Il crée les créatures – tout ce qu’Il veut créer dans les cieux et sur la terre, sans exception – et Il connaît ce qu’elles contiennent jusqu’au poids même d’un atome. Il connaît toutes les espèces, jusque dans le moindre de leurs poils ou de leurs membres ; Il connaît, dans chaque arbre, chaque feuille, toutes les formes de créatures qui s’y nichent et la variété de leurs goûts et de leurs couleurs.
Si donc Il nommait individuellement chaque être vivant, détaillait chacune de ses parties, qu’elles soient infimes ou importantes, les états successifs qu’il traverse, l’accroissement qu’il subit à chaque époque ; s’Il exposait chaque arbre séparément, ce qui en découle comme rameaux, la quantité de ce qui en sèche à chaque période ; si ensuite l’on consignait pour chacun d’eux, dans un exposé exhaustif, tout ce qu’Allah – exalté soit Son éloge – en a englobé ; et si la mer devenait l’encre de cet exposé qu’Allah – Béni et Très-Haut – ferait au sujet de ces réalités, et qu’après elle sept autres mers venaient encore l’alimenter, cet exposé au sujet de ces choses serait plus abondant encore (c’est-à-dire qu’il ne s’épuiserait pas).
Je dis : tel est le sens de la parole d’al-Qaffâl, et c’est, si Allah le veut, une excellente explication.
D’aucuns ont rapporté que les Quraysh dirent : « Le propos de Muhammad finira bien par s’épuiser et se tarira », alors le verset fut révélé. As-Suddî dit : les Quraysh dirent : « Que la parole de Muhammad est abondante ! », et le verset fut révélé.
Parole du Très-Haut : « وَالْبَحْرُ يَمُدُّهُ… »
La lecture de la majorité le porte au nominatif : « al-baḥru » est un mubtadaʾ, son khabar se trouvant dans la proposition qui suit, laquelle occupe la fonction de ḥâl ; c’est comme s’Il disait : « Quant à la mer, tel est son état », ainsi l’a établi Sîbawayh.
Certains grammairiens estiment qu’il s’agit d’une coordination avec « anna », car celle-ci se trouve en position de sujet (mubtadaʾ) élevé.
Abû ʿAmr et Ibn Abî Isḥâq ont lu « wal-baḥra » à l’accusatif, en coordination avec « mâ », qui est le nom de « anna ».
On a dit également : c’est-à-dire : « Et quand bien même la mer serait prolongée », c’est-à-dire augmentée.
Ibn Hurmuz et al-Ḥasan ont lu « yamuddahu » d’après le verbe « amdada ».
Un groupe de savants considère que « madda » et « amdada » ont le même sens ; un autre distingue : « madda » s’emploie quand la chose se complète par elle-même – comme l’on dit : « Le Nil a alimenté le canal », c’est-à-dire : il l’a fait déborder – tandis qu’« amdada » est utilisé quand l’appoint vient d’un élément extérieur. Cette question a déjà été évoquée dans al-Baqarah et Âl-ʿImrân.
Jaʿfar ibn Muḥammad a lu : « wal-baḥru midâduhu » (et la mer en serait l’encre).
L’expression « mâ nafidat kalimâtullâh » (Jamais ne s’épuiseraient les paroles d’Allah) a déjà été expliquée, de même que « inna-llâha ʿazîzun ḥakîm » (Allah est certes Puissant et Sage).
Abû ʿUbaydah a dit : le terme « baḥr » désigne ici l’eau douce qui fait pousser les roseaux servant de calames, tandis que l’eau salée ne produit pas de calames.