Ibn as-Sikkīt : « Aḍlaltu baʿīrī » signifie : « j’ai égaré mon chameau lorsqu’il s’est éloigné de moi. » – « Wa ḍalaltu l-masjida wa d-dāra » : lorsqu’on ne connaît plus l’emplacement de la mosquée ou de la maison ; il en va de même pour toute chose fixe dont on ne parvient plus à retrouver la trace.
Dans le ḥadith : « laʿallī aḍillu ʾllāha », c’est-à-dire : « il se peut que je m’égare loin d’Allah », autrement dit : « que je me dissimule à Lui » ; cf. la Parole du Très-Haut : « أَإِذَا ضَلَلْنَا فِي الْأَرْضِ – lorsque nous serons perdus (cachés) dans la terre » : c’est-à-dire lorsque nous serons devenus invisibles. – « Allah l’a égaré, alors il s’est égaré ». On dit : « tu guides l’égaré (ḍ-ḍāll) mais non celui qui s’obstine dans son égarement (al-mutaḍall). »
Al-Aʿmaš et al-Ḥasan ont récité « ṣalalnā » avec ṣād, c’est-à-dire : « nous nous sommes putréfiés » ; c’est la récitation rapportée de ʿAlī ibn Abī Ṭālib – qu’Allah l’agrée. An-Naḥḥās commente : « “ṣalalnā” n’est pas attesté dans la langue, mais on dit : “ṣalla l-laḥmu wa ʾaṣalla, khamma wa ʾakhama” lorsque la viande est devenue fétide. »
Al-Jawharī : « ṣalla l-laḥmu yaṣillu – avec kasra – ṣulūlan », c’est-à-dire : la viande a pourri, qu’elle soit cuite ou crue. Al-Ḥuṭayʾa a dit :
« Voilà un jeune homme qui offre ce qu’il possède,
Chez lui la viande ne se corrompt pas au point de sentir le “ṣulūl”. »
Le verbe « ʾaṣalla » a le même sens.
« إِنَّا لَفِي خَلْقٍ جَدِيدٍ » : « Serons-nous vraiment dans une création nouvelle après cela ? » – et l’on récite aussi : « أَيَّنَا ».
An-Naḥḥās : « Il s’agit là d’une question complexe de grammaire arabe : quel est le régent de “idhā” ? “Inna” ne gouverne pas ce qui la précède, et la présence d’une particule d’interrogation rend la chose encore plus délicate, car ce qui suit l’interrogation est d’autant moins apte à exercer une régence sur ce qui la précède, or voici que les deux se trouvent réunies. »
– Selon la lecture « إِنَّا », le régent est le verbe « ḍalalnā ».
– Selon la lecture « أَيَّنَا », le régent est sous-entendu ; le sens est : « Serons-nous ressuscités lorsque nous serons morts ? »
Une autre question se pose : où se trouve la réponse à « idhā » dans la première lecture, puisqu’elle implique la condition ? La réponse est qu’elle est suivie d’un verbe au passé ; cela est donc permis.
« بَلْ هُمْ بِلِقَاءِ رَبِّهِمْ كَافِرُونَ » : Ils ne nient pas la puissance d’Allah – exalté soit-Il – de faire revivre ; ils la reconnaissent, mais leur conviction est qu’il n’y aura pour eux ni reddition de comptes ni rencontre avec Allah Très-Haut.
(32:11) « Dis : l’Ange de la Mort qui a été préposé à vous prendra vos âmes, puis c’est vers votre Seigneur que vous serez ramenés. » – Ce verset comporte deux questions de jurisprudence.