Quatrième point – Les gens sont tous d’accord pour fixer à deux ans la durée de l’allaitement lorsqu’il s’agit des questions juridiques et des dépenses. Quant à l’interdiction de la parenté lactée, un premier groupe a limité la période à une seule année, sans ajout ni diminution.
Un second groupe a dit : ce sont deux années complètes, auxquelles on ajoute ce qui leur est contigu – un mois, etc. – lorsque la tétée est continue.
Un troisième groupe a soutenu que, si l’enfant est sevré avant deux ans et cesse de boire du lait, toute tétée qu’il consommerait ensuite, jusqu’à l’expiration des deux ans, ne produit plus d’interdiction. Cette question a déjà été exposée en détail dans la sourate « al-Baqarah ».
Cinquième point – Parole du Très-Haut : « … afin que tu Me rendes grâce ». Le terme « an » est à l’accusatif selon az-Zajjâj ; le sens serait : « Nous avons recommandé à l’homme, au sujet de ses parents : “Rends-Moi grâce.” » An-Naḥḥâs juge préférable d’y voir une particule explicative ; le sens devient alors : « Nous lui avons dit : “Rends-Moi grâce, ainsi qu’à tes parents.” » On a dit : la reconnaissance envers Allah concerne le bienfait de la foi, et la reconnaissance envers les parents concerne le bienfait de l’éducation. Sufyân b. ʿUyaynah déclare : « Quiconque accomplit les cinq prières a remercié Allah, et quiconque invoque en faveur de ses parents à la fin de ces prières les a remerciés. »
Sixième point – Parole du Très-Haut : « Et s’ils te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune science, ne leur obéis pas, mais fréquente-les ici-bas avec bienveillance, et suis la voie de celui qui revient à Moi ; puis vers Moi sera votre retour, et Je vous informerai de ce que vous faisiez. » Nous avons déjà expliqué que ce verset et le précédent furent révélés au sujet de Saʿd b. Abî Waqqâṣ lorsqu’il embrassa l’islam, et que sa mère – Ḥamnah bint Abî Sufyân b. Umayyah – jura de ne plus manger, comme cela a été rapporté dans le verset précédent.
Septième point – Parole du Très-Haut : « et fréquente-les ici-bas avec bienveillance » : il s’agit d’un qualificatif d’un maṣdar (nom verbal) sous-entendu, c’est-à-dire : « en les fréquentant d’une bonne manière ». On dit : ṣâḥabtuhu muṣâḥabatan wa muṣâḥiban. Le terme « maʿrûfan » signifie : ce qui est convenable. Ce verset prouve qu’il convient de subvenir, dans la mesure du possible, aux besoins matériels des parents mécréants s’ils sont dans le besoin, de leur parler avec douceur et de les inviter à l’islam avec mansuétude.
Asma’ bint Abî Bakr aṣ-Ṣiddîq dit au Prophète – paix et bénédictions sur lui – lorsque sa tante maternelle (ou, selon un autre avis, sa mère de lait) vint la voir : « Ô Messager d’Allah, ma mère est venue chez moi alors qu’elle est réfractaire ; dois-je maintenir les liens avec elle ? » Il répondit : « Oui. »
Le terme « râghibah » a été expliqué par certains comme signifiant : éloignée de l’islam. Ibn ʿAṭiyyah dit : il apparaît plutôt qu’elle était désireuse d’entretenir le lien, et elle ne se serait pas présentée chez Asmâ’ sans en avoir le besoin. La mère d’Asmâ’ se nommait Qutaylah bint ʿAbd al-ʿUzzâ b. ʿAbd Asad, tandis que la mère de ʿÂ’ishah et ʿAbd ar-Raḥmân était Umm Rûmân, ancienne musulmane.