Je dis :
Cette opinion est excellente, car elle réunit, quant au sens, les différentes explications. En effet, celui qui attend la prière du ʿIchâʾ jusqu’à l’accomplir se trouve, durant tout ce temps, en prière et en rappel d’Allah – Exalté soit-Il –, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ :
« L’homme demeure en prière tant qu’il attend la prière. »
Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : Ce qu’entend le verset, c’est l’attente de la dernière prière de la nuit, le ʿIchâʾ, car le Messager d’Allah ﷺ la retardait jusqu’à environ un tiers de la nuit.
Ibn ʿAṭiyya a commenté : Les gens de la Jâhiliyyah s’endormaient dès le premier crépuscule, à n’importe quel moment qui leur convenait ; attendre l’heure du ʿIchâʾ leur paraissait donc chose étrange et pénible. Quant à celui qui accomplit la prière du Ṣubḥ en congrégation, surtout au tout début de son horaire – comme le faisait le Prophète ﷺ –, il a pour habitude, s’il est assidu à cette prière à son heure, de se lever avant l’aube, de faire ses ablutions, de prier et de se rappeler Allah عز وجل jusqu’au lever du jour ; il se prive ainsi de son lit tant au début qu’à la fin de la nuit.
Ce propos est appuyé par le hadith rapporté par Muslim d’après ʿUthmân ibn ʿAffân (qu’Allah l’agrée) : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Quiconque prie le ʿIchâʾ en congrégation, c’est comme s’il avait veillé la moitié de la nuit ; et quiconque prie le Ṣubḥ en congrégation, c’est comme s’il avait veillé toute la nuit.” »
La version de at-Tirmidhî et Abû Dâwûd stipule : « Celui qui assiste au ʿIchâʾ en congrégation obtient la récompense de la prière d’une demi-nuit ; et celui qui accomplit le ʿIchâʾ et le Fajr en congrégation obtient la récompense de la prière d’une nuit entière. »
Il a déjà été mentionné, à propos de la sourate « An-Nûr », que Kaʿb a rapporté ceci : quiconque, après la dernière prière du soir, accomplit quatre rakʿa, se voit accorder une récompense équivalant à celle de la Nuit du Destin (1).
De beaux récits ont également été transmis au sujet du mérite de la prière accomplie entre le Maghrib et le ʿIchâʾ et de la prière nocturne.
Ibn al-Mubârak relate : « Yahyâ ibn Ayyûb nous a transmis, disant : Muḥammad ibn al-Ḥajjâj – ou Ibn Abî al-Ḥajjâj – m’a rapporté avoir entendu ʿAbd al-Karîm dire que le Messager d’Allah ﷺ a affirmé : “Quiconque accomplit dix rakʿa entre le Maghrib et le ʿIchâʾ se verra bâtir un palais au Paradis.” »
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb dit alors : « Dans ce cas, ô Messager d’Allah, nos palais et nos demeures seront nombreux ! » Le Prophète ﷺ répondit : « Allah est plus Grand et plus Généreux » – ou il dit : « plus Pur. »
D’après ʿAbdullâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂṣ (qu’Allah les agrée) : « La prière des pénitents (Ṣalât al-Awwâbîn) est la retraite spirituelle qui se déroule entre le Maghrib et le ʿIchâʾ, jusqu’à ce que les gens se lèvent pour la prière. »
ʿAbdullâh ibn Masʿûd, pour sa part, priait à cette heure-là et disait : « Il s’agit de la “prière de l’inattention” (Ṣalât al-Ghaflah) entre le Maghrib et le ʿIchâʾ. » C’est ce qu’a mentionné Ibn al-Mubârak. Ath-Thalabî l’a également rapporté, en hadith marfûʿ, d’après Ibn ʿUmar – qu’Allah l’agrée – qui a dit que le Prophète ﷺ a déclaré