La mort – et Il a créé, par Ses propres mains, la saisie des âmes, leur extraction des corps et leur sortie de ceux-ci. Allah, – Exalté soit-Il –, a également créé une armée d’anges qui l’assistent, accomplissant Son œuvre par Son ordre.
Le Très-Haut a dit : « Si tu voyais, lorsque les anges retirent l’âme de ceux qui ont mécru… » (Al-Anfâl, 50) ; et Il a dit : « Nos envoyés le font mourir… » (Al-An‘âm, 61). Ce sens a déjà été exposé dans la sourate Al-An‘âm.
Le Créateur, Al-Bâri’, est Celui qui a fait le tout, le véritable Auteur de toute action. Allah, le Très-Haut, dit : « Allah reçoit les âmes au moment de leur mort, ainsi que celles qui ne meurent pas durant leur sommeil » (Az-Zumar, 42) ; et : « Celui qui a créé la mort et la vie » (Al-Mulk, 2) ; et : « Il fait vivre et Il fait mourir » (Al-A‘râf, 158).
Ainsi, l’Ange de la mort saisit l’âme, ses assistants la tirent, et Allah – Exalté soit-Il – fait sortir l’âme. Tel est le moyen de concilier les versets et les hadiths. Or, comme l’Ange de la mort est chargé de cela par l’intermédiaire et l’action directe, la prise en charge (at-tawaffî) lui est attribuée, tout comme la création est attribuée à l’ange, comme nous l’avons mentionné dans la sourate Al-Hajj.
Mujâhid rapporte que ce bas-monde se trouve devant l’Ange de la mort comme un bassin devant l’homme : il en prélève où il veut. Ce sens a d’ailleurs été rapporté sous forme de hadith marfû‘ et cité dans le « Kitâb at-Tadhkira ».
Il est également rapporté que lorsque Allah – Exalté soit-Il – confia à l’Ange de la mort la mission de saisir les âmes, celui-ci dit : « Seigneur ! Tu m’as fait mentionner de façon détestable et les fils d’Adam me vilipendent. » Allah, – Exalté soit-Il –, lui répondit : « Je ferai pour la mort des causes et des maladies auxquelles ils attribueront le décès ; ainsi, personne ne te mentionnera si ce n’est en bien. » Nous l’avons relaté en détail dans « At-Tadhkira », où nous avons mentionné qu’il appelle les âmes : elles viennent à lui, il les saisit, puis les remet aux Anges de la miséricorde ou du châtiment – tout cela constituant un remède pour qui veut s’en enquérir.
Deuxièmement – Certains savants se sont appuyés sur ce verset pour admettre la validité du mandat (al-wikâla) en citant Sa parole : « un chargé (a été désigné) pour vous », c’est-à-dire pour saisir vos âmes. Ibn al-‘Arabî a dit : « On a tiré cet argument du terme lui-même et non de son sens ; si l’on poussait ce raisonnement à bout, il faudrait dire, au sujet de la parole du Très-Haut : “Dis : Ô hommes ! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah…” (Al-A‘râf, 158), qu’il s’agit d’une délégation de la part d’Allah – qu’Il soit béni et exalté – et d’un mandat pour transmettre Son message ; de même, au sujet de Sa parole : “Acquittez la zakât” (An-Nûr, 56), qu’il s’agit d’un mandat, puisqu’Allah – Exalté soit-Il – a garanti la subsistance de toute créature vivante, a réservé la nourriture aux riches et leur a fait savoir que la subsistance des pauvres est entre leurs mains ; Il leur a ordonné de la leur remettre en une mesure déterminée, à un moment déterminé, qu’Il a fixé selon Sa science et qu’Il a fait exécuter. "