les endroits où l’on dort. Il est également possible d’y voir une allusion au moment même où l’on se couche, mais il ne s’agirait alors que d’un usage métaphorique, tandis que le sens propre demeure préférable.
Parmi les vers de ʿAbd Allâh b. Rawâḥah :
« Et, au milieu de nous, le Messager d’Allah récite Son Livre,
quand l’éclat familier de l’aube fend l’obscurité ;
Il passe la nuit, son flanc éloigné de la couche,
alors que les païens s’alourdissent dans leurs lits. »
Az-Zajjâj et ar-Rummânî disent : le terme « tajâfî » signifie se déporter vers un côté plus élevé ; on l’emploie de même pour désigner la mansuétude à l’égard de celui qui a offensé (par une invective, etc.). « Al-junûb » est le pluriel de « janb » (flanc).
S’agissant de la parole divine : « leurs flancs se détachent de leurs couches », deux explications sont rapportées :
- Ils se lèvent pour le rappel d’Allah – dans la prière ou en dehors de la prière – selon Ibn ʿAbbâs et ad-Ḍaḥḥâk.
- Ils se lèvent spécifiquement pour la prière.
Quant à la prière pour laquelle leurs flancs quittent les couches, quatre avis sont mentionnés :
- La prière surérogatoire de la nuit (qiyâm al-layl). C’est l’opinion majoritaire des exégètes et celle de la plupart des gens ; c’est là que gît l’éloge. C’est la position de Mujâhid, al-Awzâʿî, Mâlik b. Anas, al-Ḥasan al-Baṣrî, Abû l-ʿÂliyah et d’autres. Elle est étayée par la parole du Très-Haut : « Nul ne sait quelle fraîcheur des yeux est réservée, en secret, pour eux » (as-Sajda, 17) : parce qu’ils ont été récompensés pour ce qu’ils cachaient par ce qui leur a été dissimulé – et Allah est plus savant. Plusieurs hadiths traitent du qiyâm al-layl, parmi lesquels celui de Muʿâdh b. Jabal : le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit : « Ne veux-tu pas que je t’indique les portes du bien ? Le jeûne est une protection, la sadaqa éteint la faute comme l’eau éteint le feu, et la prière de l’homme au cœur de la nuit… » puis il récita : « leurs flancs se détachent de leurs couches » jusqu’à « … qu’ils œuvraient ». Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd aṭ-Ṭayâlisî dans son Musnad, par le qâḍî Ismâʿîl b. Isḥâq et par Abû ʿÎsâ at-Tirmidhî, lequel déclara : « Hadith bon et authentique. »
- La prière de ʿIshâʾ, appelée également al-ʿatama ; tel est l’avis d’al-Ḥasan et ʿAtâʾ. At-Tirmidhî rapporte, d’après Anas b. Mâlik, que ce verset fut révélé au sujet de ceux qui attendent la prière appelée al-ʿatama. Il dit : « Hadith bon et singulier. »
- Les prières surérogatoires entre le Maghreb et ʿIshâʾ, opinion de Qatâda et ʿIkrima. Abû Dâwûd rapporte d’après Anas b. Mâlik, à propos du verset : « leurs flancs se détachent de leurs couches, ils invoquent leur Seigneur avec crainte et espoir et dépensent de ce que Nous leur avons accordé », qu’ils accomplissaient des nawâfil entre le Maghreb et ʿIshâʾ.
- Selon ad-Ḍaḥḥâk, « le flanc qui se détache » consiste à accomplir ʿIshâʾ et Ṣubḥ (Fajr) en congrégation ; c’est également l’avis d’Abû d-Dardâʾ et ʿUbâdah.