« À Allah appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre » : c’est-à-dire qu’Il en est le Maître et le Créateur.
« En vérité, Allah est, Lui, le Riche par essence (al-Ghanī) » : Il n’a nul besoin de Ses créatures ni de leur adoration ; s’Il les a toutefois commandés, c’est afin que ce commandement leur profite.
« Le Digne de louange (al-Hamīd) » : Celui que l’on loue pour Son œuvre parfaite.
[Coran, s. Luqmân (31), v. 27]
« Quand bien même tout arbre sur terre se ferait calame, et que la mer, renforcée après elle par sept autres mers, servirait d’encre, les Paroles d’Allah ne s’épuiseraient point. Certes, Allah est Tout-Puissant, Sage. » (v. 27)
Après avoir opposé aux idolâtres les preuves qu’Il a avancées, Allah – exalté soit-Il – précise que les sens et les significations de Sa Parole ne tarissent jamais et qu’elles n’ont pas de limite.
Al-Qaffâl a dit : lorsqu’Il a rappelé qu’Il avait assujetti pour eux ce qui est dans les cieux et sur la terre, et qu’Il avait comblé Ses bienfaits, Il attira leur attention sur le fait que, si tous les arbres devenaient calames et que les mers se changeaient en encre pour inscrire les merveilles de l’œuvre d’Allah, témoignant de Sa puissance et de Son unicité, ces merveilles ne s’épuiseraient pas.
Al-Qushayrî commente : ramener la portée de « ces paroles » au domaine des choses créées est possible, mais il est préférable de rapporter le verset à la Parole incréée (le Kalâm éternel). Toute créature est nécessairement limitée ; si l’on nie la finitude de Ses créatures possibles, c’est qu’il s’agit de ce qu’Il créera à l’avenir ; quant à ce qu’englobe déjà l’existence et que l’on peut dénombrer, cela est forcément borné. Or, l’Ancien, Lui, n’a point de limite à proprement parler. (Le sens de « les Paroles d’Allah » a déjà été exposé à la fin de la sourate al-Kahf.)
Abû ʿAlî dit : les « Paroles » – Allah est plus savant – visent ici ce qui relève du possible (al-maqdūr) avant même d’être amené à l’existence. C’est proche de l’explication d’al-Qaffâl ; le but est de montrer l’immensité des sens des Paroles d’Allah, lesquelles, en elles-mêmes, sont inépuisables. On a seulement rapproché la chose à l’entendement humain par ce qui, pour l’homme, représente la limite la plus haute de la multitude ; non que ces Paroles puissent réellement s’épuiser, même avec davantage de calames et de mers.
Le contexte de la révélation du verset indique que l’on vise par « les Paroles » la Parole éternelle. Ibn ʿAbbâs rapporte que la raison de ce verset est la suivante : les Juifs dirent : « Ô Muhammad, comment peut-on nous qualifier par cette parole : “Vous n’avez reçu du savoir que bien peu” [al-Isrâʾ : 85], alors que la Torah nous a été donnée ; elle contient la Parole d’Allah et Ses prescriptions, et, selon toi, elle est l’exposé de toute chose ? » Le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – leur répondit : « La Torah n’est qu’un peu parmi beaucoup. » Puis ce verset fut révélé ; il est médinois.
Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs conclut : il apparaît donc clairement qu’ici « les Paroles » désignent la science et les réalités des choses, car, exalté soit-Il, Allah savait, avant même