Les savants – qu’Allah leur fasse miséricorde – ont, au sujet de ces deux interprétations, donné des éclaircissements suffisants dans le domaine des fondements de la croyance. La réponse la plus pertinente consiste à dire :
Il est désormais acquis, pour nous comme pour vous, qu’Allah – exalté soit-Il – ne guide pas les hommes par la voie de la contrainte, de l’obligation ou de la coercition. Une telle conception aboutirait inéluctablement à la doctrine des Jabrites, laquelle est, pour nous comme pour vous, une position décriée. Il ne reste donc que cette vérité : les croyants qui ont été guidés ne l’ont été qu’en vertu du choix qu’Allah – Très-Haut – leur a accordé, de sorte que la responsabilité religieuse demeure valide ; ainsi, celui qui veut croit et obéit par choix et non sous la contrainte.
Allah – Très-Haut – dit : « Pour celui d’entre vous qui veut suivre la droiture » [at-Takwîr : 28] ; et Il dit encore : « Quiconque veut emprunter un chemin menant vers son Seigneur » [al-Insân : 29]. Il conclut ces deux versets par Sa parole : « Vous ne voulez que si Allah veut » [at-Takwîr : 29]. La foi des croyants se réalise donc par leur propre volonté, tout en étant soumise à la Volonté d’Allah – qu’Il soit exalté.
C’est précisément là que les Jabrites ont versé dans l’excès : voyant que la guidance dépend de la Volonté d’Allah, ils ont soutenu que les créatures sont entièrement contraintes dans tous leurs actes d’obéissance, se fondant sur la parole divine : « Vous ne voulez que si Allah veut ». De même, les Qadarites ont sombré dans l’autre excès : constatant que la guidance est liée à la volonté des serviteurs, ils ont prétendu que les créatures créent elles-mêmes leurs actions, en s’appuyant sur le verset : « Pour celui d’entre vous qui veut suivre la droiture ».
Notre position est celle de la modération dans la croyance : une voie médiane entre celle des Jabrites et celle des Qadarites, car le meilleur chemin est celui du juste milieu. Les gens de la vérité affirment : nous distinguons entre ce à quoi nous sommes contraints et ce que nous choisissons. Nous percevons clairement la différence entre un tremblement involontaire de la main – qui se produit sans notre effort, sans notre volonté et sans être accompagné de notre capacité – et un mouvement volontaire, lorsque l’homme agite sa main d’un geste identique à celui du tremblement. Celui qui ne distingue pas entre ces deux mouvements, pourtant présents dans son propre corps et sensibles à sa main par observation et perception, est déficient d’esprit, défaillant dans sa sensation et sort du cercle des gens doués de raison.
Telle est la vérité évidente ; elle constitue une voie intermédiaire entre l’excès et la négligence.
« Les deux extrêmes, dans toute affaire mesurée, sont blâmables. »