Ce passage implique l’idée de jardins. Le terme « nuzulan » désigne une hospitalité. Le « nuzul » est ce que l’on prépare pour l’arrivant et l’hôte. Ce sens a déjà été évoqué à la fin de la sourate Âl-‘Imrân. Le mot est à l’accusatif en tant que complément circonstanciel rattaché à « les jardins », c’est-à-dire que les jardins leur sont préparés ; il peut également être considéré comme complément de cause.
Quant à ceux qui se sont pervertis — c’est-à-dire qui ont délaissé la foi pour la mécréance — leur refuge sera le Feu. Chaque fois qu’ils voudront en sortir, ils y seront ramenés : lorsque la flamme du Feu les pousse vers son sommet, ils sont renvoyés à la place qui leur est assignée parce qu’ils espèrent en sortir. Ce point a déjà été mentionné dans la sourate al-Ḥajj.
On leur dira — soit par les gardiens de la Géhenne, soit par Allah Lui-même : « Goûtez au châtiment du Feu auquel vous donniez le démenti ». Le verbe « goûter » s’emploie pour ce qui est sensible comme pour ce qui est abstrait, et son explication a été donnée plus haut dans la présente sourate.
« Nous leur ferons certes goûter un châtiment moindre avant le châtiment plus grand, afin qu’ils reviennent ».
Al-Ḥasan, Abû l-‘Âliyah, ad-Ḍaḥḥâk, Ubayy ibn Ka‘b et Ibrâhîm an-Nakha‘î ont dit : le châtiment moindre correspond aux malheurs et maladies d’ici-bas par lesquels les serviteurs sont éprouvés jusqu’à ce qu’ils se repentent (opinion rapportée également d’Ibn ‘Abbâs). D’après lui encore, il s’agirait des peines légales (hudûd).
Ibn Mas‘ûd, al-Ḥusayn ibn ‘Alî et ‘Abdullâh ibn al-Hârith ont dit : c’est la mise à mort par l’épée lors de la bataille de Badr. Muqâtil a dit : il s’agit des sept années de famine à La Mecque durant lesquelles ils mangèrent des charognes — avis partagé par Mujâhid. Selon Mujâhid encore, le châtiment moindre est le supplice de la tombe, opinion soutenue également par al-Barâ’ ibn ‘Âzib. Tous s’accordent à dire que le châtiment plus grand est celui du Jour de la Résurrection.
Al-Qushayrî a déclaré : on a aussi dit qu’il s’agit du châtiment de la tombe, mais cela reste discutable à cause de la parole : « afin qu’ils reviennent ». Il ajouta : celui qui interprète le châtiment comme le fait d’être tué affirme que « afin qu’ils reviennent » signifie : afin que revienne (à Allah) celui d’entre eux qui restera en vie. Il n’y a pas de divergence quant au fait que le châtiment plus grand est celui de la Géhenne, sauf d’après un récit attribué à Ja‘far ibn Muḥammad selon lequel il s’agirait de la sortie du Mahdî brandissant l’épée, le châtiment moindre étant, dans ce cas, la cherté des prix.
Il a également été dit que le sens de Sa parole « afin qu’ils reviennent », selon Mujâhid et al-Barâ’, est : « afin qu’ils aspirent au retour et le demandent ».