[Sourate Luqmân (31), verset 34]
« Certes, Allah détient la connaissance de l’Heure ; Il fait descendre la pluie ; Il sait ce que contiennent les matrices. Nulle âme ne sait ce qu’elle acquerra demain, et nulle âme ne sait sur quelle terre elle mourra. Allah est, en vérité, Omniscient, Parfaitement Informé. »
Al-Farrâ’ a soutenu que le verset exprime ici une négation : autrement dit, nul ne possède cette science en dehors d’Allah Très-Haut.
Abû Ja‘far an-Nahhâs dit : le verset revêt un sens simultané de négation et d’affirmation par la transmission du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, car il a déclaré, à propos de la parole du Très-Haut : « Et auprès de Lui se trouvent les clefs de l’invisible, nul ne les connaît si ce n’est Lui » (al-Anʿâm, 59) : « Il s’agit précisément de celles-ci. »
Je (l’auteur) dis : Nous avons rappelé, dans la sourate al-Anʿâm, le hadith d’Ibn ʿUmar à ce sujet, rapporté par al-Bukhârî.
Dans le hadith de Jibrîl – sur lui la paix –, celui-ci demande : « Informe-moi de l’Heure. » Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم répondit : « Celui qu’on interroge n’en sait pas plus que celui qui pose la question. Il est cinq choses que nul ne connaît hormis Allah Très-Haut : “Certes, Allah détient la connaissance de l’Heure ; Il fait descendre la pluie ; Il sait ce que contiennent les matrices ; nulle âme ne sait ce qu’elle acquerra demain…” ». Il lui dit alors : « Tu as dit vrai. » Telle est la formulation d’Abû Dâwûd at-Tayâlisî.
ʿAbdullâh ibn Masʿûd a dit : « Tout a été donné à votre Prophète صلى الله عليه وسلم, hormis cinq choses : “Certes, Allah détient la connaissance de l’Heure…”, jusqu’à la fin du verset. »
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Ces cinq réalités ne sont connues que d’Allah Très-Haut ; aucun Ange rapproché ni aucun Prophète envoyé ne les connaît. Celui qui prétend en savoir quoi que ce soit a renié le Coran, car il l’a contredit. »
Il reste cependant que les prophètes apprennent nombre de choses du monde invisible par la révélation qu’Allah leur accorde. Le but est ici d’invalider les prétentions des devins, des astrologues et de ceux qui demandent la pluie en invoquant les constellations.
Par la longue expérience, on peut certes parvenir à certaines indications concernant, par exemple, le sexe du fœtus, et d’autres choses encore, comme cela a été signalé dans al-Anʿâm ; mais l’expérience peut varier, l’habitude se rompre, et la science demeure exclusivement à Allah Très-Haut.
Il est rapporté qu’un Juif, versé dans le calcul des astres, dit un jour à Ibn ʿAbbâs : « Si tu le souhaites, je te révélerai l’étoile de ton fils, et je t’annoncerai qu’il mourra dans dix jours… »