« Et toi, tu ne mourras pas avant d’être devenu aveugle, tandis qu’il ne s’écoulera pas une année entière avant que, moi, je ne meure. »
Ibn ʿAbbâs lui demanda : « Et où mourras-tu donc, ô Juif ? »
Il répondit : « Je n’en sais rien. »
Ibn ʿAbbâs dit alors : « Allah a dit vrai : ﴾… et nul être ne sait sur quelle terre il mourra﴿. »
Ibn ʿAbbâs retourna chez lui et trouva son fils pris de fièvre ; celui-ci mourut dix jours plus tard. Le Juif mourut avant que l’année ne s’achève, et Ibn ʿAbbâs mourut lui-même aveugle.
ʿAlî b. al-Ḥusayn, qui rapporte ce récit, déclara : « C’est là l’un des récits les plus étonnants. »
Muqâtil dit : « Cette parole divine fut révélée au sujet d’un nomade, al-Wâriṯ b. ʿAmr b. Ḥâritha, qui se rendit auprès du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et lui dit : “Ma femme est enceinte ; informe-moi de ce qu’elle mettra au monde. Notre contrée est frappée de sécheresse ; dis-moi quand la pluie tombera. Je connais la date de ma naissance ; annonce-moi celle de ma mort. Je sais ce que j’ai accompli aujourd’hui ; dis-moi ce que j’accomplirai demain. Et informe-moi de l’heure de la Résurrection.” Alors Allah — Très-Haut — fit descendre ce verset. » Ce propos est rapporté par al-Qushayrî et al-Mâwardî.
Abû l-Malîḥ a relaté d’après Abû ʿAzza al-Hudhalî que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Lorsque Allah — Exalté soit-Il — veut saisir l’âme d’un serviteur en un lieu déterminé, Il lui crée un besoin qui le pousse à s’y rendre, et il ne cesse de s’y acheminer jusqu’à ce qu’il y parvienne. » Puis le Prophète récita : ﴾Certes, Allah possède [Seul] la connaissance de l’Heure…﴿ jusqu’à ﴾… et nul être ne sait sur quelle terre il mourra﴿.
Ce hadith est mentionné par al-Mâwardî et a été rapporté par Ibn Mâjah, d’après Ibn Masʿûd, dans un sens approchant ; nous l’avons reproduit in extenso dans le livre « at-Tadhkira ».
La lecture courante de l’expression « wa yunazzilu » comporte une gémination du zây, tandis qu’Ibn Kathîr, Abû ʿAmr, Ḥamza et al-Kisâʾî la lisent sans gémination. Ubayy b. Kaʿb a récité « bi-ayyati arḍin », alors que les autres lecteurs disent « bi-ayyi arḍin ».
Al-Farrâʾ explique que le féminin du mot « arḍ » (terre) suffit à marquer le féminin de « ayy ». D’autres disent que « arḍ » signifie ici « lieu », d’où le recours au masculin.
Le poète a dit :
« Il n’est nuage qui ait versé sa pluie,
Ni terre qui ait fait pousser sa verdure. »
Al-Akhfash estime qu’on peut dire : « Je suis passé auprès d’une esclave, ayy jâriya (laquelle esclave), ou ayyati jâriya. » Sîbawayh a rapproché le féminin de « ayy » de celui de « kull » dans l’expression : « kullatuhunna — elles toutes. »
﴾Allah est, en vérité, Omniscient, Parfaitement Informé.﴿
L’expression « Parfaitement Informé » est soit un second adjectif de « Omniscient », soit une information (khabar) supplémentaire. Et Allah — Très-Haut — sait mieux.