Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Un faddâd. »
Ibn ʿÂʾidh rapporte : « J’ai demandé à Ghuḍayf : “Qu’est-ce qu’un faddâd, ô Abû Asmâʾ ?” — Il répondit : “C’est, à l’occasion, un peu de ta façon de marcher, ô mon neveu.” »
Abû ʿUbayd commente : « Le terme désigne quelqu’un qui possède de grands biens et qui se pavane. »

Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :
« Quiconque traîne son vêtement par arrogance, Allah ne le regardera pas le Jour de la Résurrection. »

Quant au “vantard” (al-fakhûr), Mujâhid explique qu’il s’agit de celui qui ne cesse d’énumérer ce qui lui a été accordé sans remercier Allah, et la racine du mot renvoie aussi à la vanterie au sujet de la lignée ou d’autres sujets.

Sourate Luqmân (31), verset 19 :
« Adopte la modération dans ta démarche et abaisse ta voix, car la plus détestable des voix est assurément celle des ânes. »

Ce passage comporte six points :

  1. « Adopte la modération dans ta démarche. » Après l’avoir averti du caractère blâmable de la démarche hautaine, Allah lui prescrit la conduite noble à suivre : marcher avec mesure. Le “qasd” se situe entre la hâte et la lenteur : ne traîne pas les pieds tel un moribond, ni ne bondis comme un malfaiteur. Le Prophète — paix et salut sur lui — a dit : « La marche précipitée fait disparaître la prestance du croyant. » S’agissant des récits où il est rapporté qu’il accélérait l’allure, ainsi que la parole de ʿÂʾishah au sujet de ʿUmar — qu’Allah les agrée : « Lorsqu’il marchait, il accélérait l’allure », il s’agit d’une vitesse située au-dessus de la démarche traînante des apathiques. Allah en sait davantage. Le Très-Haut a loué qui se comporte ainsi, comme il a été expliqué dans la sourate « al-Furqân ».

  2. « Abaisse ta voix. » C’est-à-dire réduis-la : n’élève pas ta voix artificiellement, contente-toi du volume nécessaire, car pousser la voix au-delà du besoin est une affectation qui incommode. Tout cela vise à cultiver l’humilité. ʿUmar dit un jour à un muezzin qui forçait sa voix au-delà de ses capacités : « J’ai craint que ton “mirayṭâʾ” ne se fende ! » Ce muezzin était Abû Maḥdhûrah Samurah b. Miʿyar. Le “mirayṭâʾ” désigne la zone comprise entre le nombril et le pubis.

  3. « La plus détestable des voix est bien celle des ânes. » Autrement dit : la plus laide et la plus repoussante ; de là l’expression : « Il nous est venu avec un visage “munkar” » (déplaisant). L’âne est devenu proverbial pour exprimer le blâme appuyé et l’insulte, et il en est de même de son braiement, tant leur répulsion à son égard est grande

فَدَّادًا. قَالَ ابْنُ عَائِذٍ قُلْتُ لِغُضَيْفٍ: مَا الْفَدَّادُ يَا أَبَا أَسْمَاءَ؟ قَالَ: كَبَعْضِ مِشْيَتِكَ يا ابن أَخِي أَحْيَانًا. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: وَالْمَعْنَى ذَا مَالٍ كَثِيرٍ وَذَا خُيَلَاءَ. وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (مَنْ جَرَّ ثَوْبَهُ خُيَلَاءَ لَا يَنْظُرُ اللَّهُ إِلَيْهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ) . وَالْفَخُورُ: هُوَ الَّذِي يُعَدِّدُ مَا أُعْطِيَ وَلَا يَشْكُرُ اللَّهَ تَعَالَى، قَالَهُ مُجَاهِدٌ. وَفِي اللَّفْظَةِ الْفَخْرُ بِالنَّسَبِ وغير ذلك. [[سورة لقمان (٣١) : آية ١٩]] وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ وَاغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ إِنَّ أَنْكَرَ الْأَصْواتِ لَصَوْتُ الْحَمِيرِ (١٩) فِيهِ سِتُّ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ) لَمَّا نَهَاهُ عَنِ الْخُلُقِ الذَّمِيمِ رَسَمَ لَهُ الْخُلُقَ الْكَرِيمَ الَّذِي يَنْبَغِي أَنْ يَسْتَعْمِلَهُ فَقَالَ: " وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ" أَيْ تَوَسَّطْ فِيهِ. وَالْقَصْدُ: مَا بَيْنَ الْإِسْرَاعِ وَالْبُطْءِ، أَيْ لَا تَدِبَّ دَبِيبَ الْمُتَمَاوِتِينَ وَلَا تَثِبْ وَثْبَ الشُّطَّارِ، وَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (سُرْعَةُ الْمَشْيِ تُذْهِبُ بَهَاءَ الْمُؤْمِنِ) . فَأَمَّا مَا رُوِيَ عَنْهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَنَّهُ كَانَ إِذَا مَشَى أَسْرَعَ، وَقَوْلُ عَائِشَةَ فِي عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا: كَانَ إِذَا مَشَى أَسْرَعَ- فَإِنَّمَا أَرَادَتِ السُّرْعَةَ الْمُرْتَفِعَةَ عَنْ دَبِيبِ الْمُتَمَاوِتِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَدْ مَدَحَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ مَنْ هَذِهِ صِفَتُهُ حَسْبَمَا تقدم بيانه في " الفرقان" «١» . الثانية- قوله تعالى: (وَاغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ) أَيِ انْقُصْ مِنْهُ، أَيْ لَا تَتَكَلَّفْ رَفْعَ الصَّوْتِ وَخُذْ مِنْهُ مَا تَحْتَاجُ إِلَيْهِ، فَإِنَّ الْجَهْرَ بِأَكْثَرَ مِنَ الْحَاجَةِ تَكَلُّفٌ يُؤْذِي. وَالْمُرَادُ بِذَلِكَ كُلِّهِ التَّوَاضُعُ، وَقَدْ قَالَ عُمَرُ لِمُؤَذِّنٍ تَكَلَّفَ رَفْعَ الْأَذَانِ بِأَكْثَرَ مِنْ طَاقَتِهِ: لَقَدْ خَشِيتُ أَنْ يَنْشَقَّ مُرَيْطَاؤُكَ! وَالْمُؤَذِّنُ هُوَ أَبُو مَحْذُورَةَ سَمُرَةُ بْنُ مِعْيَرٍ «٢» . وَالْمُرَيْطَاءُ: مَا بَيْنَ السُّرَّةِ إِلَى الْعَانَةِ. الثَّالِثَةُ- قوله تعالى: (إِنَّ أَنْكَرَ الْأَصْواتِ لَصَوْتُ الْحَمِيرِ) أَيْ أَقْبَحَهَا وَأَوْحَشَهَا، وَمِنْهُ أَتَانَا بِوَجْهٍ مُنْكَرٍ. وَالْحِمَارُ مَثَلٌ فِي الذَّمِّ الْبَلِيغِ وَالشَّتِيمَةِ، وَكَذَلِكَ نُهَاقُهُ، وَمِنِ استفحاشهم
(١). راجع ج ١٣ ص ٦٨. (٢). في الأصول: (معمر) بالميم بدل الياء وهو تحريف.

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