La descente s’effectue en cinq cents ans et la remontée en cinq cents ans, d’après Qatâdah et as-Suddî. Selon l’avis d’Ibn ‘Abbâs et d’adh-Dahhâk, la descente dure mille ans et l’ascension mille ans.
« … parmi ce que vous comptez » signifie : parmi ce que vous calculez en jours de la vie d’ici-bas. Ce « jour » désigne en réalité une durée évaluée à mille ans des années du monde ; il ne s’agit pas d’un jour comprenant une seule journée entre deux nuits, car cela n’a pas de sens auprès d’Allâh. Les Arabes, en effet, emploient parfois le terme « jour » pour parler de toute une époque, comme l’a dit le poète :
Deux jours : un jour de stations et de réunions,
et un jour de marche vers l’ennemi, sans halte.
Il ne veut pas dire deux jours précis ; il entend seulement que leur temps se divise en deux moitiés, et il appelle chacune des deux moitiés « jour ».
Ibn Abî ‘Ablah a récité « ya‘raju » (« l’on y est élevé ») à la forme passive, et l’on a également lu « ya‘uddûna » (« ils comptent ») à la troisième personne.
Quant à Sa parole, – exalté soit-Il : « en un jour dont la durée est de cinquante mille ans », elle semble difficile à concilier avec le présent verset. ‘Abd Allâh b. Fayrûz ad-Daylamî interrogea ‘Abd Allâh b. ‘Abbâs au sujet de ce verset et de la parole divine : « en un jour dont la durée est de cinquante mille ans ». Il répondit : « Ce sont des jours qu’Allâh – exalté soit-Il – a nommés, et je ne sais pas ce qu’ils sont ; je redoute de parler à leur sujet sans science. »
On interrogea ensuite Sa‘îd b. al-Musayyab, qui dit : « Je n’en sais rien. » Lorsque je lui rapportai la réponse d’Ibn ‘Abbâs, Sa‘îd dit au questionneur : « Ibn ‘Abbâs s’est abstenu d’en parler, alors qu’il est plus savant que moi. »
Les savants ont dès lors pris la parole sur la question, et l’on a dit : le verset « Un questionneur a interrogé… » (sourate al-Ma‘ârij, v. 1) fait allusion au Jour de la Résurrection, contrairement au présent verset. Le sens est qu’Allâh – exalté soit-Il – a rendu ce jour, pénible pour les mécréants, comme s’il durait cinquante mille ans, selon l’explication d’Ibn ‘Abbâs. Les Arabes décrivent en effet les jours douloureux comme longs, et les jours heureux comme courts, ainsi qu’a dit le poète :
Un jour, tel l’ombre de la lance, dont la longueur fut écourtée
par le vin versé de la jarre et le fracas des tambourins.
On a encore avancé que le Jour de la Résurrection se compose de plusieurs jours : certains ont une durée de mille ans, d’autres de cinquante mille ans. D’autres ont dit : les moments de ce Jour diffèrent ; ainsi, le mécréant subira un type de châtiment pendant mille ans, puis passera à un autre qui durera cinquante mille ans. D’autres enfin ont soutenu que les stations du Jour de la Résurrection sont au nombre de cinquante, chacune durant mille ans.
Ainsi, le sens de « Il y monte vers Lui en un jour dont la durée est de mille ans » est : la mesure