Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

D’autres ont dit : « mahîn » désigne ce qui n’a aucune valeur aux yeux des gens.

(Puis Il le façonna) : le pronom renvoie à Adam ; c’est-à-dire qu’Il paracheva sa création. (Il insuffla en lui de Son Esprit.) Ensuite, Il revint à sa descendance et dit : « Il a fait pour vous l’ouïe et la vue. »

On a également dit : puis Il transforma cette eau insignifiante en une créature harmonieuse, y fit résider l’âme et l’attribua à Lui-même par honneur. En effet, elle procède de Son acte et de Sa création, tout comme Il attribue le serviteur à Lui-même lorsqu’Il dit : « Mon serviteur ». Il a exprimé cette action par le terme « souffler » parce que l’âme appartient au même genre que le vent. Tout cela a déjà été expliqué dans la sourate « An-Nisâ’ » et ailleurs.

« Vous êtes bien peu à remercier » : autrement dit, ensuite vous ne rendez pas grâce, vous mécroyez même.

[Coran, 32 : 10] « Ils dirent : “Lorsque nous nous serons perdus dans la terre, serons-nous vraiment recréés à neuf ?” Non ! Ils ne croient pas à la rencontre de leur Seigneur. »

Telle est la parole de ceux qui nient la résurrection : c’est-à-dire : « Nous sommes morts, anéantis et devenus poussière. »

L’expression trouve son origine dans la langue arabe : on dit « l’eau s’est perdue (ḍalla) dans le lait » lorsqu’elle disparaît. Les Arabes qualifient de « perdu » (ḍalla) tout objet qu’un autre a dominé au point d’en effacer la trace.

Al-Akhtal a dit :
« Tu n’étais qu’une paille dans une vague trouble et écumante,
Que la crue a projetée, puis elle s’est totalement dissoute. »

Qutrub a déclaré : le sens de « ḍalalnā » est : « Nous avons disparu dans la terre. » Il cita le vers d’al-Nâbigha adh-Dhubyânî :
« Ses pisteurs le ramenèrent, parfaitement visible,
Tandis qu’au Jawlân furent laissés fardeau et don. »

Ibn Muḥayṣin et Yahyâ ibn Yaʿmur ont récité « ḍalilnā » avec la lâm cassée ; c’est une variante dialectale.

Al-Jawharî dit : « je dis ḍalaltu », « j’égare » ; Allah – Très-haut – a dit : « Dis : si je m’égare, je ne m’égare qu’à mon détriment » (Saba’ : 50). C’est la langue de Najd, considérée comme la plus éloquente. Les habitants de la région haute disent « ḍaliltu » (lâm cassée) « aḍill ». On dit : il est « ḍâll », « tâll » ; on parle de « ḍalâlah » ou de « talâlah ».

« Aḍallahu » signifie : Il l’a fait perdre, Il l’a anéanti. On dit : « on a perdu (uḍilla) le mort » lorsqu’on l’a enseveli.

Et le poète a dit : « fa-âba muḍillūhu… » – fin du vers.

وَقَالَ غَيْرُهُ: " مَهِينٍ" لَا خَطَرَ لَهُ عِنْدَ الناس. (ثُمَّ سَوَّاهُ) رَجَعَ إِلَى آدَمَ، أَيْ سَوَّى خَلْقَهُ (وَنَفَخَ فِيهِ مِنْ رُوحِهِ) ثُمَّ رَجَعَ إِلَى ذُرِّيَّتِهِ فَقَالَ: " وَجَعَلَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصارَ" وَقِيلَ: ثُمَّ جَعَلَ ذَلِكَ الْمَاءَ الْمَهِينَ خَلْقًا مُعْتَدِلًا، وَرَكَّبَ فِيهِ الرُّوحَ وَأَضَافَهُ إِلَى نَفْسِهِ تَشْرِيفًا. وَأَيْضًا فَإِنَّهُ مِنْ فِعْلِهِ وَخَلْقِهِ كَمَا أَضَافَ الْعَبْدَ إِلَيْهِ بِقَوْلِهِ: " عَبْدِي" . وَعَبَّرَ عَنْهُ بِالنَّفْخِ لِأَنَّ الرُّوحَ فِي جِنْسِ الرِّيحِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا مُبَيَّنًا فِي " النِّسَاءِ" «١» وَغَيْرِهَا. (قَلِيلًا مَا تَشْكُرُونَ) أَيْ ثُمَّ أَنْتُمْ لَا تَشْكُرُونَ بل تكفرون. [[سورة السجده (٣٢) : آية ١٠]] وَقالُوا أَإِذا ضَلَلْنا فِي الْأَرْضِ أَإِنَّا لَفِي خَلْقٍ جَدِيدٍ بَلْ هُمْ بِلِقاءِ رَبِّهِمْ كافِرُونَ (١٠) هَذَا قَوْلُ مُنْكِرِي الْبَعْثِ، أَيْ هَلَكْنَا وَبَطَلْنَا وَصِرْنَا تُرَابًا. وَأَصْلُهُ مِنْ قَوْلِ الْعَرَبِ: ضَلَّ الْمَاءُ فِي اللَّبَنِ إِذَا ذَهَبَ. وَالْعَرَبُ تَقُولُ للشيء غلب عليه غيره حَتَّى خَفِيَ فِيهِ أَثَرُهُ: قَدْ ضَلَّ. قَالَ الْأَخْطَلُ: كُنْتَ الْقَذَى فِي مَوْجِ أَكْدَرَ مُزْبِدٍ ... قَذَفَ الْأَتِيُّ بِهِ فَضَلَّ ضَلَالًا وَقَالَ قُطْرُبٌ: مَعْنَى ضَلَلْنَا غِبْنَا فِي الْأَرْضِ. وَأَنْشَدَ قَوْلَ النَّابِغَةِ الذُّبْيَانِيِّ: فَآبَ مُضِلُّوهُ بِعَيْنٍ جَلِيَّةٍ ... وَغُودِرَ بِالْجَوْلَانِ حَزْمٌ وَنَائِلُ وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ وَيَحْيَى بْنُ يَعْمُرَ: " ضَلِلْنَا" بِكَسْرِ اللَّامِ، وَهِيَ لُغَةٌ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَقَدْ ضَلَلْتُ أَضِلُّ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " قُلْ إِنْ ضَلَلْتُ فَإِنَّما أَضِلُّ عَلى نَفْسِي" «٢» [سبأ: ٥٠] . فَهَذِهِ لُغَةُ نَجْدٍ وَهِيَ الْفَصِيحَةُ. وَأَهْلُ الْعَالِيَةِ يَقُولُونَ: " ضَلِلْتُ" - بِكَسْرِ اللَّامِ- أَضَلُّ. وَهُوَ ضَالٌّ تَالٌّ، وَهِيَ الضَّلَالَةُ وَالتَّلَالَةُ. وَأَضَلَّهُ أَيْ أَضَاعَهُ وَأَهْلَكَهُ. يُقَالُ: أُضِلَّ الْمَيِّتَ إِذَا دُفِنَ. قَالَ: فآب مضلوه ...... البيت.
(١). راجع ج ٦ ص ٢٢. (٢). راجع ص ٣١٣ من هذا الجزء.

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