Sa parole – exalté soit-Il :
« Lui qui a embelli toute chose qu’Il a créée. »
Ibn Kathîr, Abû ‘Amr et Ibn ‘Âmir lisent « khalaqahu » en maintenant la lâm atone, tandis que les autres la prononcent avec la voyelle fatha ; cette seconde lecture a été retenue par Abû ‘Ubayd et Abû Ḥâtim car elle est plus aisée. Il s’agit d’un verbe au passé placé au génitif comme épithète du mot « shay’ » (chose).
Selon ce qui est rapporté d’Ibn ‘Abbâs, le sens est : Il a parachevé toute chose qu’Il a créée, c’est-à-dire qu’Il l’a faite conformément à ce qu’Il a voulu, sans que Sa volonté ne subisse aucune modification. D’après une autre explication : tout ce qu’Il a créé est beau, car nul ne saurait produire son pareil, et cela constitue une preuve en faveur de son Créateur.
Pour ceux qui gardent la lâm atone, « khalaqahu » est, chez Sîbawayh, un nom verbal, car la locution « aḥsana kulla shay’in khalaqahu » signifie : Il a créé chaque chose d’une création parfaite, à l’instar des expressions « ṣun‘a-llâh » (l’œuvre d’Allah) et « kitâba-llâhi ‘alaykum » (l’écrit d’Allah prescrit pour vous). D’autres grammairiens le considèrent à l’accusatif par apposition à « kulla », c’est-à-dire : « Celui qui a embelli la création de toute chose. » Pour certains, il s’agit d’un second complément d’objet : le verbe « aḥsana » ayant alors le sens de « faire comprendre, faire connaître », il se construit avec deux objets : « Il fit comprendre toute chose qu’Il créa ».
On a aussi dit qu’il est à l’accusatif comme tamyîz (explicatif) : Il a embelli toute chose quant à sa constitution. Autre avis : il est à l’accusatif après suppression d’une préposition ; le sens devient : Il a embelli chaque chose dans sa création. Une parole d’Ibn ‘Abbâs va dans ce sens. « Aḥsana » signifie alors : Il a rendu parfaite et solide, autrement dit Il l’a embelli du point de vue de la finalité voulue pour elle.
Dans ce sens, Ibn ‘Abbâs et ‘Ikrima ont dit : « L’anus du singe n’est pas beau en soi, mais il est savamment conçu et parfaitement adapté. » Ibn Abî Najîḥ rapporte de Mujâhid, à propos de « aḥsana kulla shay’in khalaqahu » : « Il l’a perfectionné. » C’est semblable à Sa parole : « Celui qui a donné à chaque chose sa forme » (Tâ-Hâ, 50), c’est-à-dire qu’Il n’a pas créé l’homme sous la forme de la bête ni la bête sous la forme de l’homme.
Il est également permis de lire « khalquhu » avec ḍamma : « telle est Sa création ».
Selon un autre avis, l’expression est générale dans les termes mais spécifique dans le sens : Il a embelli la création de toute chose qui est belle. D’autres disent qu’elle est générale tant dans la forme que dans le sens : Il a rendu belle toute chose qu’Il a créée, allant jusqu’à faire de la constitution du chien une chose belle, comme l’a affirmé Ibn ‘Abbâs. Qatâda a dit également : « Même l’anus du singe est beau. »
Sa parole :
« Et Il commença la création de l’homme à partir d’argile »
– il s’agit d’Adam. –
« Puis Il fit sa descendance d’une quintessence d’une eau vile »
– cela a été déjà évoqué dans la sourate Al-Mu’minûn et ailleurs.
Az-Zajjâj dit : « D’une eau vile », c’est-à-dire faible.