ils méditaient, alors qu’ils avaient été semblables à des gens qui ne voient ni n’entendent. Lorsqu’ils se sont enfin réveillés dans l’Au-delà, ils sont devenus comme s’ils avaient entendu et vu.
On a dit : ils diront — c’est-à-dire — : « Ô notre Seigneur, l’argument est entièrement en Ta faveur, car nous avons vu Tes messagers et les merveilles de Ta création dans le bas-monde, et nous avons entendu leur parole ; nous n’avons donc plus aucune excuse. » Tel est leur aveu ; puis ils sollicitèrent d’être renvoyés dans ce monde afin de croire.
(Sourate as-Sajdah, 32 : 13)
« Si Nous l’avions voulu, Nous aurions certes accordé à chaque âme sa guidée. Mais la Parole venant de Moi est réalisée : “Je remplirai assurément la Géhenne de djinns et d’hommes, tous ensemble.” »
Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī dit : lorsque ces gens dirent : « Seigneur, nous avons vu et entendu ; renvoie-nous, nous accomplirons des œuvres vertueuses, nous sommes maintenant convaincus », Allah leur répliqua par Sa parole : « Si Nous l’avions voulu, Nous aurions certes accordé à chaque âme sa guidée », c’est-à-dire : « Si Je l’avais voulu, J’aurais guidé tous les hommes, de sorte qu’aucun d’eux ne se serait opposé. » Puis vient : « Mais la Parole venant de Moi… » — le reste du verset. Ibn al-Mubārak l’a rapporté dans ses « Riqaq » au terme d’un long ḥadith que nous avons cité dans « at-Tadhkira ».
An-Naḥḥās dit : l’énoncé « Si Nous l’avions voulu, Nous aurions certes donné à chaque âme sa guidée » admet deux interprétations :
- qu’il se rapporte à la vie d’ici-bas ;
- que le contexte montre qu’il vise l’Au-delà, c’est-à-dire : « Si Nous l’avions voulu, Nous les aurions ramenés sur terre et à l’épreuve, comme ils l’ont demandé. »
Quant à : « Mais la Parole venant de Moi : Je remplirai assurément la Géhenne de djinns et d’hommes tous ensemble », il signifie : « La Parole irrévocable venant de Moi est que Je châtierai par le Feu de l’Enfer quiconque Me désobéit. » Allah — béni et exalté soit-Il — savait que s’Il les renvoyait, ils reviendraient à ce qui leur était interdit, comme Il a dit : « Et s’ils étaient ramenés, ils reviendraient assurément à ce qui leur avait été défendu » (al-Anʿām, 28).
Ici, la « guidée » désigne la création de la connaissance et de la foi au cœur.
Les Muʿtazilites l’interprètent ainsi : « Si Nous l’avions voulu, Nous les aurions contraints à la guidée en manifestant des signes terrifiants ; mais cela ne sied pas à Allah, car cela saperait le but même de la mise à l’épreuve — à savoir la récompense — laquelle ne se mérite que par un acte accompli librement par le responsable religieux. »
Les Imâmiyyah, pour leur part, disent dans leur exégèse : « Il se peut qu’Il ait voulu leur guidée vers le chemin du Paradis dans l’Au-delà sans châtier quiconque ; cependant la Parole venant de Lui est qu’Il remplira la Géhenne. Ainsi, selon nous, Allah n’est pas tenu de guider tout un chacun vers le Paradis ; ce qui est obligatoire est la guidée des infaillibles, tandis que celui qui a un péché peut, légitimement, être conduit vers le Feu en rétribution de ses actes. » Cette latitude même est contestée, car ils tiennent pour certain que ce qui est visé par « sa guidée » est la guidée vers la foi. (Et la discussion se prolonge à ce sujet.)