

An-Naḥḥâs dit : l’emploi du yâ’ (yahdî) pose une difficulté, car un verbe ne saurait se passer d’un sujet ; où donc se trouve le sujet de « yahdî » ? Les grammairiens ont débattu la question. Al-Farrâ’ avance que « kam » (« combien »), placé ici en sujet, est élevé par « yahdî » ; cela contredit cependant le principe généralement admis selon lequel l’interrogatif n’est pas gouverné par ce qui le précède, et que rien, avant lui, ne régit « kam ».

Selon Abou al-‘Abbâs, le verbe « yahdî » renferme lui-même l’idée de guidance ; le sens serait donc : « La guidance ne leur a-t-elle pas été donnée ? »

D’autres expliquent : « Allah ne les a-t-Il pas guidés ? », si bien que le sens, que l’on lise avec le yâ’ ou avec le nûn, demeure identique : « Ne leur avons-Nous pas exposé comment Nous avons anéanti les générations mécréantes avant eux ? »

Az-Zajjâj estime que « kam » est, ici, à la place de l’accusatif régi par « ahlak-nâ » (« Nous avons fait périr »).

« Ils marchent dans leurs demeures » : le pronom de « yamschouna » peut renvoyer aux passants qui parcourent les habitations des peuples détruits — ils y passent sans méditer —, ou bien auxdits peuples détruits eux-mêmes ; l’expression devient alors circonstancielle, et le sens est : « Nous les avons fait périr tandis qu’ils cheminaient dans leurs demeures. »

« Certes, il y a là des signes ; n’entendent-ils donc pas ? » — des signes et des exhortations divines, afin qu’ils s’en souviennent.

[Coran 32 : 27]

Parole du Très-Haut :

« Ne voient-ils pas que Nous conduisons l’eau vers la terre aride (al-arḍ al-juruz), et qu’à l’aide d’elle Nous faisons pousser une récolte dont leurs troupeaux et eux-mêmes se nourrissent ? Ne voient-ils donc pas clair ? »

Autrement dit : ne reconnaissent-ils pas la perfection de Notre puissance, lorsque Nous acheminons l’eau vers cette terre desséchée, dépourvue de végétation, pour lui redonner vie ?

Az-Zamakhsharî explique : « juruz » désigne une terre dont la végétation a été fauchée, soit par manque d’eau, soit parce qu’elle a été broutée puis ôtée ; on n’emploie pas ce terme pour un sol qui, par nature, ne fait rien pousser, comme les terrains salins. La preuve en est la suite du verset : « et Nous en faisons sortir une récolte… »

Ibn ‘Abbâs dit : c’est une terre située au Yémen. Mujâhid : c’est le territoire d’Abyan. ‘Ikrima : une terre assoiffée. Ad-Ḍaḥḥâk : la terre morte et altérée. Al-Farrâ’ : une terre dépourvue de toute végétation. Al-Aṣma‘î : une terre qui ne produit absolument rien.

Muḥammad ibn Yazîd juge peu probable qu’il s’agisse d’une terre déterminée, la présence de l’article défini (« al- ») indiquant plutôt une catégorie ; cela reste toutefois admissible conformément à l’avis d’Ibn ‘Abbâs et d’ad-Ḍaḥḥâk. Et Allah — exalté soit-Il — est plus savant.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَوَلَمْ يَهْدِ لَهُمْ) وَقَرَأَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ السُّلَمِيُّ وَقَتَادَةُ وَأَبُو زَيْدٍ عَنْ يَعْقُوبَ " نَهْدِ لَهُمْ" بِالنُّونِ، فَهَذِهِ قِرَاءَةٌ بَيِّنَةٌ. النَّحَّاسُ: وَبِالْيَاءِ فِيهَا إِشْكَالٌ، لِأَنَّهُ يُقَالُ: الْفِعْلُ لَا يَخْلُو مِنْ فَاعِلٍ، فَأَيْنَ الْفَاعِلُ لِ "- يَهْدِ" ؟ فَتَكَلَّمَ النَّحْوِيُّونَ فِي هَذَا، فَقَالَ الْفَرَّاءُ: " كَمْ" فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ بِ "- يَهْدِ" وَهَذَا نَقْضٌ لِأُصُولِ النَّحْوِيِّينَ فِي قَوْلِهِمْ: إِنَّ الِاسْتِفْهَامَ لَا يَعْمَلُ فِيهِ مَا قَبْلَهُ وَلَا فِي " كَمْ" بِوَجْهٍ، أَعْنِي مَا قَبْلَهَا. وَمَذْهَبُ أَبِي الْعَبَّاسِ أَنَّ " يَهْدِ" يَدُلُّ عَلَى الْهُدَى، وَالْمَعْنَى أَوَ لَمْ يَهْدِ لَهُمُ الْهُدَى. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَوَ لَمْ يَهْدِ اللَّهُ لَهُمْ، فَيَكُونُ مَعْنَى الْيَاءِ وَالنُّونِ وَاحِدًا، أَيْ أَوَ لَمْ نُبَيِّنْ لَهُمْ إِهْلَاكَنَا الْقُرُونَ الْكَافِرَةَ مِنْ قَبْلِهِمْ. وَقَالَ الزجاج: " كَمْ" هي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِ "- أَهْلَكْنا" . " يَمْشُونَ فِي مَساكِنِهِمْ" يَحْتَمِلُ الضَّمِيرُ فِي " يَمْشُونَ" أَنْ يَعُودَ عَلَى الْمَاشِينَ فِي مَسَاكِنِ الْمُهْلَكِينَ، أَيْ وَهَؤُلَاءِ يَمْشُونَ وَلَا يَعْتَبِرُونَ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَعُودَ عَلَى الْمُهْلَكِينَ فَيَكُونُ حَالًا، وَالْمَعْنَى: أَهْلَكْنَاهُمْ مَاشِينَ فِي مَسَاكِنِهِمْ. (إِنَّ فِي ذلِكَ لَآياتٍ أَفَلا يَسْمَعُونَ) آيَاتِ الله وعظاته فيتعظون. [[سورة السجده (٣٢) : آية ٢٧]] أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا نَسُوقُ الْماءَ إِلَى الْأَرْضِ الْجُرُزِ فَنُخْرِجُ بِهِ زَرْعاً تَأْكُلُ مِنْهُ أَنْعامُهُمْ وَأَنْفُسُهُمْ أَفَلا يُبْصِرُونَ (٢٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا نَسُوقُ الْماءَ إِلَى الْأَرْضِ الْجُرُزِ) أَيْ أو لم يَعْلَمُوا كَمَالَ قُدْرَتِنَا بِسَوْقِنَا الْمَاءَ إِلَى الْأَرْضِ الْيَابِسَةِ الَّتِي لَا نَبَاتَ فِيهَا لِنُحْيِيَهَا. الزَّمَخْشَرِيُّ: الْجُرُزُ الْأَرْضُ الَّتِي جُرِزَ نَبَاتُهَا، أَيْ قُطِعَ، إِمَّا لِعَدَمِ الْمَاءِ وَإِمَّا لِأَنَّهُ رُعِيَ وَأُزِيلَ. وَلَا يُقَالُ لِلَّتِي لَا تُنْبِتُ كَالسِّبَاخِ جُرُزٌ، وَيَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَنُخْرِجُ بِهِ زَرْعاً" قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هِيَ أَرْضٌ بِالْيَمَنِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: هِيَ أَبْيَنُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: هِيَ الْأَرْضُ الظَّمْأَى. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: هِيَ الْأَرْضُ الْمَيْتَةُ الْعَطْشَى. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: هِيَ الْأَرْضُ الَّتِي لَا نَبَاتَ فِيهَا. وَقَالَ الْأَصْمَعِيُّ: هِيَ الْأَرْضُ الَّتِي لَا تُنْبِتُ شَيْئًا. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ: يَبْعُدُ أَنْ تَكُونَ لِأَرْضٍ بِعَيْنِهَا لِدُخُولِ الْأَلِفِ وَاللَّامِ، إِلَّا أَنَّهُ يَجُوزُ عَلَى قَوْلِ مَنْ قَالَ: الْعَبَّاسُ وَالضَّحَّاكُ. وَالْإِسْنَادُ

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