Al-Jawharî : « Tu as goûté ce qu’il y a chez untel », c’est-à-dire : tu l’as éprouvé. – « Tu as goûté l’arc » : lorsque tu en tires la corde afin d’éprouver sa résistance. – « Allah lui a fait goûter les fâcheuses conséquences de son affaire. »
Poème de Ṭufayl :
« Alors goûtez, comme nous avons goûté, au matin de Muḥajjar,
de la rage qui rongeait nos poitrines et du tourment intérieur. »
« Je l’ai ‘tédégusté’ » signifie : je l’ai goûté peu à peu. – « Une affaire ‘mustaḏâq’ » : déjà éprouvée, bien connue.
Le poète a dit :
« La promesse des belles comme la promesse de Qayn ;
quand les présents s’en éloignent, elle est chose déjà goûtée. »
Le mot « aḏ-ḏawwaq » désigne celui qui se lasse vite, l’instable.
« Ceux qui ne croient véritablement à Nos signes sont seulement ceux qui, lorsqu’on les leur rappelle, tombent prosternés, célèbrent la gloire de leur Seigneur en Le louant, sans jamais s’enfler d’orgueil. » (Sourate 32, v. 15)
Ce verset constitue un réconfort pour le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui. En effet, du fait qu’ils sont accoutumés à la mécréance, ils ne croiront pas en toi ; seuls croiront en toi et au Coran ceux qui le méditent et s’en inspirent. Ce sont eux qui, lorsqu’on leur récite le Coran, « tombent prosternés ».
Ibn ʿAbbâs dit : « Ils tombent inclinés (rukūʿ). » Al-Mahdawî précise que cela va dans le sens de ceux qui jugent qu’il convient de s’incliner lorsqu’on lit un verset de prosternation, en s’appuyant sur la parole d’Allah : « Il tomba incliné et se repentit. » (S. 38, v. 24)
La majorité des savants considère cependant qu’il s’agit ici de la prosternation même : ils se jettent, le visage contre terre, devant Allah, exaltant Ses signes, redoutant Sa rigueur et Son châtiment.
« Ils célèbrent la gloire de leur Seigneur en Le louant » : ils associent la tasbîḥ au ḥamd, disant dans leur prosternation : « Subḥâna-llâhi wa-bi-ḥamdih, Subḥâna rabbiyal-aʿlâ wa-bi-ḥamdih », proclamant la transcendance d’Allah face aux assertions des idolâtres. Sufyân commente : « Ils prient par reconnaissance envers leur Seigneur. »
« Ils ne s’enflent pas d’orgueil » à Son propos, dit Yaḥyâ b. Sallâm. Al-Naqqâsh ajoute : « Ils ne s’enorgueillissent pas comme les Mecquois qui refusèrent de se prosterner. »
« Leurs flancs se détachent de leurs couches ; ils invoquent leur Seigneur avec crainte et espoir, et sur ce que Nous leur avons accordé ils dépensent. » (Sourate 32, v. 16)
« Leurs flancs se détachent de leurs couches » : c’est-à-dire qu’ils se lèvent, s’éloignent des lieux où l’on s’allonge. L’expression est ici à l’accusatif de circonstance : leurs flancs se trouvant dans un état de retrait. « Al-maḍâjiʿ » est le pluriel de « maḍjaʿ », le lieu de repos