Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant au terme « al-aṣʿar », il désigne celui qui, par orgueil, détourne son visage des autres ; il vise en réalité la lie des gens, ceux qui sont dépourvus de religion.

Dans le ḥadith, on lit : « Tout ṣaʿʿār est voué à la malédiction », c’est-à-dire tout individu imbu de sa personne et gonflé d’arrogance.

Deuxièmement – Sens du verset : « Ne penche pas ta joue, par orgueil et vanité, en signe de mépris pour les gens. » C’est l’exégèse d’Ibn ʿAbbās et d’autres. Certains ont expliqué qu’il s’agit de tordre sa bouche quand le nom d’un homme est mentionné devant toi, comme si tu le méprisais.

Le sens est donc : tourne-toi vers eux avec humilité, affabilité et bienveillance ; que le plus jeune, lorsqu’il te parle, trouve une oreille attentive jusqu’à la fin de son propos. Tel était le comportement du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui.

Je dis : c’est également le sens du ḥadith rapporté par Mālik, d’après Ibn Shihāb, d’après Anas ibn Mālik : « Ne vous haïssez pas, ne vous tournez pas le dos, ne soyez pas jaloux les uns des autres ; soyez, ô serviteurs d’Allāh, des frères ; il n’est pas licite à un musulman de délaisser son frère plus de trois jours. »

Le « tadābur » (se tourner le dos) signifie l’aversion, l’interruption de la parole, du salut, etc. On l’appelle « tadābur » parce que celui que tu détestes, tu t’en détournes et lui présentes ton dos ; il agit de même envers toi. Celui que tu aimes, tu lui fais face pour lui donner et recevoir la joie. Ce sens du « tadābur » se retrouve chez celui qui « incline sa joue » ; c’est ainsi que Mujāhid a commenté le verset.

Ibn Khawayz Mandād a dit au sujet de « Ne détourne pas ta joue des gens » : il a interdit à l’homme de s’avilir sans nécessité. Dans le même sens on rapporte du Prophète — qu’Allāh le couvre d’éloges et de paix : « Il n’appartient pas à l’homme de s’avilir lui-même. »

Troisièmement – Sa parole : « Ne marche pas sur la terre avec insolence (maraḥan) », c’est-à-dire avec ostentation et superbe ; le mot, bien que forme de nom d’action, tient lieu de circonstanciel. Nous l’avons déjà expliqué dans « Subḥān ». Il s’agit d’une démarche vive, sautillante, empreinte de joie, sans occupation ni besoin. Ceux qui s’y adonnent ne quittent jamais la vanité et l’arrogance ; le « marīḥ » est un fanfaron dans sa démarche.

Yahyā ibn Jābir al-Ṭāʾī rapporte d’Ibn ʿĀʾidh al-Azdi, d’après Guḍayf ibn al-Ḥārith : « Je me rendis à Bayt al-Maqdis en compagnie de ʿAbd Allāh ibn ʿUbayd ibn ʿUmayr. Nous nous assîmes auprès de ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣ et je l’entendis dire : “La tombe adresse la parole au serviteur lorsqu’on le dépose en elle ; elle dit : Ô fils d’Adam ! qu’est-ce qui t’a trompé à mon sujet ? Ne sais-tu pas que je suis la demeure de la solitude ? Ne sais-tu pas que je suis la demeure des ténèbres ? Ne sais-tu pas que je suis la demeure de la vérité ? Ô fils d’Adam ! qu’est-ce qui t’a trompé à mon sujet ? Alors que tu marchais naguère autour de moi…”"

وَالْأَصْعَرُ: الْمُعْرِضُ بِوَجْهِهِ كِبْرًا، وَأَرَادَ رُذَالَةَ النَّاسِ الَّذِينَ لَا دِينَ لَهُمْ. وَفِي الْحَدِيثِ: (كُلُّ صَعَّارٍ مَلْعُونٌ) أَيْ كُلُّ ذِي أُبَّهَةٍ وَكِبْرٍ. الثَّانِيَةُ- مَعْنَى الْآيَةِ: وَلَا تُمِلْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ كِبْرًا عَلَيْهِمْ وَإِعْجَابًا وَاحْتِقَارًا لَهُمْ. وَهَذَا تَأْوِيلُ ابْنِ عَبَّاسٍ وَجَمَاعَةٌ. وَقِيلَ: هُوَ أَنْ تَلْوِيَ شِدْقَكَ إِذَا ذُكِرَ الرَّجُلُ عِنْدَكَ كَأَنَّكَ تَحْتَقِرُهُ، فَالْمَعْنَى: أَقْبِلْ عَلَيْهِمْ مُتَوَاضِعًا مُؤْنِسًا مُسْتَأْنِسًا، وَإِذَا حَدَّثَكَ أَصْغَرُهُمْ فَأَصْغِ إِلَيْهِ حَتَّى يُكْمِلَ حَدِيثَهُ. وَكَذَلِكَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَفْعَلُ. قُلْتُ: وَمِنْ هَذَا الْمَعْنَى «١» مَا رَوَاهُ مَالِكٌ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا تَبَاغَضُوا وَلَا تَدَابَرُوا وَلَا تَحَاسَدُوا وَكُونُوا عِبَادَ اللَّهِ إِخْوَانًا، وَلَا يَحِلُّ لِمُسْلِمٍ أَنْ يَهْجُرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثٍ) . فَالتَّدَابُرُ الْإِعْرَاضُ وَتَرْكُ الْكَلَامِ وَالسَّلَامِ وَنَحْوِهِ. وَإِنَّمَا قِيلَ لِلْإِعْرَاضِ تَدَابُرٌ لِأَنَّ مَنْ أَبْغَضْتُهُ أَعْرَضْتَ عَنْهُ وَوَلَّيْتُهُ دُبُرَكَ، وَكَذَلِكَ يَصْنَعُ هُوَ بِكَ. وَمَنْ أَحْبَبْتُهُ أَقْبَلْتَ عَلَيْهِ بِوَجْهِكَ وَوَاجَهْتَهُ لِتُسِرَّهُ وَيُسِرَّكَ، فَمَعْنَى التَّدَابُرِ مَوْجُودٌ فِيمَنْ صَعَّرَ خَدَّهُ، وَبِهِ فَسَّرَ مُجَاهِدٌ الْآيَةَ. وَقَالَ ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادَ: قَوْلُهُ: " وَلَا تُصَاعِرْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ" كَأَنَّهُ نَهَى أَنْ يُذِلَّ الْإِنْسَانُ نَفْسَهُ مِنْ غَيْرِ حَاجَةٍ، وَنَحْوُ ذَلِكَ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: (لَيْسَ لِلْإِنْسَانِ أَنْ يُذِلَّ نَفْسَهُ) . الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحاً) أَيْ مُتَبَخْتِرًا مُتَكَبِّرًا، مَصْدَرٌ فِي مَوْضِعِ الْحَالِ، وَقَدْ مَضَى فِي " سُبْحَانَ" «٢» . وَهُوَ النَّشَاطُ وَالْمَشْيُ فَرَحًا فِي غَيْرِ شُغْلٍ وَفِي غَيْرِ حَاجَةٍ. وَأَهْلُ هَذَا الْخُلُقِ مُلَازِمُونَ لِلْفَخْرِ وَالْخُيَلَاءِ، فَالْمَرِحُ مُخْتَالٌ فِي مِشْيَتِهِ. رَوَى يحيى ابن جَابِرٍ الطَّائِيُّ عَنِ ابْنِ عَائِذٍ الْأَزْدِيِّ عَنْ غُضَيْفِ بْنِ الْحَارِثِ قَالَ: أَتَيْتُ بَيْتَ الْمَقْدِسِ أَنَا وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُبَيْدِ بْنِ عُمَيْرٍ «٣» قَالَ: فَجَلَسْنَا إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِي فَسَمِعْتُهُ يَقُولُ: إِنَّ الْقَبْرَ يُكَلِّمُ العبد إذا وضع فيه فيقول: يا ابن آدَمَ مَا غَرَّكَ بِي! أَلَمْ تَعْلَمْ أَنِّي بَيْتُ الْوَحْدَةِ! أَلَمْ تَعْلَمْ أَنِّي بَيْتُ الظُّلْمَةِ! ألم تعلم أني بيت الحق! يا ابن آدَمَ مَا غَرَّكَ بِي! لَقَدْ كُنْتَ تَمْشِي حولي
(١). في ج (ومن هذا الباب). (٢). راجع ج ١٠ ص ٢٦٠. (٣). ورد هذا الاسم مضطربا في نسخ الأصل. والتصويب عن تهذيب التهذيب.

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