Parole du Très-Haut : « … et qu’elle se trouve enchâssée dans un rocher …»
On a dit : cette formulation vise l’hyperbole et l’ultime degré de clarté dans l’explication ; c’est-à-dire que la Puissance du Très-Haut atteint ce qui se trouve dans les replis d’un rocher tout comme ce qui est dans les cieux et sur la terre.
Ibn ʿAbbâs a déclaré : le rocher se situe sous les sept strates terrestres et la terre repose dessus.
D’aucuns ont dit : c’est le rocher posé sur le dos du Poisson.
As-Suddi a affirmé : il s’agit d’un rocher qui n’est ni dans les cieux ni sur la terre ; il se trouve au-delà des sept terres, et un ange y demeure debout. Il s’est appuyé sur la parole divine : « ou dans les cieux ou sur la terre », laquelle suffirait, à elle seule, sans la mention : « et qu’elle se trouve dans un rocher ». Ce qu’il a avancé est concevable.
On peut néanmoins dire que l’expression : « et qu’elle se trouve dans un rocher » constitue une insistance, comme dans la parole divine : « Lis, au Nom de ton Seigneur qui a créé ; Il a créé l’homme d’une adhérence » (Al-ʿAlaq, 1-2), ou encore : « Gloire à Celui qui, de nuit, fit voyager Son serviteur… » (Al-Isrâ’, 1).
Verset suivant (31/17) : « Ô mon fils, accomplis la prière, ordonne le convenable, interdis le blâmable et endure avec patience ce qui t’atteint ; cela fait, en vérité, partie de la résolution des affaires. »
Il y a là trois points :
- Parole du Très-Haut : « Ô mon fils, accomplis la prière ». Il recommanda à son fils l’acte d’obéissance le plus éminent : la prière, ainsi que l’ordonnance du bien et l’interdiction du mal. Il entend par là que son fils les mette d’abord en pratique pour lui-même et s’abstienne du blâmable ; c’est là le résumé de toutes les obéissances et vertus.
Quelqu’un a fort bien dit :
« Commence par toi-même, détourne-la de son égarement ;
lorsqu’elle s’en sera écartée, tu seras alors un sage. »
(ces vers ont déjà été cités dans la sourate Al-Baqarah).
- Parole du Très-Haut : « Endure avec patience ce qui t’atteint. » Cette injonction implique une exhortation à changer le mal même si tu subis un préjudice ; elle laisse entendre que celui qui s’y emploie est parfois molesté. Cette patience est recommandée, signe de force pour la cause d’Allah ; elle n’est cependant pas obligatoire de façon absolue. Cette question a été traitée de manière détaillée dans Âl ʿImrân et Al-Mâ’idah.
On a encore dit : Il l’a exhorté à la patience face aux épreuves de ce bas-monde, telles que les maladies et autres, afin qu’il ne sombre pas, sous l’emprise de la panique, dans la désobéissance à Allah – Exalté soit-Il. Cet avis est bon, car il englobe toutes les situations.